En Normandie, la Pologne tente de redonner un nom à ses soldats inconnus

Publié le Mis à jour le
Écrit par CM avec LM

Une équipe de scientifiques polonais est arrivée ce vendredi 2 décembre au cimetière militaire de Grainville-Langannerie, dans le Calvados. Leur mission : redonner un nom à 26 soldats inconnus tombés au combat lors de la seconde guerre mondiale.

De loin, les silhouettes sont pareilles à des fantômes errant au milieu des tombes. Leurs blouses blanches se confondent avec le gel qui a recouvert la pelouse du cimetière de Grainville-Langannerie ce vendredi matin. Les fantômes, ce ne sont pas ces experts de l'université médicale de Czcecin mais les soldats inhumés ici il y a près de 80 ans, des soldats que la Pologne ne voudrait pas oublier. Mais pour cela, il faut leur redonner un nom. 

Depuis 2017, le gouvernement polonais s'est lancé dans un vaste projet d'identification des soldats inconnus. Il y en aurait des dizaines, tombés sur tout le front de l'ouest pendant la deuxième guerre mondiale, à attendre de retrouver leur nom. Au cimetière de Grainville-Langannerie, au sud de Falaise, les 616 tombes abritent majoritairement les dépouilles des combattants de la 1ère division blindée polonaise. Commandée par le général Maczek, elle participa notamment aux terribles combats de la poche Falaise-Chambois, à la fin de la Bataille de Normandie.

Ce vendredi matin, la quinzaine de scientifiques arrivés de Pologne a commencé son travail autour de 26 tombes de soldats inconnus. "Quand la connaissance de l'histoire, quand la documentation ne permettent plus d'identifier un soldat, c'est la médecine, la science qui arrive à l'aide. Ce sont des analyses de l'ADN mais également des analyses anthropologiques", explique Andrzej Szydlo, le consul de Pologne, "L'équipe de l'université médicale de Czcecin qui travaille ici est l'équipe la plus expérimentée de toute la Pologne. Elle a travaillé pendant plusieurs années sur l'identification de soldats en Pologne mais aussi à l'étranger. Normalement, elle travaille également avec la police polonaise sur des affaires criminelles."  

Prière de ne pas déranger

Le travail des experts polonais devrait durer de une à deux semaines. Les scientifiques vont lever les corps et prélever de l'ADN qu'ils tenteront ensuite de croiser avec ceux des familles polonaises qui comptent des membres disparus pendant les combats de Normandie et jamais retrouvés. Une tâche ardue qui requiert concentration et calme. "Dans l'optique de laisser travailler nos homologues polonais, nous demandons aux personnes de ne pas les déranger et de ne pas venir mettre les pieds à l'intérieur du cimetière pendant la durée des travaux", indique Jacky Auber Laou-Ha, chef de secteur centre ouest de l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre, l'ONACVG, qui assure l'entretien des lieux. 

C'est en juillet dernier que les autorités polonaises ont contacté l'ONACVG pour investiguer le cimetière de Grainville-Langannerie, une demande qui n'a rien d'exceptionnelle en Normandie. Des fouilles pour redonner un nom à un soldat, "on en a souvent", confirme Jacky Auber Laou-Ha, "dans des cimetières allemands par exemple, du côté de La Cambe. On travaille aussi avec nos homologues belges. C'est un devoir de mémoire qu'il faut garder et je pense que c'est utile pour nos générations à venir."

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