• FAITS DIVERS
  • MÉTÉO
  • Société
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE

Homophobie : avant le derby contre le Havre et dans le contexte actuel, Le Stade Malherbe Caen écrit à ses supporters

Tribune Borelli, celle des supporters caennais. Jamais le club n'a été lourdement condamné pour un dérapage flagrant, de fumigènes ou de propos discriminants. Mais ça c'était avant... les règles de la l'UEFA et la LFP sont plus strictes depuis la reprise du championnat / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Marc OLLIVIER
Tribune Borelli, celle des supporters caennais. Jamais le club n'a été lourdement condamné pour un dérapage flagrant, de fumigènes ou de propos discriminants. Mais ça c'était avant... les règles de la l'UEFA et la LFP sont plus strictes depuis la reprise du championnat / © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Marc OLLIVIER

Alors que le niveau d'alerte est maximum pour le premier derby normand depuis 5 ans, entre le Stade Malherbe Caen et le HAC, le club caennais écrit à ses abonnés pour leur rappeler les vraies valeur du club, loin de l'homophobie ou de toute discrimination et prône le dialogue.   

Par Alexandra Huctin

Quoi qu'il se passe ce vendredi 30 août 2019 dans le Stade d'Ornano (banderoles ou chants incontrôlables entre tribunes de supporters havrais et caennais ou insultes envers la LFP dans le contexte actuel de la lutte contre l'homophobie),  le Stade Malherbe Caen et le Hac Foot (si la dérive vient de ses propres supporters) se retrouveront entre le marteau et l'enclume. C'est le règlement.

Mais ces débordements ont toujours un coût pour un club. Il y a même des clubs qui ont un budget "amendes" conséquent. En exemple, l'Olympique de Marseille est souvent cité.

On a vu  ce mercredi 28 août 2019, lors de l'interruption du match de Ligue1 OGCNice-OM, les dirigeants niçois au téléphone dans les tribunes pendant toute la séquence. Ils étaient, selon les commentateurs de Canal + qui diffusait le match en direct, "en ligne" avec les responsables des clubs de supporters pour apaiser les tensions et demander le retour au calme, voire même pour les prier d'enlever les banderoles, illico presto. Pourquoi? Parce que le club, dans ces cas là, risquent gros. 
 

En cas de dérapage : le club passe en commission disciplinaire de la Ligue de Football Professionnel (LFP)


Ces commissions "extraordinaires"existent depuis longtemps pour les fumigènes interdits dans les stades, ou l'invasion des pelouses. Mais la première concernant la lutte contre l'homophobie s'est tenue à Paris, mercredi soir. 18 clubs de Ligue 1 et Ligue 2 étaient concernés. Parmi les clubs sanctionnés : le Stade Rennais et Nancy en Ligue 1 ou Ajaccio, Le Mans, Paris FC et Chambly en ligue 2, Mais aucun des deux clubs pro Normands ne sont concernés.  


Le niveau des sanctions : du rappel à l'ordre à la sanction financière 


Les textes ne sont pas spécifiques au caractère " homophobe" de l'infraction. Tout du moins pas encore et les projets de la LFP sont encore flous à ce sujet. 
Il faut rappeler que c'est l'instance internationale qui a donné le coup d'envoi de cette lutte dans les stades : depuis le printemps dernier, le règlement de L'UEFA permet, en effet, d'interrompre un match pour rappeler l'ordre et intimer le silence à des supporters injurieux. Ce qui entraîne un rapport du corps arbitral et des représentants de la LFP, et qui dit rapport dans les hautes instances de la Ligue, dit commission disciplinaire. 

 
"On a vu lors de cette première commission des sanctions qui vont du rappel à l'ordre à la fermeture de tribunes. Mais ça peut être pire, si le match est interrompu et reprend, à la troisième fois, c'est match arrêté et victoire donnée sur tapis vert aux adversaires. Et ça, c'est potentiellement trois points qui peuvent tout changer à la fin de la saison", nous explique le Stade Malherbe Caen.

Au bout du compte, la sanction est toujours financière pour le club car si en fin de saison, c'est la relégation pour ces points perdus eh bien c'est tout un budget qui est divisé par 2 ou 3. Et si la sanction est du type match à huis clos, idem. Quel est le club qui peut se vanter de faire le plein avec ses abonnés ? Aucun.
Résultat :  un match à huis clos, et donc sans vente de billets, c'est autant de recettes en moins pour le club.
 

En prévention le Stade Malherbe a donc choisi le dialogue avec ses supporters


Photo- Les publication du SM Caen avec le slogan " Soyez-en fiers vous êtes normands !"
 
Le Stade Malherbe Caen lutte contre toutes les dicriminations / © SM Caen
Le Stade Malherbe Caen lutte contre toutes les dicriminations / © SM Caen



Chaque abonné (et ils sont environ 8000 au Stade Malherbe de Caen) a reçu ces derniers jours une lettre commençant par "Chers supporters du Stade Malherbe" ...


Que vous soyez un enfant qui découvre aujourd’hui d’Ornano et ses chants pleins de ferveurs ou bien un habitué qui les connaît par cœur. Vous portez très loin nos couleurs et transportez avec vous nos valeurs (lettre du Stade Malherbe Caen à ses abonnés) 




"Le Stade Malherbe est l’héritage de la diversité, la fusion de deux clubs adversaires devenus alliés. Vous incarnez l’alchimie fantastique et impeccable de deux couleurs primaires, ce rouge et ce bleu qui s’accommodent tant", poursuit le club. 
 
Le courrier envoyé aux abonnés / © AH
Le courrier envoyé aux abonnés / © AH
 

Voyez donc, le Stade Malherbe Caen, ce sont tous ces mélanges : que votre peau soit noire, que votre peau soit blanche, que vous soyez une femme, que vous soyez un homme, que vous soyez homo, que vous soyez hétéro, que vous soyez petit ou grand, soyez en fiers, vous êtes normands ! (Lettre du Stade Malherbe Caen à ses supporters) 



"Au creux de la vague ou en pleine lumière, demeurez tolérants", termine le club.


Cette lettre qui rappelle l'histoire et les valeurs du club, "c'est une main tendue aux supporters. On préfère le dialogue aux interdictions et demandes autoritaires. On privilégie toujours la pédagogie", confie le Stade Malherbe Caen. 


Des efforts de concertations qui vont se poursuivre sur un plan national. La semaine prochaine, le 5 septembre 2019, une rencontre est prévue entre des associations de lutte contre l'homophobie et l'Association nationale des supporteurs (ANS), en présence de la Ligue professionnelle de football (LFP).
L'initiative a été saluée par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu

Pour autant dans ce derby qui arrive, les supporters sauront-ils rester calmes ? Depuis une semaine, la situation est tendue sur les réseaux-sociaux, mais reste sous contrôle. 

Twitter- du Havre ou de Caen, les supporters se sont alpagués, sur les réseaux sociaux, toute la semaine précédant le derby.

  

Sur le même sujet

Etretat : les galets, espèce protégée

Les + Lus