La famille du fondateur du Mémorial de Caen s'oppose au projet Normandy Memory

L'épouse de l'ancien maire de Caen Jean-Marie Girault, qui fut le fondateur du Mémorial pour la paix, fustige Normandy Memory, un projet qui, selon elle, "[privilégie] l’émotion au détriment de la transmission du savoir historique". Ce projet de spectacle touristique sur la Bataille de Normandie devrait voir le jour en 2026.

Le projet Normandy Memory compte une opposante de plus. Brigitte Girault, l'épouse de l'ancien maire de Caen (Calvados) Jean-Marie Girault, qui fut le fondateur de son Memorial pour la paix, s'oppose, dans une tribune transmise à France 3 Normandie le 14 mai, à ce projet de spectacle touristique qui devrait voir le jour dans l'agglomération de Caen en 2026.

"Ce « spectacle immersif » sur le D-day délivrera un message réducteur aux jeunes générations en privilégiant l’émotion au détriment de la transmission du savoir historique", fustige l'épouse de Jean-Marie Girault, maire de Caen de 1970 à 2001, décédé en 2016. Selon elle, Normandy Memory risque ainsi de détourner les jeunes générations "des lieux qui, à quelques kilomètres seulement, ont à cœur de décrire l’événement avec la gravité et la pédagogie qui s’imposent".

Le Mémorial "fragilisé"

Le Mémorial de Caen, fondé par son mari en 1988, est consacré à l'histoire du 20e siècle. L'un de ses parcours se concentre sur la Seconde Guerre mondiale, en appuyant tout particulièrement sur l'histoire de la Bataille de Normandie. "Est-il acceptable que le Mémorial de Caen, qui contribue grandement à l’image positive de la ville, soit fragilisé par un spectacle destiné principalement à couper le souffle ?", demande la tribune, signée par Brigitte Girault "et toute sa famille".

Ce "spectacle immersif" sur le D-day délivrera un message réducteur aux jeunes générations en privilégiant l’émotion au détriment de la transmission du savoir historique.

Brigitte Girault, épouse du fondateur du Mémorial de Caen

dans une tribune

Brigitte Girault dénonce un projet dont l'effet pourrait être, selon elle, de "diluer l’histoire du Débarquement et de la Bataille de Normandie dans un spectacle de 45 minutes, privant ainsi nos enfants de comprendre véritablement le sens du combat de leurs aînés".

Le projet Normandy Memory doit voir le jour à Colombelles, ville voisine de Caen, d'ici 2026. Ses promoteurs promettent un spectacle "immersif novateur" reconstituant l'histoire de la Bataille de Normandie dans une salle de 1 000 places. Le projet est soutenu par la municipalité de Colombelles et la Région Normandie. Il a reçu l'aval des maires de l'agglomération caennaise pour débuter son chantier de construction.

De nombreux opposants

Mais le projet réunit contre lui de nombreux détracteurs. Un rassemblement était organisé, le 8 mai dernier à Bayeux (Calvados), pour dénoncer cette "attraction touristique". "On ne fait pas de profit sur le dos des morts", ont fait savoir les manifestants.

Lire aussi. Des descendants des "commandos Kieffer" dénoncent le projet "Normandy Mémory" dans une tribune

En septembre 2020, après l'annonce du projet, 154 descendants de combattants des commandos Kieffer, qui ont participé au Débarquement de juin 1944, faisaient savoir dans une tribune publiée par Le Monde leur "consternation" et "totale opposition" au projet. "La mise en spectacle de ces événements sur, ou à proximité, des lieux de mémoire et de recueillement ainsi que la volonté affichée d’une dimension commerciale sont pour nous profondément choquantes", écrivaient-ils, affirmant aussi que Léon Gautier et Hubert Faure, derniers vétérans des commandos, alors encore en vie, s'opposaient aussi à ce projet.

Une autre tribune dans Le Monde, réunissant cette fois une trentaine de descendants de soldats du Débarquement, a porté le même message en avril dernier, dénonçant un projet "en contradiction avec une politique mémorielle de qualité".

L'actualité "Culture" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Culture" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité