Expulsion de Souleymane : l'appel à l'aide de sa mère de coeur

Souleymane est venu de Cote d'Ivoire en passant par l'Italie. Cet adolescent scolarisé à Caen en CAP, vit dans une famille "de coeur" dont la maman Valérie Templeraud s'indigne. Elle dénonce un "harcèlement administratif" : Souleymane est frappé d'une obligation de quitter le territoire.  

Rassemblement du 2 février devant la préfecture de Caen pour soutenir Souleymane
Rassemblement du 2 février devant la préfecture de Caen pour soutenir Souleymane © F Besnier/FTV

Elle ne s'avoue pas vaincue, et c'est bien pour cela que Valérie Templeraud a décidé d'organiser un rassemblement de soutien "éclair, style "happening " [...] dans le plus grand calme et dans la plus grande sérénité. Nous ne cherchons aucunement la confrontation avec les forces de l'ordre." Le rassemblement est fixé devant la préfecture à Caen, et la date choisie fait sens : le 2 février, c'est le jour même où Souleymane devait quitter le sol français en avion depuis Roissy, direction la Cote d'Ivoire dont il est originaire.  

Valérie Templeraud, mère "de coeur" de Souleymane
Valérie Templeraud, mère "de coeur" de Souleymane © F Besnier/ FTV

 

Souleymane c'est son fils "de coeur" comme elle le dit. Il loge sous son toit et elle s'occupe de lui et de sa scolarité. Valérie Templeraud le décrit comme "un adolescent comme tant d'autres, il est passionné de rugby, aime les belles baskets, mange des grosses tartines de pâte à tartiner. C'est un bosseur acharné, un gavroche têtu, drôle, généreux, et timide." 

Scolarisé à l'institut Lemonnier à Caen, en CAP maintenance matériels des espaces verts, Souleymane est "aimé de ses camarades et apprécié de ses professeurs pour sa pugnacité", aime-t-elle préciser. À ses yeux, "son seul délit c'est d'avoir rêvé trop fort."

Majeur ou mineur

Mais aux yeux des autorités, le "délit" relève d'une autre histoire. Ou plutôt d'une histoire d'âge, et de majorité.

Souleymane a été contrôlé alors qu'il quittait son lieu de stage à Blainville-sur-Orne. En attente d'un titre de séjour, Souleymane est majeur depuis septembre 2020. La préfecture a décidé de son expulsion. Dans un communiqué de presse, les services de l'Etat insistent sur le fait que dès son entrée sur le territoire français en 2018, il n'a jamais été reconnu comme mineur. 

"L’âge physiologique, déterminé par l’examen de l’âge osseux de M. Bakayoko et qui a été effectué
le 03 juillet 2018, a également conclu à un âge physiologique supérieur à 18 ans.
Par un jugement du 08 octobre 2018, , le Tribunal pour Enfants de Paris a donc prononcé la non prise
en charge de M. Bakayoko au titre de l’assistance éducative, du fait de sa majorité
."

Décision que le tribunal pour enfants de Caen a conforté en juin 2020.

Souleymane Bakayoko, jeune ivoirien en CAP à Caen
Souleymane Bakayoko, jeune ivoirien en CAP à Caen © VT

Majeur ou mineur, les droits qui en découlent pour Souleymane changent, certes, mais pour Valérie Templeraud, "ce sont les bénévoles solidaires qui gèrent, qui portent le poids de l'indigence, de la cruauté de cette politique migratoire, dégradante, et honteuse de ce pays."

Une pétition à destination du président de la République a été lancée en ligne par ses proches de l'institut Lemonnier. 

 

 

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