Cet article date de plus de 9 ans

Orelsan a fait son retour à Bourges hier soir

Trois ans après la polémique autour de sa chanson "Sale pute", le rappeur caennais a mûri.
© France 3 Basse-Normandie

Et c'est un "retour triomphal" qu'il a fait ce jeudi soir sur la scène du Printemps de Bourges, selon l'AFP, montrant qu'il était devenu dans l'intervalle une "bête de scène et un grand du rap".

"Désolé, mais je ne vais pas jouer “Sale pute“ ce soir", a lancé le rappeur dès son entrée sur scène, un brin provocateur.

En 2009, le clip de cette chanson, dans laquelle le musicien se mettait dans la peau d'un homme trompé qui menaçait sa compagne dans des termes violents et crus, avait provoqué une très vive polémique.

Des associations et responsables politiques de tous bords avaient alors demandé la déprogrammation d'Orelsan du Printemps de Bourges, mais les organisateurs du festival avaient tenu bon.

Depuis, le rappeur originaire de Caen a connu une réhabilitation avec un deuxième album, "Le chant des sirènes", acclamé par la critique et récompensé deux fois aux dernières Victoires de la musique (meilleur album de musiques urbaines et révélation du public).

Sur scène comme devant la presse, Orelsan a pris de l'assurance, maîtrisant son concert de bout en bout.

Le rappeur prend le temps d'introduire chaque titre, amenant en quelque phrase le public dans l'ambiance du morceau.

Son débit est sec, parfois rageur, rehaussé par les interventions des deux autres rappeurs qui l'épaulent sur scène.

Avec le groupe de trois musiciens, ils ponctuent le concert de traits d'humour.


La tension monte progressivement à mesure que la musique évolue : du rap nerveux, Orelsan passe à une ambiance presque rock, puis carrément électro.

Les lycéens berruyers, venus en masse pour lui, s'identifient sans mal aux histoires du gamin de Caen. L'ambiance est bon enfant sur scène et dans la salle, mais le propos ne l'est pas. Si Orelsan enrobe ses rimes d'un humour décapant, son regard sur la société qui l'entoure est noir et désabusé. Solitude, sentiment d'échec... même les histoires d'amour commencent et finissent mal dans le monde d'Aurélien Cotentin de son vrai nom.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
archives orelsan culture musique