Les madeleines Jeannette viennent en aide aux migrants de Ouistreham

Pour aider l'association Camo, Michèle Bidault, une des bénévoles, a demandé aux Madeleines Jeannette de lui prêter main forte. Grâce à cette solidarité, elle renfloue tant bien que mal les caisses de l'association.

Par Raphaëlle Besançon

Michèle Bidault, bénévole au Camo (Mouvement ouistrehamais de collecte associative), le collectif d'aide aux migrants de Ouistreham, a eu une idée originale pour aider les réfugiés. Elle a contacté la biscuiterie Jeannette pour lui acheter des madeleines à bas prix et les revendre ensuite. "Ce qui m'a donné l'idée, c'est l'histoire des Jeannette, bien connue localement, qui est une véritable histoire de solidarité, une histoire de survie de l'entreprise", raconte cette retraitée de l'Education nationale, "je trouvais que cette entreprise était porteuse de valeurs, qu'elle rejoignait les valeurs de solidarité du CAMO."
 
La Biscuiterie Jeannette, fondée en 1850 et installée à Caen, a employé près de 400 salariés dans les années 70. Elle n'en comptait plus que 37 en 2013, après un cinquième dépôt de bilan. Le personnel, qui s'est battu pour ne pas tout perdre après la liquidation judiciaire, a occupé l'usine en 2014 et a finalement attiré le repreneur Georges Viana, séduit par leur volonté de poursuivre l'activité de la biscuiterie.
 
Michèle Bidault a vu juste en contactant la biscuiterie. Les Madeleines Jeannette ont tout de suite accepté !
 

Une association en déficit

Un élan de solidarité qui réchauffe les coeurs, à l'heure où l'association peine à trouver de nouveaux donateurs.
 

"Depuis trois mois, on enregistre une légère baisse des recettes. Donc on a accumulé une différence de 2 500 euros sur trois mois. On aurait besoin d'un petit regain de générosité de la part des gens", confie  Marion, secrétaire du Camo, "L'argent que les gens nous donnent, on l'utilise principalement pour la nourriture. C'est aussi pour les vêtements parce que malheureusement, les dons en nature ne suffisent pas à couvrir tous les besoins, notamment en chaussures, en sous-vêtements, en pantalaon. Enfin, la santé et l'hygiène sont des postes très importants comme les achats de vitamine D en période hivernale pour booster les défenses immunitaires. Notre job, c'est de faire en sorte que ces jeunes qui sont là sans ressources puissent manger, se vêtir, se laver, avoir des soins et éventuellement être hébergés."
 
 

C'est un peu la part du colibri et elle a fait des merveilles

L'initiative lancée par Michèle Bidault a remporté un franc succès, dépassant l'objectif initial fixé à 300 boites. "Les premiers acheteurs étaient les bénévoles du CAMO. Mais ils ont eu l'excellente idée d'en parler à leurs amis qui en ont parlé à leurs amis et à leurs collègues de travail," raconte Michèle. Finalement, ce sont plus de 500 boites qui ont été commandées.
 

"Ça a permis de toucher des gens qui jusqu'à présent n'ont pas eu la possibilité de participer aux actions du CAMO et qui se retrouvent très bien là, ils ont l'opportunité d'apporter leur petite pierre à l'édifice. C'est un peu pour ces gens là la part du colibri. Et la part du colobri, elle a fait des merveilles", se réjouit la bénévole.
 
Reportage de Jean-Yves Gélébart, Marie Saint-Jours et Sylvain Ledey

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