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Google, son algorithme, ses robots, et moi...

Le moteur de recherche est à ce point hégémonique qu'aucun site internet ne peut prospérer sans y être bien référencé. Mais la vie est bien faite : à Caen, Google nous explique comment attirer l'attention de la machine. Il faut être franc, ouvert, et avoir une bonne image. "Comme dans la vraie vie".
© Pierre-Marie Puaud / France 3 Normandie
La question revient immanquablement lors des ateliers qu'organise Google à l'occasion de son tour de France : "Comment dois-je faire pour être le premier en haut de la liste lorsque je fais une recherche ?". Cette première place enviée, c'est le Graal, l'assurance d'une bonne audience. "Les premiers ont toujours le meilleur taux de clics", assure un jeune homme souriant vêtu un sweat-shirt bleu à l'effigie de la firme californienne. Il se présente comme étant un "coach Google". Avec son ater-ego - même sweat-shirt bleu, même logo, même sourire - il va animer un atelier dans le grand hall de la bibliothèque Alexis de Tocqueville de Caen pour nous aider à améliorer notre "référencement naturel". Il existe aussi un référencement payant, mais ça, c'est déjà une autre histoire.

Le robot de Google adore les images. Si vous êtes en train de lire cet article, c'est peut-être parce qu'il aura identifié cette photo sur laquelle il est question... de lui.
Le robot de Google adore les images. Si vous êtes en train de lire cet article, c'est peut-être parce qu'il aura identifié cette photo sur laquelle il est question... de lui. © Pierre-Marie Puaud / France 3 Normandie


"Le fraîcheur, ça compte, le robot aime bien ça"...


Micro en main, les deux coaches édictent les règles, les "critères-rois" qui permettront d'améliorer la visibilité du site. La parole passe de Luc à Eric. Elle rebondit. Elle vit. Le discours est rôdé. Il est évidemment question des mots-clés que repère le moteur de recherche : "n'hésitez pas à utiliser un dictionnaire des snonymes pour optimiser vos chances". Il faut aussi insister sur la qualité du contenu : "c'est ce que privilégie l'algorithme Google".



Mais la clé, c'est la fraîcheur. "Imaginez une boutique avec des rayons qui n'ont pas bougé depuis quatre ans, ça ne fait pas très envie". Et bien sur internet, c'est un peu la même chose : "l'algorithme Google parcourt toutes les pages en permanence. Plus il revient, plus le site est référencé.  Mais si rien ne change, il espace ses visites. Donc, plus on alimente un site, plus l'algorithme le repère".

L'algorithme de Google privilégiera toujours les sites faciles d'usage. "Posez-vous les bonnes questions : est-ce que mon site est agréable ? Est-ce que mes visuels pètent ? Est-ce que j'ai des images catchy ?"
L'algorithme de Google privilégiera toujours les sites faciles d'usage. "Posez-vous les bonnes questions : est-ce que mon site est agréable ? Est-ce que mes visuels pètent ? Est-ce que j'ai des images catchy ?" © France 3 Normandie

Un peu de texte, mais pas trop, des images et des vidéos, puisque "le robot aime bien ça"


"Comme dans la vraie vie", pour être repéré, il faut plaire. Nos deux coaches nous montrent un "site optimisé". Une grande photo de meubles au design aussi épuré que la page où ne sont mentionnés que le nom de la marque et une phrase accrocheuse. "On aime bien ce genre de site, parce qu'il n'y a poas un pavé de texte. Pensez que la durée de l'attention d'un internaute est de sept secondes. Il retient quoi, dix à quinze mots tout au plus !" Pour être aimé de google avec l'espoir d'attirer ensuite des visiteurs, il convient donc de l'abreuver de photos et de vidéos.

"Demain, les sites seront constitué à 80 % d'images", prophétisent les animateurs de l'atelier. Mais attention, la photo seule, sans une petite légende, égare la machine. "Un robot qui vient sur la page et qui ne trouve que des images, il ne va rien comprendre. Il faut du texte pour qu'il sache de qoi il est question". En revanche, une petite vidéo bien à propos vaut "mille mots".

Google effectue un tour de France afin de promouvoir ses outils et son image.
Google effectue un tour de France afin de promouvoir ses outils et son image. © France 3 Normandie

"Nous voulons digitaliser les chefs d'entreprises, c'est une belle mission".

Lorsque nous rédigeons la "balise-titre", la petite phrase en bleu sur laquelle il faut cliquer pour être dirigé vers le site, les mots doivent être bien choisis. "La balise, c'est l'enseigne dans la rue commerçante où il y a tous les concurrents". L'atelier se poursuit et les conseils sont toujours inspirés de ce qui se passe "dans la vie réelle". Google entend se mettre à la portée d'un auditoire pas toujours très au fait de l'internet. Ce serait d'ailleurs assez paradoxal. "La France est un pays très connecté, mais les entreprises sont en retard en terme de digitalisation".

L'atelier se termine avec cet ultime conseil : "Ne mentez pas. Soyez franc, et cohérent sur votre site. Si un fleuriste conseille une voiture, vous vous dites : je vais d'abord demander conseil à mon garagiste. Là c'est la même chose. Ne vous éparpillez pas. Le robot spread les choses bizarres". Autrement dit, il fait le tri...

Personne ne repart les mains vides. Ce petit lien permet de continuer la formation en ligne. Et d'autres ateliers plus approfondis sont d'ores et déjà programmés à Caen du 29 au 31 janvier. Il est possible de s'inscrire en cliquant sur ce lien. D'ailleurs, vous y apprendrez que le robot de Google tient aussi compte des liens pour référencer un site. Ne nous en privons pas. "On veut former les gens, on veut les digitaliser", s'enthousiasme un coach Google. "Notre directeur Sébastien Missoffe veut que nous formions 70 000 personnes dans les prochains mois. C'est une belle mission".

Le reportage de Rémi Mauger et Eric Aubron
durée de la vidéo: 01 min 45
Google à Caen ©France 3 Normandie



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