Dieu aime la Haute Couture

Tout le diocèse de Bayeux Lisieux s’est mobilisé. Le dressing des évêques et celui des maisons de haute couture s’entremêlent dans deux grandes expositions au  Musée d’art et d’histoire de Lisieux et à l’Hôtel du Doyen de Bayeux. C’est l’Esprit Créateur(s).

Esprit créateur(s) deux expositions dans le diocèse à Bayeux et à Lisieux marient haute couture et art sacré
Esprit créateur(s) deux expositions dans le diocèse à Bayeux et à Lisieux marient haute couture et art sacré
Qui l’eût cru ! Au moment même où le MET de New York accueille l'exposition "Heavenly Bodies : Fashion and the Catholic Imagination" traduisez "corps célestes : mode et imagination catholique", une exposition organisée par Anna Wintour (rédactrice en chef du magazine Vogue au Etats Unis), les conservateurs normands du service du Patrimoine du Conseil Départemental du Calvados présentent «Esprit créateur(s), le dressing des évêques revisité».

Le même thème, les même effets : l’étonnement devant la beauté des modèles haute couture et leurs pendants liturgiques. Car si la culture judéo chrétienne imprègne notre inconscient collectif, les œuvres réalisées par les créateurs de la haute couture sont le reflet de ce partage culturel.

«  Elsa Schiaparelli, la romaine l’avait compris très vite. Elle faisait travailler les mêmes artisans brodeurs que ceux du Vatican , parfois même pour les mêmes motifs » explique Aude Maisonneuve du Service du Patrimoine du Conseil départemental du Calvados.

La première partie des expositions bayeusaine et lexovienne nous replace dans le dresscode liturgique. Des petits quizz amusants nous rappellent les codes couleurs de l’année liturgique (rouge pour la passion du christ, vert pour l’espoir de la résurrection) et déjà le parallèle avec le monde de l’art et de la mode prend forme.

durée de la vidéo: 02 min 24
Esprit créateur(s), une expo à Bayeux et Lisieux où se mêlent religion et haute couture

Les services du patrimoine du Conseil départemental du Calvados sont à l’initiative des expositions normandes. Leurs fonds de vêtements sacerdotaux recèlent des trésors de savoir-faire. La magnificence des broderies, des tissus ou des fourrures rivalise sous le feu des projecteurs. Les statues des vierges locales sont, elles aussi, habillées couture : qui par du Nina Ricci (Notre Dame de la Délivrande) qui par les créateurs du studio  « on aura tout vu » (Notre Dame de Grâce à Honfleur).

Le clou de l’exposition sacerdotale est à Lisieux : la chasuble de Thomas Beckett. L’évêque de Canterbury était en exil en France, de passage à Lisieux en 1141. Ce bijou de soies anciennes n’est jamais sorti de la chapelle du Centre hospitalier Robert Bisson de Lisieux où les reliques du saint homme sont conservées.

Au fil des salles, les fashionistas vont voir leur intérêt grandir. Les dernières salles sont dédiées aux créateurs à leur rapport à la religion chrétienne.
« Certains créateurs délivrent un message clair sur leur rapport avec le religieux. Ils en parlent ouvertement. On sait que Jean Paul Gaultier aime l’iconographie chrétienne car elle lui rappelle sa grand-mère. D’autres offrent une lecture plus épurée ou plus énigmatique du rapport au religieux comme la petite robe noire de Gabrielle Chanel et ses grands colliers qui nous font penser aux sœurs de son pensionnat de jeune fille et à leurs rosaires ».

Les expositions jumelles de Lisieux et Bayeux sont à découvrir sans modération tout l’été jusqu’à la rentrée.
Esprit créateur(s), le dressing des évêques revisité vous enchantera par ses beautés exposées religieuses ou profanes. Des visites guidées sur réservation sont possibles.

Mode et religion : notre fashion quizz ! 



 

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