Futsal. Champion de D2, Hérouville-Saint-Clair fête son retour dans l'élite, où il entend s'installer durablement

Relégué de D1 la saison dernière, le club de futsal de Hérouville Saint-Clair a survolé le championnat de 2e division cette année. Sacré champion, le club normand n'aura pas traîné pour remonter dans l'élite et met tout en place pour s'y maintenir durablement.

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Une saison de haute volée, rien de moins, pour le Hérouville Futsal ! 15 victoires et un nul en 16 matchs, 46 points récoltés sur 48 mis en jeu, et en prime la barre symbolique des 100 buts inscrits. Quand l'unique contre-performance est un match nul obtenu à l'extérieur, difficile de faire meilleur bilan. 

L'ambition initiale était de terminer dans les quatre premiers. Mais le défi n'était finalement pas à la hauteur de la qualité de l'effectif calvadosien. La recette du succès ? "Le groupe est composé d'un mélange entre la jeunesse et l'expérience de joueurs comme Samir et Nabil Alla. On a un gardien qui joue beaucoup au pied et on a beaucoup de possibilités de jouer différement", explique Quentin Leconte, entraîneur arrivé en début de saison. "Ce qui fait notre force, c'est surtout l'état d'esprit, cette union entre nous et le travail tout au long de la saison". 

Sacre et fête au Palais des Sports de Caen

Dès l'entame du championnat, Hérouville a donné le ton, marquant 16 buts lors des trois premiers matchs, tout en n'en encaissant que trois. Le feu d'artifice offensif s'est poursuivi tout au long de la saison, et les hommes du capitaine Samir Alla comptent bien le prolonger ce samedi 6 mai, face à Reims au Palais des Sports de Caen, pour ce qui sera le dernier match "à domicile" de la saison, lors de l'avant-dernière journée de championnat. 

"L'idée est de rassembler tous les fans d'Hérouville et du futsal dans le coin, pour faire une belle fête", déclare Ayoub Benazzouz. Ce sera aussi l'occasion pour son club et ses joueurs de se réconcilier avec l'antre habituelle des basketteurs et handballeurs. Lors de la dernière saison passée en D1, faute d'homologation du gymnase Allende, les footballeurs avaient dû y disputer tous leurs matchs à domicile. "Ca avait été un calvaire, se remémore Samir Alla. "Nous ne pouvions pas nous y entaîner, nous n'avions pas nos repères, on avait l'impression de toujours jouer à l'extérieur".

Le gymnase Laporte, enfin un écrin à la hauteur du club

C'est l'une des raisons pour lesquelles la municipalité d'Hérouville-Saint-Clair avait décidé d'investir dans une nouvelle antre pour ses footballeurs en salle : le gymnase Laporte. Sorte de mini Palais des Sports comparé au grand projet caennais monté en parallèle. Il a coûté 5,4 millions d'euros, dont la moitié financée par la ville. La structure fournira un équipement moderne pour les joueurs et la tribune de 400 places offrira de meilleures conditions d'accueil pour leurs supporters.


Seul hic, le gymnase ne sera prêt qu'à la fin du mois de novembre, ce qui obligera à nouveau l'équipe de la périphérie caennaise à trouver un point de chute pour disputer ses matchs de la première partie de saison. Elle retrouvera a priori le Palais des Sports de Caen. Oui, mais lequel ? L'ancien, ou le nouveau ? Une partie de la réponse dépendra des calendriers du Caen Basket Calvados et des Vikings du Caen Handball. "Si c'est le nouveau, on ira la tête en avant", s'enthousiasme Samir Alla. "Si c'est l'ancien, ça sera très bien aussi. On est déjà très heureux d'avoir la confiance de la municipalité de Caen". 

EN APARTE. Le Palais des sports de Caen accueillera la finale du championnat de France de D1 de futsal, le samedi 17 juin. 

S'installer en D1 dans la durée

Côté sportif, si le club normand a survolé la deuxième division, il a aussi pu mesurer le travail à réaliser pour rivaliser avec les formations de l'élite lors de l'unique, et cinglante, défaite de la saison face à Nantes Métropole (D1), en Coupe de France (11-5). "C'est comme pour le foot sur herbe, il y a un écart physique, technique, financier. Ca n'a rien à voir", détaille Samir Alla. Cependant, Hérouville n'avait pas attendu la relégation pour apprécier l'écart de niveau avec les meilleures équipes du pays. 


"On sait que la marche est vraiment haute, temporise Ayoub Benazzouz. Actuellement, on élabore une feuille de route pour viser le maintien. Soyons prudents, personne n'a envie de revivre le cauchemar de la saison dernière". Si Hérouville n'entend donc pas concurrencer les cadors de l'élite que sont Laval, Nantes ou le Sporting Paris, il compte bien s'implanter durablement au premier plan du futsal national. 

Camembert et madeleines

La première expérience du club en D1 avait duré deux saisons, la deuxième seulement un an. La formation normande veut prouver qu'elle a appris de ces expériences. "On réfléchit à sortir du statut associatif. Pourquoi pas inscrire Hérouville Futsal sous une autre forme juridique. Rien n'est décidé mais la réflexion est sur la table", détaille Ayoub Benazzouz, qui est aussi pleinement conscient de la nécessité d'augmenter ses ressources financières. 

"Nous avons actuellement cinq partenaires. L'ambition est de s'ouvrir à de nouveaux partenaires privés pour créer un club plus compétitif, qui soit un véritable ambassadeur de la région, une vitrine pour les entreprises locales. Pourquoi pas travailler avec le camembert ou les madeleines Jeannette ? Mais attention, nous voulons des partenaires, pas des actionnaires". Impensable pour le dirigeant de ne pas  préserver l'ADN du club. "On ne rognera pas sur l'aspect social de notre club, sur la formation, et les prix des tickets ne seront pas multipliés par trois", prévient son président. 

Un pôle France futsal en Normandie ? 

Même s'il ne pourra pas éviter d'aligner des billets pour recruter quelques joueurs confirmés, Ayoub Benazzouz veut baser son projet sur l'équipe lauréate du titre en D2 cette année. Il sait qu'il pourra aussi compter sur la possibilité de signer des contrats fédéraux, uniquement autorisés en D1. Néanmoins, il est persuadé que la réussite future du Hérouville Futsal passera par la formation. 

Sur ce point, il serait comblé que la région obtienne un centre national de formation au futsal. La fédération en a déjà établi un à Lyon il y a cinq ans, et doit, en principe, en développer un second sur la partie nord de la France pour la saison 2024-2025. A ce titre, la Normandie se verrait bien candidate. Elle pourrait faire valoir les compétences du Centre Sportif de Normandie, basé à Houlgate, et la proximité avec le Nord et l'Ile de France, régions où le futsal est plus développé qu'ailleurs.