Vice-champion de France du 400 mètres mais non professionnel, Edgar Levard recourt au système D pour s'entraîner

L'athlète caennais Edgard Levard est vice-champion de France de 400 mètres haies. Et pourtant, il n'est pas considéré comme un sportif professionnel. En période de confinement, il doit se débrouiller pour pouvoir s'entraîner et conserver le plus haut niveau.

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Le parc de l'Abbaye-aux-Dames et les remparts du château de Caen sont devenus ses terrains d'entraînement. Les gymnases et les stades lui sont interdits. Et pourtant, aux dernier championnats de France d'athlétisme à Albi, le 13 septembre dernier, Edgar levard a décroché la médaille d'argent aux 400 mètres haies. Le Caennais de 28 ans est vice-champion de France. Un athlète de haut niveau, sans en avoir le statut.

Quand il ne court pas Edgar est ingénieur pour une collectivité locale. Un métier qui l'accapare une bonne partie du temps et qu'il mène de front avec une autre carrière, sur les pistes. Sa performance de l'été dernier récompense le travail accompli par l'athlète du Caen AC. Et lui fait pousser des ailes. "Je suis très heureux de cette perf là. Je sais que je peux faire bien mieux, je le sens, techniquement, au niveau de la prise de risque", eplique Edgar Levard, "Du coup, il y a une double satisfaction. La satisfaction de ce qui a été réalisé et puis la satisfaction de se dire : je peux faire mieux."
 

L'athlète caennais ne compte donc pas s'arrêter en si bon chemin et vise plus haut. Mais malgré ses excellents résultats, la fédération ne lui a pas accordé le statut de sportif de haut niveau. "Si le Stade Malherbe était deuxième de ligue 1 et qu'on leur disait : "désolé les gars, vous ne pouvez pas vous entraîner sur vos infrastructures parce que vous n'êtes pas en équipe de France", ça ferait du boucan. Mais tant mieux pour eux", déclare Edgar Levard, sans une once de jalousie. 

Edgar comme Rocky

En attendant, et comme bon nombre de sportifs dits "amateurs", l'athlète caennais doit se débrouiller pour poursuivre sa préparation tout en respectant les règles imposées par le confinement : pas plus d'un kilomètre de distance de son domicile. Tel Rocky dans les rues de Philadelphie, Edgar, au quotidien, improvise et recourt au système D pour s'entraîner. Sous l'oeil de son père et entraîneur qui dirige les séances par visioconférence.

"J'ai la chance de pratiquer un sport universel qu'on peut pratiquer avec peu de moyens. Le plus important, c'est comment tu vas le vivre. Si tu le vis comme un mal qui t'arrive, comme le ciel qui te tombe sur la tête, ce n'est pas ça qui va t'aider à progresser. Je pense qu'il faut aller de l'avant, accepter la situation et être pragmatique : on est dans cette situation, qu'est ce qu'on fait ?" Edgar, lui, a déjà trouvé la réponse, l'oeil rivé sur son objectif, les championnats de France 2022 qui auront lieu "à la maison", au stade Hélitas à Caen.

 
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