Le petit-fils d'un combattant de la bataille de Normandie recherche la propriétaire d'une bible trouvée en 1944

Une bible appartenant à une jeune Normande a été récupérée par un soldat anglais en 1944 à Vaux-sur-Aure dans le Calvados. 76 ans après, son petit-fils Damian Harrison est bien décidé à la rendre à sa propriétaire ou à ses descendants, grâce à l'aide du Mémorial de Caen et aux réseaux sociaux.

Voici la bible léguée par Jack Harrison à son petit-fils à sa mort. Elle appartenait à une jeune fille nommée Annick Briens comme l'atteste le papier laissé à l'intérieur
Voici la bible léguée par Jack Harrison à son petit-fils à sa mort. Elle appartenait à une jeune fille nommée Annick Briens comme l'atteste le papier laissé à l'intérieur © Damian Harrison
Une petite histoire dans la grande Histoire. De celles qui permettent d'imaginer la vie de l'un de ces si nombreux soldats alliés engagés dans la bataille de Normandie, sans qui la libération de l'Europe du joug nazi aurait été impossible.  

Cette histoire est celle d'un soldat britannique du nom de Jack Harrison qui a servi dans le sixième Royal Army Ordnance Corps (RAOC) qui a traversé la France, la Belgique et s'est arrêté à Hambourg en Allemagne. Les missions de ce corps d'approvisionnement et de réparation étaient de gérer le parc de véhicules britanniques, de récupérer toutes sortes d'équipements, y compris le matériel allemand abandonné, et de nettoyer les zones de guerre. 
 
Jack Harrison a servi dans le Royal Army Ordnance Corps d'octobre 1942 à juin 1946.
Jack Harrison a servi dans le Royal Army Ordnance Corps d'octobre 1942 à juin 1946. © D. Harrison


C'est en traversant Vaux-sur-Aure dans le Calvados en juin 44 que Jack Harrison a trouvé, dans un véhicule allemand, une bible appartenant à une jeune Normande du nom d'Annick Briens. Une bible qu'il a léguée à sa mort en 2003 à son petit-fils Damian, aujourd'hui traducteur à Berlin en Allemagne. De cette jeune Normande, il n'y a qu'un indice : elle a fait sa communion solennelle à l'église Saint-Désir de Lisieux le 12 juin 1938, comme l'atteste le papier glissé dans le livre.

 
La mission de Jack Harrison : récupérer matériel et véhicules dans les zones de guerre.
La mission de Jack Harrison : récupérer matériel et véhicules dans les zones de guerre. © D. Harrison


Nous ne savons pas pourquoi son petit-fils veut absolument rendre la bible, mais contacté par courriel, Damian Harrison se dit prêt à venir en France pour rendre la bible à Annick Briens ou à ses proches descendants. Pour y arriver, il a contacté et demandé de l'aide au Mémorial de Caen via messenger (la messagerie de Facebook) le 15 septembre dernier. 

Une demande qui a interpellé le service des archives

Pourquoi son grand-père a-t-il récupéré cette bible ? Quelle journée avait-il passée ? Pourquoi n'avoir pas essayé de la rendre de son vivant ? Beaucoup de questions sont sans réponses.

Mais cette histoire a touché le service des archives du Mémorial de Caen. "Nous recevons beaucoup de demandes de ce genre, explique Mathilde Rouquet, la responsable, et la plupart du temps nous renvoyons sur l'antenne caennaise du Service historique de la défense, la division des archives des victimes des conflits contemporains. Ils ont des dossiers personnels des victimes civiles. Nous, au Mémorial, nous ne gardons que des documents scientifiques. Mais là, on a trouvé l'histoire tellement jolie, qu'on l'a publiée sur Facebook".
  

Et la machine s'est emballée

 "On l'a postée hier, jeudi 17 septembre vers 17h, et au bout de 20 minutes, on avait déjà 1 200 partages. Là, on s'est dit que ça avait pris. On en est, en moins de 24 heures, à plus de 60 000 vues et on a énormément de réactions, confie Laura Bataille, responsable de la communication digitale au Mémorial de Caen.
 

Là, on s'est dit que ça avait pris. On en est, en moins de 24h, à plus de 60 000 vues et on a énormément de réactions.

Laura Bataille, responsable de la communication digitale au Mémorial de Caen



Il y a un élan formidable. Beaucoup de personnes se sont prises au jeu et jouent les enquêteurs. Vous vous rendez compte, au bout de 3 heures, on avait déjà trois pistes sérieuses."

Des pistes que le Mémorial ne veut pas dévoiler pour l'instant. La communauté des internautes est pourtant impatiente. Beaucoup de personnes qui ont partagé la publication demandent au musée de les tenir au courant.

 
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