Grippe aviaire, inflation... La volaille n'a plus la côte dans les assiettes de la Saint-Sylvestre

Confrontés à la multiplication des foyers de grippe aviaire et à l'inflation, les consommateurs tendent à se détourner de la volaille pour le réveillon.

Plutôt chapon, pintade, canette ou traditionnelle poularde ? Si ces plats de fête sont d'ordinaire plébiscités par les consommateurs, rares sont ceux qui devraient garnir la table des Normands pour le réveillon. Le 31 décembre, ce sont les fruits de mer, le poisson, le bœuf ou le fromage qui devraient voler la vedette à la volaille. Une baisse de popularité expliquée en partie par l'inflation de ces produits d'exception, mais aussi par le regain de l'épidémie d'influenza aviaire dans la région.

Hausse du prix du kilo

À Cherbourg, la boucherie Aurélien a vu ses ventes de volailles chuter de 30% par rapport à l'an dernier. "La volaille coûte plus cher, environ 1 euro de plus le kilo, car 75% de leur alimentation vient des céréales. Du blé, du maïs, du soja, trois céréales très impactées par la guerre en Ukraine", explique-t-on derrière le comptoir.

Même constat au Havre où David Michel, boucher-traiteur, a vu son chiffre d'affaires de la période chuter de 20% par rapport à l'an dernier. "Cela fait trois ans que l'on galère un peu, la guerre, l'augmentation d'électricité, le gaz, les gens consomment moins ou différemment, en tout cas ils mangent moins de volailles", pointe le boucher, la voix lasse. D'après une étude CSA réalisée pour Cofidis, 53 % des Français ont expliqué que le contexte économique impacterait leurs fêtes de fin d’année. Parmi eux, plus de 8 sur 10 sont inquiets quant au prix des denrées alimentaires.

Des foyers d'influenza aviaire

Et ce n'est pas le seul facteur qui explique le désamour des Normands pour la volaille. La multiplication de foyers d'influenza aviaire dans la région a freiné les consommateurs. "Les gens ont peur cette année, c'est très marqué, ajoute-t-on à la boucherie Aurélien. Les cas de grippe aviaire ont renforcé leur méfiance. Nous avons du ajuster notre offre, nous proposons désormais aux clients des alternatives comme un bon jambon de porc ou un jambon à l'os".

"Nous avons moins de choix avec l'impact de la grippe aviaire et les volailles plus petites."

Boucherie Aurélien, Cherbourg

Dernier foyer épidémique en date, la préfecture de la Manche a confirmé la présence d'un foyer d'influenza aviaire hautement pathogène, jeudi 29 décembre, dans un élevage de volailles non professionnel sur la commune de Tamerville, près de Valognes. L'abattage de l'élevage concerné a été réalisé dans la matinée. Pour éviter tout risque de diffusion du virus à d’autres élevages, le préfet de la Manche a également pris un arrêté définissant des zones réglementées de protection et de surveillance dans un rayon de 3 et 10 km autour de l’établissement.

Décembre représente 100% des ventes annuelles de chapons et de dindes

Quant aux entreprises de volailles du département, ces dernières ont été sommées de prendre des mesures draconiennes : "assurer la mise à l’abri mais également le nettoyage et la désinfection des tenues et équipements en élevage", détaille le communiqué qui rappelle cependant que "la consommation de viande, foie gras et œufs, et plus généralement de tout produit alimentaire à base de volailles, ne présente pas de risque pour l’homme." 

À l’approche des fêtes de fin d’année, l’Association de Promotion de la Volaille Française a lancé une campagne de communication pour relancer le produit. L’enjeu est important pour les professionnels français : le seul mois de décembre représente 100% des ventes annuelles de chapons et de dindes fermières, 50% pour les cailles et 20% pour les pintades.

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