"La formation est obligatoire" : Garde d’animaux ou pet-sitting, petit boulot en vogue mais encadré par la loi

Garder des chiens pendant les vacances des propriétaires, nourrir des chats, c’est dans l’air du temps et ça permet de gagner un peu d’argent. Mais attention : pour exercer il faut être en possession d’une attestation. Et certains pet-sitters l’ignorent.

Quand on possède un animal de compagnie se pose un jour ou l’autre la question de sa garde. Le temps d’un week-end ou des vacances, les pet-sitters ou gardes d’animaux résolvent cette question en proposant de s’occuper de chats, chiens ou poissons rouges à domicile ou chez eux.

Si remplir une gamelle de croquettes ou changer la litière du chat ne paraît pas hors de portée, ce service rémunéré est encadré. Pour proposer des compétences de pet-sitter il faut d’abord être en possession d’un sésame : l’Acaced ou Attestation de Connaissances pour les Animaux de compagnie d’espèces domestiques.

Quelle formation est obligatoire pour garder des animaux ?

L’Acaced c’est une attestation obtenue après validation d’heures de formation. Elle est obligatoire dès lors que l’on travaille avec des animaux. Les pets-sitters y sont soumis au même titre que ceux qui travaillent en fourrière, en animalerie ou qui élèvent des chiens et des chats. Certains professionnels comme les assistants vétérinaires l’ont obtenue pendant leur formation.

Virginie Guémas de la MFR de Mortagne au Perche propose des sessions de formation. Elle explique qu’ "il y a plusieurs thématiques, comme le logement, l’alimentation la santé ou le droit". La formation est basée sur un socle commun de 10 heures, à quoi on ajoute soit un module sur les chats et/ ou les chiens. Il existe aussi un module pour les rongeurs, les oiseaux et les poissons. "Comme on est en contact avec du vivant il faut un minimum de connaissances." Il faut compter 10 heures de formation pour le tronc commun, et ajouter 4 heures par module supplémentaire.  

Côté coût, pour une Acaced chien par exemple, il faut compter environ 300 euros les 14 heures de formation. Les 3 modules coûtent environ 380 euros pour 22 heures.

Actuellement, le syndicat national des professionnels du chien et du chat demande que l’Acaced passe à 35 heures, soit 5 jours de formation au lieu des 3 actuels.

Une attestation réellement utile ?

Pour Frédéric Aumard, garder des animaux est une activité secondaire qu’il exerce depuis 3 ou 4 ans. Sous le nom de La Patte caennaise, il gagne environ 300 euros par mois, voire 500 lors des mois d’été les plus chargés. "Pour moi le plus important ça a été le socle du tronc commun, qui m’a permis d’en savoir plus sur la législation. Ça m’a permis par exemple de remplir un registre, une sorte de cahier avec les entrées et les sorties des animaux. Mais pour le reste, notamment ce qui touche au comportement, j’en apprends plus avec les animaux que je garde."

De fait, Fédéric Aumard remarque que "la formation est plus basée sur l’élevage, notamment quand les animaux sont bébés, avec beaucoup de génétique et de travail à faire sur les races, mais pour moi qui propose une pension pour 2 ou 3 jours, voire un mois, le contenu est moins en rapport direct avec mon activité."

Les profils des stagiaires sont vraiment variés. Les cas de réorientation professionnelle sont nombreux

Karine Lebrun, responsable de formation

À l’origine en 2016, la formation s’adressait d’abord aux professionnels qui travaillent avec des animaux domestiques. Karine Lebrun, responsable de la formation Acaced à Vire pour l'établissement public local d'enseignement professionnel agricole, note des profils variés parmi les stagiaires.

"Certains ouvrent une pension féline ou canine, d’autres sont éducateurs spécialisés et veulent intégrer la présence d’animaux auprès des jeunes ou des personnes âgées dont ils s’occupent. D’autres encore s'intéressent au comportementalisme. Ça touche beaucoup de monde. Souvent, il n’y a que 2 ou 3 éleveurs professionnels par groupe de 20 stagiaires, les autres se lancent dans une activité avec des animaux, s’improvisent éleveurs ou ouvrent des pensions."

Une formation plébiscitée et exigeante

Les stages affichent complet tout le temps, d’ailleurs Karine Lebrun a l’impression que "cela ne s’arrête jamais. On pensait faire de la validation de connaissances  pour les éleveurs professionnels, mais on touche en réalité un public plus large".

Attention toutefois, il ne s'agit pas d'une simple formalité : si la formation est à la portée de tous (aucun diplôme n’est nécessaire pour s’y présenter), "le contenu est énorme à absorber pour des gens qui partent de zéro", souligne Karine Lebrun. "Il faut absolument se pencher sur les thèmes et travailler en amont de la formation. Le contenu n’est pas adapté à des personnes qui n’ont jamais côtoyé sérieusement d’animaux. On parle de génétique, de reproduction, de race."

Si la formation n'a pas été pensée comme une initiation mais plutôt comme une validation d'acquis, elle n'est pas destinée à guider ceux qui lancent leur entreprise. "Ceux qui veulent ouvrir une pension pour chiens ou un bar à chats ne trouvent pas d’informations pratiques qui puissent les aider à ouvrir leur entreprise et sont parfois déçus. Mais tous les stagiaires repartent en ayant appris énormément sur nos compagnons domestiques", précise Karine Lebrun. 

Ce n’est pas le cas de Frédéric Aumard qui trouve que "c’est bien de l’avoir fait, ça permet d’officialiser son activité et ça donne aussi une visibilité."

Il relève toutefois quelque peu amusé : "bizarrement, en France, pour travailler avec des animaux il faut passer l’Acaced, tandis que pour faire du baby-sitting avec des humains, on ne demande rien !"

 

A savoir :

Pour se présenter à une formation Acaced, il faut :

  • Avoir 18 ans
  • Suivre les formations en présentiel ou distanciel dans un centre dédié
  • Réussir en fin de formation un QCM de 30 questions passé en 30 minutes – il faut au moins 60% de bonnes réponses
  • Une fois l’Acaced obtenue, il est obligatoire de faire figurer sur le site internet ou la carte professionnelle de contact la mention Acaced. Et cela concerne aussi les pet-sitters non professionnels.