"Trop dégoûtée, il n’y a aucun stand sur le métier d'influenceur" : les salons d'orientation sont-ils toujours adaptés aux jeunes ?

Le Salon de l'Orientation et des Métiers se tient du jeudi 15 au samedi 17 février au Parc des Expositions de Caen. Alors que certains étudiants sont à la recherche de leur voie, d'autres savent déjà ce qu'ils veulent faire mais sont déçus de ne pas trouver les réponses à leurs questions.

Lou, 15 ans, se promène dans les allées du Salon de l'Orientation et des métiers. La collégienne en 3e sait déjà ce qu'elle veut faire plus tard : "Je veux être designer d'intérieur. J'adore dessiner des plans, y mettre des couleurs, choisir les décorations. Ça m'amuse alors j'ai décidé d'en faire mon métier quand je serai plus grande".

Des jeunes déçus

Mais l'adolescente est déçue. Après avoir arpenté les différentes salles, elle ne trouve pas de stand qui réponde à ses attentes : "J'ai eu beau chercher, je n'ai rien trouvé niveau design ou art. Je sais qu'on parle peu des designers d'espaces mais je pensais trouver quelque chose ici. C'est dommage, j'espérais rencontrer quelqu'un qui fait ce métier pour en savoir plus sur la formation à suivre".

Même constat pour Mathis. Il étudie dans un collège à Caen et voulait obtenir des informations sur le métier de pilote de drone : "C'est pour faire des clips vidéo et je n'ai trouvé aucun renseignement dessus. Là il y a de nombreux secteurs présentés, c'est sympa mais dès que c'est plus spécifique, c'est plus compliqué de trouver des réponses sur ce genre de salon. Ce n'est pas le premier que je fais. S'il y avait un droniste de présent, j'aurais pu lui poser des questions, tester un drone par exemple et avoir une première impression". Le jeune homme nous confie qu'il finira par regarder sur internet : "Je sais qu'il y a des formations en ligne. On va souvent chercher nos réponses là aujourd'hui".

"Aucun stand ne met le métier d'influenceur en avant"

Loïza, elle, est attirée par les réseaux sociaux. La collégienne de 15 ans utilise Tik Tok tous les jours : "C'est ma passion. On fait plein de vidéos avec les potes. Je suis fan de Léa Elui. J'aimerais bien être influenceuse plus tard !", nous dit-elle avec le sourire. "Je suis venue avec ma classe de 3ème, et je suis trop dégoûtée. Aucun stand ne met le métier d'influenceur en avant. Pourtant, on est beaucoup à se dire qu'on aimerait faire ça plus tard. C'est dommage !". 

De son côté, Denis Leoucher, directeur de l'Agence Régionale de l'Orientation et des Métiers de Normandie réagit : "Oui influenceur c'est un peu la tête de gondole, surtout pour les collégiens. Plusieurs nous disent qu'ils veulent faire ça et qu'ils veulent savoir comment faire. L'idée est de leur faire comprendre qu'il n'y a pas de formation spécifique pour faire ce métier. En revanche, s'ils sont attirés par les réseaux sociaux, ce média est un levier pour les attirer vers le numérique en général. Ici on peut leur parler de plusieurs métiers du numérique, de la cybersécurité, du data center, etc..".

Ce dernier est aussi conscient que tous les métiers ne peuvent pas être présentés lors de ces salons mais que l'organisation essaye toujours de les adapter au mieux à ces nouvelles générations : "L'objectif de ces événements, c'est de faire découvrir aux jeunes des possibles, des métiers auxquels parfois ils n'ont même pas envisagé. Leur donner des idées pour leur parcours à venir. On veut ouvrir le champ des possibles et mettre en avant les secteurs d'emploi en Normandie, parfois méconnus, pour leur montrer les opportunités de territoire".