Le jeu des 1000 euros prend ses quartiers dans un village normand reconstruit grâce à la radio

Le jeu des 1000 euros, véritable institution de la radio française, enregistre ce weekend une série d'émissions dans la commune d'Epron. Cette commune, située près de Caen, est surnommée "le village de la radio". Elle a été reconstruite après guerre grâce à un appel aux dons lancé sur les ondes.

 Nicolas Stoufflet anime sur France Inter le jeu des 1000 euros, une émission créée en 1958
Nicolas Stoufflet anime sur France Inter le jeu des 1000 euros, une émission créée en 1958 © Radio France/Maxppp

Il y a cent ans Radio Tour Eiffel voyait le jour et diffusait sur les ondes les premières émissions radiophoniques. Il y a 40 ans, ce sont les premières "radios libres" qui faiaient leur apparition sur la bande FM. Pour célébrer ce double anniversaire, la première édition de la fête de la radio aura lieu toute la semaine du 31 mai.

Parmi les institutions du patrimoine radiophonique, le jeu des 1000 euros figure en bonne place. L'émission, créée en 1958, s'est successivement appelée 100 000 francs par jour, 1 000 francs par jour, le Jeu des 1 000 francs, au gré des changements de monnaie. Covid oblige, l'équipe du jeu radiophonique de culture générale a travaillé ces derniers mois "en distanciel". Là voilà de retour sur les routes de France pour de nouveaux enregistrements en public. Ce weekend elle pose ses valises dans la commune d'Epron pour une série d'émissions qui seront diffusées à partir du 31 mai à l'occasion de la fête de la radio.

C'est la troisième fois que l'émission s'installe dans cette commune de l'agglomération de Caen. Et son retour à l'occasion de la première édition de la fête de la radio ne doit surement rien au hasard, tant le destin d'Epron est intimement lié à ce média. Surnommée "le village de la radio", un slogan qu'elle affiche fièrement sur des panneaux à ses entrées, la commune compte notamment une rue de la RTF ( Radiodiffusion-télévision française) et un square Jean Nohain, qui, avant d'être un pionnier de la télévision, fit ses débuts à la radio. Vues du ciel, la mairie et la salles des fêtes auraient même la forme d'une ampoule de radio.

Epron gagne le tirage au sort

Les habitants d'Epron ne sont pas pris de passion un beau jour pour la radio. Ce sont les auditeurs qui ont fait preuve de solidarité à leur égard au lendemain de la guerre. Durant l'été 1948, Jean Nohain et le journaliste Francis Bernard sillonent les routes de France pour suivre la Grande Boucle. Quatre ans après la Libération, les deux hommes observent un pays qui peinent encore à se reconstruire. Et lancent l'idée d'un appel aux dons pour aider à la reconstruction d'un village français. Le Calvados étant identifié comme le territoire le plus durement touché, le préfet de ce département est chargé de lister une dizaine de communes prioritaires. Au mois de décembre est organisé un tirage au sort sur la scène de la Gaîté lyrique, à Paris. Et c'est Epron qui est l'heureuse élue. La commune est officiellement parrainée par la Radio Télédiffusion Française.

On y revient : Epron, le village de la radio

La collecte de don est lancée et des reportages réalisés sur place auprès des habitants de la commune sinistrée vont susciter un élan de solidarité à travers tout le pays, avec des dons à la fois en espèce mais aussi en nature comme les tonnes de brique et de tuile envoyées par le Comptoir Central de la Terre. Le 5 juin 1949, une grande cérémonie est organisée en présence de Jean Nohain et Wladimir Porché, le directeur de la RTF, pour la pose de la première pierre donnant symboliquement le coup d'envoi des travaux. Cette belle histoire fera l'objet d'un documentaire "Au fil des ondes", réalisé par Pierre Gautherin et avac la participation de nombreuses vedettes de l'époque. Le film sera projeté à Epron, en 1954, à l'occasion de l'inauguration de la salle des f^tes de la commune.

 

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