Dans le Calvados, les sapeurs-pompiers comptent sur les "bons samaritains" pour les aider à sauver des vies

Le SDIS du Calvados a rejoint cette année le dispositif "Bons Samaritains". Une aplication gratuite permet de géolocaliser les défibrillateurs et les secouristes bénévoles qui se sont inscrits.

Dans le cas d'un arrêt cardiaque, un massage externe est primordial dès les premières minutes.
Dans le cas d'un arrêt cardiaque, un massage externe est primordial dès les premières minutes.
50.000 personnes en France meurent chaque année d’un arrêt cardiaque, soit 130 morts par jour. Et les chances de survie y sont plus faibles que chez certains de nos voisins : seulement 7% en France contre 40% aux Pays-Bas ou en Suisse. Et pourtant, 70 % de ces accidents se dérouleraient devant témoins. Outre la survie de la victime, c'est aussi l'état de son cerveau qui est en jeu. Quatre minutes à peine suffisent pour causer des dommages importants. D'où la nécessité d'intervenir le plus rapidement possible. Le dispositif "Bons samaritains", déployé à Paris depuis plusieurs années, a montré dans ce domaine son efficacité.

Au Codis (Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours), dans le Calvados, on reçoit en moyenne un appel par jour pour arret cardiaque. Dés lors, une course contre la montre débute. "La priorité c'est d'engager immédiatement nos véhicules de secours d'assistance aux victimes avec un équipage formé. Immédiatement, dans le même temps, nous prévenons le Samu de façon à ce que les secours médicalisés soient engagés", explique le commandant Yannick Gaudin. Mais en attendant que les professionnels arrivent, l'heure tourne.

"Chaque minute de passée sans un geste de réanimation cardiaque diminue de 10% les chances de survie de la victime. Il est primordial de commencer très tôt un massage cardiaque externe." Ces dernières années, de nombreux défibrillateurs automatisés ont fait leur apparition dans des lieux publics et les collectivités dans cette optique. "L'un des biais pour pouvoir augmenter le taux de survie des victimes c'est également d'augmenter le nombre de personnes formées (aux premiers secours) et de pouvoir les utiliser plus facilement."

C'est là qu'intervient le dispositif "Bons samaritains" associé à l'application Staying Alive. Celle-ci permet non seulement de localiser les défibrillateurs en accès libre mais également aux services de secours de mobiliser des secouristes bénévoles qui ont téléchargé sur leur téléphone cette application. "On saisit l'alerte dans le logiciel et celui-ci recherche immédiatement les personnes situées à proximité du lieu de l'intervention", explique le commandant Yannick Gaudin, "Les gens reçoivent une alerte sur leur téléphone qui leur demande s'ils peuvent intrevenir. S'ils acceptent, ils reçoivent les coordonnées de l'intervention et sont guidés. Le système nous permet de savoir s'ils sont en route, s'ils sont arrivés sur place. Une communication est aussi assurée avec le Codis."
  Depuis son lancement dans le Calvados, le dispositif a attiré un millier de "candidatures". Le service d'incendie et de secours espère bien voir ce chiffre continuer à augmenter les prochaines semaines. A Paris, l'application Staying Alive a permis de multiplier par cinq l'utilisation des défibrillateurs automatisés et de doubler le taux de survie des personnes prises en charge.

 
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