Un enfant sur deux ne sait pas nager malgré ce que pensent les parents : des cours gratuits dans certaines piscines

Apprendre à flotter, a quitter le bord et revenir tout seul : de bons débuts pour savoir nager et vaincre son appréhension / © Alexandra Huctin
Apprendre à flotter, a quitter le bord et revenir tout seul : de bons débuts pour savoir nager et vaincre son appréhension / © Alexandra Huctin

Entrer dans le bassin facilement, motricité aquatique, se déplacer avec des mouvements : une base qui s'apprend ou pas. Encore aujourd'hui, un enfant sur deux ne sait pas nager. Les parents doivent redoubler d'efforts pour que ça évolue : pendant les vacances c'est le moment !

Par Alexandra Huctin

Certes avec l'école, les enfants ont très souvent l'occasion de venir à la piscine dès la grande section de maternelle. "Mais en groupe de 25 à 30, voire 45 s'il y a deux classes, et pour 25 à 30 minutes de présence réelle dans l'eau. On n'a pas le temps de travailler grand chose et surtout pas individuellement", constate Nicolas Duval, le directeur d'Aquanacre à Douvres-la-Délivrande (14).


Trop d'enfants n'ont, en réalité, pas franchement l'occasion de venir régulièrement à la piscine et de s'y épanouir. "soit parce que leurs parents ont une appréhension à gérer pour eux-mêmes : peur d'avoir froid, de s'ennuyer. Ils n'aiment pas trop l'eau et n'ont pas envie d'y perdre leur temps. Soit parce qu'ils n'ont tout simplement pas le réflexe." 

Aujourd'hui, les statistiques françaises sont claires : un enfant sur deux ne sait pas nager quand il entre au collège. 

A son entrée en sixième, l'enfant passera pourtant un test : l'ASSN, le "savoir nager scolaire". 
Il est important pour le bien-être de l'enfant et son intégration sociale de savoir nager, un minimum : rien de marrant de se retrouver au milieu des blagues de camarades peu compréhensifs. Alors autant vérifier avant l'entrée au collège que votre enfant sait se débrouiller seul dans l'eau, sans hésiter, et en toute sécurité pour lui.


Pour tous les budgets

C'est aussi une question de budget, des cours individuels coûtent environ 2O à 25 euros la séance. Il y a aussi les cours collectifs pour environ 100 euros les 10 cours et enfin, cette belle opération du Secours Populaire "Comme un poisson dans l'eau" qui permet à des enfants de milieux modestes de profiter d'une semaine de cours, près de chez lui.
Dans le Calvados, les picines d'Argences, de Falaise, de Douvres-la-Délivrande et Carpiquet participent, par exemple, à ce dispositif. 

Mais dans beaucoup de piscines de France, et notamment celle du groupe Normand Récréa, cette opération est menée à chaque vacances scolaires  (Noël, la Toussaint et Pâques) auprès d'un jeune public inscrit auprès du Secours populaire.

Pour cette première semaine de vacances de la Toussaint 2019, six enfants de 7 à 11 ans vont chaque jour à Aquanacre (Douvres-la-Délivrande dans le Calvados) suivre 45 minutes de cours.

Eloan et Loevan, des jumeaux de bientôt 7 ans viennent pour la deuxième fois. Leur maman a été ravie de voir les progrès après leur première semaine, à Noël dernier . "Jamais je n'aurais eu le budget pour leur offrir ça. C'est pourtant primordial pour eux et leur épanouissement. Adulte, je suis convaincue qu'il faut savoir nager. Mais moi il ne m'écoutent pas et je ne sais pas comment leur enseigner les bases."

 

Les enfants qui participent à l'opération "Comme un poisson dans l’eau" du Secours Populaire


 

Vous avez de l'air dans vos poumons, si vous sautez vous allez remonter comme un ballon (les mots du maître-nageur pour convaincre les enfants de mettre la tête sous l'eau et de se laisser couler avant de remonter)

 
En moins de 20 minutes Andréa a pu mettre la tête sous l'eau et apprendre à lâcher le bord pour se laisser couler en toute sécurité / © Huctin
En moins de 20 minutes Andréa a pu mettre la tête sous l'eau et apprendre à lâcher le bord pour se laisser couler en toute sécurité / © Huctin


Rassurer et apprendre les bases


"Une des premières choses à vérifier, c'est leur manière de descendre à l'échelle. Il ne faut pas qu'ils redoutent de partir en arrière. Aisance, flottaison, équilibre, ça viendra ensuite", explique Pierre le maître nageur qui toute la semaine va accompagner les enfants, à chaque cours.
 
On les fera descendre dos à l'eau pour vérifier leur appréhension de l'eau / © AH
On les fera descendre dos à l'eau pour vérifier leur appréhension de l'eau / © AH


"Une fois j'ai eu un enfant qui ne voulait même pas aller dans le bassin. A la fin, il me faisait les 4 nages dans l'eau !", assure t-il très convaincu qu'il trouvera les clés pour convaincre toutes les petites résistances.
La petite victoire personnelle d'Andréa, 10 ans 1/2 qui s'est lancée sur le dos avant même la fin de la première séance. Rassurée par le moniteur qui la suit pas à pas. Son regard ne le lâche pas, mais elle y est arrivée et va pouvoir recommencer en s'éloignant petit à petit du bord. / © AH
La petite victoire personnelle d'Andréa, 10 ans 1/2 qui s'est lancée sur le dos avant même la fin de la première séance. Rassurée par le moniteur qui la suit pas à pas. Son regard ne le lâche pas, mais elle y est arrivée et va pouvoir recommencer en s'éloignant petit à petit du bord. / © AH


Trop de parents croient que leurs enfants savent nager, mais ce n'est pas si vrai


"C'est parce que les moniteurs sont avec eux en petit groupe que j'ai accepté que ma fille vienne", explique Vanessa qui reconnaît avoir elle-même peur de l'eau depuis que des copains lui ont fait boire la tasse quand elle était ado. "J'ai cru ce jour-là dans la mer que je n'allais pas remonter", grimace t-elle à la simple évocation de ce souvenir angoissant.

"Ma fille va cette année devoir aller à la piscine avec l'école et franchement j'ai à peine confiance quand on sait qu'ils sont 30 dans le bassin. Je préfère qu'elle soit briefée comme aujourd'hui avant d'affronter ça avec sa classe."
Un peu trop sûr d'eux, certains n'hésitant pas à lâche le bord mais ne savant pas revenir s'ils n'ont pas pied. Ce sera acquis à la fin de la semaine, si tout va bien. Un petit battement de pieds, allongé dans l'eau et tout ira mieux. / © AH
Un peu trop sûr d'eux, certains n'hésitant pas à lâche le bord mais ne savant pas revenir s'ils n'ont pas pied. Ce sera acquis à la fin de la semaine, si tout va bien. Un petit battement de pieds, allongé dans l'eau et tout ira mieux. / © AH
 
"Trop de parents croient que leurs enfants savent nager parce qu'ils n'ont pas peur. Mais être autonome, c'est autre chose", constate Nicolas Duval, le directeur d'Aquanacre. "Les accidents graves sont rares heureusement mais il faut bien se dire que c'est souvent la dernière heure d'ouverture, quand le moniteur est occupé à ranger le matériel que des incidents se produisent. L'enfant ne remonte pas. Il faut l'aider vite. Et trop de parents sont dans l'inattention. "

S'entendre dire après une semaine de cours qu'il n'y a plus de soucis, que vous pouvez lui faire confiance : ça n'a pas de prix, de toute évidence.

 Vidéo - ambiance dans le bassin quand il faut dès le premier cours apprendre à lâcher le bord : 
Opération Comme un poisson dans l'eau à la piscine de Douvres-La-Délivrande (Calvados) : des cours gratuit avec le Secours Populaire

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