Procès Caen-Nîmes - JF Fortin : “Mon erreur ? Ne pas avoir dit à M. Conrad : tu es un mafieux !”

Face à la Cour d'appel, Jean-François Fortin a réitéré ses propos du premier procès : "Je voulais gagner 3-0 contre Nîmes". / © Charly Triballeau / AFP
Face à la Cour d'appel, Jean-François Fortin a réitéré ses propos du premier procès : "Je voulais gagner 3-0 contre Nîmes". / © Charly Triballeau / AFP

Au deuxième jour du procès en appel des matchs truqués de Ligue 2, l'ex-président du SM Caen Jean-François Fortin s'est exprimé à la barre. Une fois de plus, il a tenu à clamer son innocence et à expliquer sa version des faits de la rencontre entre Caen et Nîmes. 

Par Boris Letondeur avec Florent Turpin et Guillaume Le Gouic

D'emblée, face aux juges, Jean-François Fortin a tenu à rappeler le contexte du match Caen-Nîmes. Une rencontre d'abord annulée car l'avion de Nîmes n'avait pas pu se poser, puis gagnée sur tapis vert, avant d'être finalement rejouée entre l'avant-dernière et la dernière journée de championnat. La décision du report du match à cette période avait "provoqué pas mal de ressentiment de la part des Caennais envers les dirigeants nîmois".

Comme lors du premier procès, en juin 2018, l'ancien président du SM Caen a rappeler sa soif de victoire face à Nîmes, ce 13 mai 2014. "Même si un point pouvait suffire, je voulais gagner le match 3-0, comme sur tapis vert". Ce à quoi les juges ont rétorqué "pourquoi alors ne pas avoir fait passer ce message aussi clairement aux dirigeants nîmois ?" rappelant au passage les écoutes téléphoniques captées par la police le jour du match et la fameuse conversation avec Jean-Marc Conrad, l'ex-président Nîmois (Fortin : "Toi, c’est un point aussi ?" Conrad : "Ouais, il nous faut un point, voilà." Fortin : "Ben, si on n’est pas trop cons, hein ?" Conrad : "Dis-toi bien que, le nouveau président de Nîmes, il n’est pas trop con. Il s’est même bonifié et a amené un cadeau pour tout le monde", les caisses de Costières, NDLR). 

"Je n'ai pas vu la moindre bouteille, c'est effarant !" Jean-François Fortin

Face à l'insistance des juges, Jean-François Fortin a reconnu une erreur, celle de ne pas avoir dit à Jean-Marc Conrad, alors président de Nîmes, "tu es un mafieux". S'il avait prononcé ses mots au moment de ce coup de fil de mai 2014, l'ex-président du SM Caen ne serait sans doute pas à la barre en ce jour. 


Cinq ans après les faits, la justice cherche encore à savoir si le match a été arrangé, ou si les joueurs ont levé le pieds de leur propre initiative pour convenir d'un résultat nul plein de bon sens. Demain mercredi auront lieur les plaidoieries de parties civiles. Les réquisitions se tiendront lundi prochain, tout comme les plaidoieries des avocats des prévenus, dont celui de Jean-François Fortin. 


 

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