Les "Pisseurs volontaires de glyphosate" portent plainte au TGI de Caen. Doivent-ils s’inquiéter de leur test positif ?

35 "Pisseurs volontaires" ont porté plainte au TGI de Caen car leurs tests d'urine sont positifs au glyphosate. Des voix dissidentes considèrent que si le glyphosate est présent dans l’urine le corps l'a éliminé et qu'il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Qu’en est-il réellement ?

Les 35 "Pisseurs volontaires de glyphosate" de Caen portent plainte au TGI de Caen car ils déclarent que leur test urinaire a révélé une présence élevée de cet herbicide dans leur urine, mercredi 24 avril 2019.
Les 35 "Pisseurs volontaires de glyphosate" de Caen portent plainte au TGI de Caen car ils déclarent que leur test urinaire a révélé une présence élevée de cet herbicide dans leur urine, mercredi 24 avril 2019. © Franck Fife / AFP
Le mouvement national citoyen des "Pisseurs Volontaires" dont une antenne de 35 membres se trouve à Caen a réalisé des tests en Février 2019 devant un huissier.

Selon ces "Pisseurs volontaires" tous les tests se sont révélés positifs. Mercredi 24 avril 2019, ils portent plainte au TGI de Caen. Ils demandent au procureur de porter leur plainte au pôle santé du Tribunal de Paris.

Le but, selon Caroline Amiel, enseignant-chercheur à l’Université de Caen, conseillère régionale écologiste de Normandie et participante au test, est que cette plainte conduise à des recherches sur les effets du glyphosate sur le corps.
 
Les "Pisseurs volontaires de glyphosate" de Caen devant le TGI de la ville. Sur leur pancarte, le taux de glyphosate contenu dans leur test urinaire, mercredi 24 avril 2019.
Les "Pisseurs volontaires de glyphosate" de Caen devant le TGI de la ville. Sur leur pancarte, le taux de glyphosate contenu dans leur test urinaire, mercredi 24 avril 2019. © Caroline Amiel

Or, des voix dissidentes réagissent sur Twitter à propos des tests d’urine effectués. En prenant pour exemple l'émission d'Envoyé spéciale consacrée au glyphosate, une internaute atténue le postulat qui considère comme inquiétant la présence de glyphosate dans l'urine : "Ce soir, nous verrons des célébrités clamer qu'elles sont empoisonnées au #Glyphosate, parce que leur corps évacue presque totalement et normalement via l'urine une trace de produit équivalente à une goutte diluée dans 12 piscines olympiques."
 

Un autre met en doute la substance retrouvée dans l'urine : "Le glyphosate se dégrade en AMPA (Acide aminométhylphosphonique ), COMME les détergents d’ailleurs. Bref : on ne sait pas trop si le glyphosate et l’AMPA mesuré chez vous viennent des pesticides ou de votre lave-vaisselle, mais il y en a." 
 


Face à ces dissidences, qu'en est-il réellement ?



Selon un médecin d’un laboratoire d’analyse de Caen : "C’est la durée et le seuil qui compte (…) il faut savoir depuis combien de temps ces substances sont restées dans le corps et le seuil qui est atteint pour en connaître les effets". Car comme le précise ce médecin "le paracétamol aussi on le trouve dans l’urine et en fonction de la dose, les effets sont soit positifs soit néfastes dans le corps." Pour Caroline Amiel "les 2 000 personnes qui ont fait le test ont toutes été déclarées positives et en ont en permanence (...) Si c’était ponctuel il y aurait des gens qui n’en n’auraient pas".

À l’heure actuelle, les effets du glyphosate sur le corps ne sont pas connus. En 2015, le centre international de recherche sur le cancer de l’OMS le classe comme un cancérigène "probable".

Finalement, beaucoup de questions et encore peu de réponses. Pour évaluer les effets du glyphosate sur le corps il faut qu’un protocole de recherche soit établi en France. Ce n’est pour l’heure pas le cas.

De leur côté, les "Pisseurs volontaires" espèrent que leur plainte servent à engager ces recherches nécessaires pour connaître l’impact du glyphosate sur l’organisme.
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