Votre groupe sanguin est-il rare ? Si oui, vous pouvez sauver des vies

Il existe 390 groupes sanguins différents dans le Monde, dont 250 considérés comme rares. Mais la rareté dépend aussi de l'implantation géographique. Explications

On connaît tous les groupes sanguins A, O, B et AB. Ce sont les plus répandus en France :

  • Groupe A : 44% de la population française
  • Groupe 0 : 42% de la population française
  • Groupe B : 10% de la population française
  • Groupe AB : 4% de la population française

Le groupe AB, moins présent que les trois autres, n'est pourtant pas considéré comme rare. Ce qui est important, rappelle le Dr Nathalie Callé, responsable des prélèvements pour le bassin Normandie ouest (Calvados, Orne, Manche) et responsable de la Maison du don à Caen, c'est que "la répartition des groupes sanguins des receveurs soient la même que chez les donneurs."

Le groupe sanguin dépend aussi de son origine géographique

15% des Français sont de Rhésus négatif. Cela ne fait pas d'eux des patients à risque en France, puisqu'il y a la même proportion de donneurs que de receveurs. Mais à l'étranger, un français peut se retrouver en danger, s'il a besoin d'être transfusé. Il vaut mieux en avoir conscience avant de préparer ses valises ! En Chine, par exemple, la population est exclusivement de rhésus positif.

Un Français, au rhésus négatif, n’est pas transfusable en Chine.

Dr Nathalie Callé, responsable de la Maison du don à Caen

Comme certains Français se retrouvant avec un groupe sanguin rare en Chine, certaines populations, en France, ont des difficultés à être transfusées chez nous. C'est pourquoi L'Établissement Français du Sang (EFS) cherche à attirer plus de donneurs d'origine africaine ou caribéenne dont le sang est beaucoup plus rare en France que dans leur pays d'origine. Des groupes principalement 0 et B, mais avec une répartition du groupe sanguin différente de celle de la population caucasienne. 

La culture du don de sang

Comme le rappelle le Dr Callé, le don du sang, en France, est une action bénévole. Mais tout le monde n'a pas la même culture, ni les mêmes croyances. "Il y a des systèmes transfusionnels très différents dans d’autres pays, où parfois, il faut amener son donneur pour être transfusé" d'où l'importance de cette campagne d'information. "En France, tout le monde est le bienvenu pour donner son sang."

Cette quête de groupes sanguins les plus variés possibles est d’autant plus importante que certaines pathologies, comme la drépanocytose, touchent majoritairement des personnes d’origine africaine ou antillaise. La drépanocytose est la maladie génétique la plus fréquente en France. Elle se caractérise par une malformation des globules rouges pouvant entraîner des crises vaso-occlusives parfois très douloureuses. Des transfusions régulières peuvent être nécessaires pour traiter cette maladie. Mais encore faut-il avoir assez de donneurs.

Bombay, Rhésus nul ou encore Duffy nul : des groupes extrêmement rares

Cette campagne est aussi l'occasion de recevoir quelques groupes sanguins extrêmement rares. En France, un groupe sanguin est rare lorsqu’il concerne moins de 4 personnes sur 1 000.

Dès qu'une personne est diagnostiquée porteuse de sang rare, elle rentre dans un protocole spécifique. Le corps médical lui conseille de donner son sang régulièrement, pour elle-même et ses rares congénères. Dans ces cas-là, le sang est congelé et conservé très longtemps à la banque de sang à Paris.

En France, on a la banque de sang rare la plus fournie au monde.

Dr Nathalie Callé, responsable de la Maison du don à Caen

Ailleurs en France, comme à la Maison du don à Caen, les poches de sang sont conservées 42 jours. 

Des besoins quotidiens de 500 poches de sang en Normandie

Mais pas question pour les donneurs de sang plus "ordinaire" de ne pas rester mobilisés. En Normandie, le monde médical a besoin de 500 poches de sang par jour, toute l'année. 

"On a besoin de tout le monde, tous les jours", rappelle le Dr Callé.

Pour cela, il existe plusieurs lieux pour donner son sang en Normandie : 

Il faut avoir entre 18 et 70 ans, et répondre à quelques critères pour éviter de contaminer le receveur ou de mettre en jeu la santé du donneur.