En février dernier, Saint-Louis sucre, filiale de Südzucker a annoncé son intention de fermer deux de ses quatre sucreries en France. Syndicats et élus étaient reçus ce mardi 12 mars au siège du groupe allemand. a la sortie de la réunion, c'est la déception qui domine.
Le groupe allemand Südzucker n'a pas l'intention de renoncer à la fermeture de deux sucreries en France, malgré l'indignation du gouvernement français,ont indiqué mardi syndicats et élus reçus en délégation au siège du groupe allemand. "Les Allemands sont droits dans leurs bottes, ils nous félicitent pour notre implication mais maintiennent leur refus de vendre à des repreneurs", a déclaré à l'AFP Loïc Touzé, délégué FO de l'usine de Cagny.
"la politique de la terre brûlée"
Environ 250 manifestants dont 170 planteurs français se sont rendus par bus mardi matin à Mannheim, à l'ouest de l'Allemagne, au siège de Südzucker, où ils ont été accueillis avec "un café et une soupe de bienvenue". "C'est la politique de la terre brûlée, ils nous ont achetés il y a 15 ans, ils ont tout pompé et maintenant ils veulent fermer et nous empêcher de continuer à travailler ou à produire", fustige le syndicaliste.L'industriel Saint-Louis Sucre, filiale depuis 2001 de Südzucker, a annoncé le 14 février la fermeture de deux de ses quatre sucreries en France en 2020 ainsi qu'une vaste réorganisation pour faire face à une baisse des cours du sucre, ce qui se traduirait par 130 suppressions d'emplois. Les sites de Cagny (Calvados), Eppeville (Somme) et Marseille sont visés. Selon les syndicats, en maintenant symboliquement une poignée d'employés sur ces sites, le groupe allemand empêche le déclenchement d'un processus de recherche de repreneurs.
"faire tordre le bras aux Allemands"
"Le problème est que personne n'est convaincu de la justification économique de leur projet de fermeture; nous comptons maintenant sur le gouvernement pour réussir à faire tordre le bras aux Allemands", ajoute la députée socialiste du Calvados Laurence Dumont. Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, avait jugé la semaine dernière "inacceptable" la décision "unilatérale" de l'industriel allemand Südzucker de fermer ces deux sucreries en France.Sollicité par l'AFP, le groupe n'a pas voulu de donner de détail sur la teneur des discussions tenues mardi. Ses dirigeants sont attendus mercredi matin au ministère français de l'Agriculture, pour une réunion de crise en présence de représentants des ministères de l'Économie et du Travail.