La ville d'Honfleur veut réguler les locations saisonnières sur son territoire et soumet toute demande de mise en location à autorisation

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Écrit par Jean-Yves Gelebart
La ville d'Honfleur connait une flambée des locations longues durées.
La ville d'Honfleur connait une flambée des locations longues durées. © LP/ AUR?LIE AUDUREAU / MAXPPP

Depuis le 1er janvier 2022, la ville d'Honfleur soumet toute demande de mise en location par un propriétaire à autorisation. La conséquence d'un marché local de l'immobilier déréglé par la multiplication de ces locations de courte durée qui fleurissent sur les plateformes de location sur internet.

La mairie d'Honfleur (Calvados) a décidé de durcir les conditions de location pour les propriétaires d'appartement ou de maison, qui utilisent les plateformes de location sur internet. La station balnéaire, célèbre pour son vieux bassin et ses maisons aux façades recouvertes d'ardoises, soumet depuis le 1er janvier les propriétaires qui veulent proposer des locations saisonnières à autorisation. Ils doivent s'enregistrer au préalable et faire une demande en mairie.

On a des critères précis, on demande l'acte de propriété, la superficie du bien, l'année d'achat et ensuite seulement, la mairie octroie un numéro qui permet au propriétaire de mettre en location son bien.

Paul Moutier

Agent à la mairie d'Honfleur

En 2019, la ville d'Honfleur a atteint le record de 1 900 offres de meublés de tourisme. Conséquence, la spéculation immobilière bat son plein, les prix grimpent et les honfleurais paient la note quand ils veulent acheter. 

Le numéro d'enregistrement accordé par la mairie est une condition nécessaire pour être référencé sur les plateformes de location. Si le propriétaire ne l'a pas, il n'aura pas de référencement sur les plateformes.

Christophe Buisson

Élu à la Communauté de Communes, aux finances et tourisme

La prolifération de ces annonces de locations saisonnières de courte durée sur des plateformes comme Airbnb, Booking ou Abritel amène sur le territoire communal beaucoup de touristes, qui consomment, mais il provoque une hausse des prix des biens qui désavantage les acheteurs locaux, au pouvoir d'achat souvent moins important. 

D'autres communes normandes ont également pris des mesures  

Depuis le 1er juin 2021, la ville de Deauville a pris de nouvelles mesures concernant la location de logements meublés de tourisme. La aussi, l'objectif est de réguler les locations et les propriétaires, comme à Honfleur, doivent se déclarer en mairie.

En octobre 2018, la ville d'Etretat (76) avait fait voter un vœu en conseil municipal pour alerter l'Etat sur la multiplication des offres de locations sur les plateformes en ligne. A l'époque, la ville s'inquiétait de l'augmentation sensible des offres de locations qui provoquait, selon elle, le départ de ses habitants et la difficulté pour les jeunes d'acheter des appartements face aux propriétaires plus aisés financièrement.

Le phénomène touche aussi des communes comme Granville

En novembre 2021, un collectif breton de Saint-Malo est venu à Granville évoquer la situation de la commune bretonne où une réglementation stricte a été mise en place. Avec une augmentation de 24% entre 2018 et 2019, la cité corsaire a été l'une des villes françaises les plus impactées par les locations touristiques, dites de courte durée qui transitent souvent par les plateformes. Saint-Malo est aujourd'hui classée en "zone tendue", voire en zone "très tendue", un dispositif rendu possible par la loi Alur, qui met à la disposition des communes un certain nombre de leviers comme l'imposition de quotas pour les locations de courte durée.

Ce dispositif "zone tendue", la ville de Granville en a fait la demande en 2021 auprès de la préfecture de la Manche. Le dossier a reçu un avis négatif, mais la ville retentera sa chance rapidement car avec le développement du télétravail, le phénomène des locations de courte durée s'est amplifié depuis le début de la pandémie.

Je souhaite un équilibre, les locations de courte durée génèrent une activité économique importante, les gens qui viennent en séjours courts consomment et je ne veux pas mettre la ville sous cloche. Le problème, c'est que l'immobilier à Granville est un micromarché et qu'avec tout ça les prix ont flambé. On arrive à 8 000 euros le m2, ce n'est plus possible

Gilles Ménard

Maire de Granville

En 2020, on a recensé sur Granville 54 000 nuitées sur la plateforme Airbnb contre 47 000 en 2019, soit une augmentation de 20%. 

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