Orelsan défend sa liberté de création

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Écrit par Catherine BERRA avec AFP

Le rappeur caennais comparaissait ce lundi matin devant le tribunal correctionnel de Paris.

Poursuivi pour "provocation au crime" par le mouvement féministe Ni Putes Ni Soumises (NPNS) pour sa chanson "Sale Pute", c'est un véritable fossé d'incompréhension qui semblait séparer le prévenu de la partie civile et même du tribunal ce lundi matin.

"Je ne pense pas que les gens soient suffisamment bêtes pour réitérer ce qui est dit dans une chanson, ou alors c'est qu'ils sont dangereux dès le départ", a expliqué le chanteur de 29 ans, pour qui le titre "Sale Pute", qu'il a écrit en 2006, puis diffusé sur internet en 2009, ne contient "aucune provocation, aucune incitation" à agresser les femmes.



Ni Putes Ni Soumises, qui défend notamment les filles des quartiers populaires contre la violence et le machisme, n'est évidemment pas du même avis.



L'association a engagé des poursuites contre Orelsan pour provocation au crime après la diffusion sur internet, en février 2009, de cette chanson qui décrit en termes très crus la colère d'un jeune homme qui, se découvrant trompé, menace sa compagne de toute une série de violences physiques comme de l'"avorter à l'opinel".



Dans ce clip, diffusé à l'audience, ces propos violents sont entrecoupés de "Je t'aimais" et prononcés par un jeune homme accablé qui se saoule chez lui ou sur la plage après avoir appris l'adultère.



"Pour nous cette chanson est vraiment un appel à la haine", s'est émue la présidente de NPNS, Asma Guénifi.



"Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon et ça, ce n'est pas fictif", a renchéri son avocate, Me Samia Megouche, pour laquelle "on ne peut laisser dire tout et n'importe quoi"



"Oui, il y a des crimes horribles", a rétorqué Orelsan, "mais ce n'est pas pour ça qu'il faut interdire aux chansons d'en parler".



Le parquet a acquiescé: "je crois qu'on se trompe d'ennemi", a argué le procureur Aurore Chauvelot, rappelant que les femmes battues étaient bien réelles mais n'étaient "pas victimes des propos d'un chanteur qui s'exprime dans le cadre de sa liberté d'expression artistique". Elle a requis la relaxe.





Le tribunal correctionnel rendra se décision le 12 juin.





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