"Notre travail est de rêver l'avenir de ce lieu". Quand le cinéma transforme un quartier de Caen

Cinq courts métrages et un making-of du tournage seront projetés au cinéma Lux à Caen, jeudi 29 février, à l'occasion de la transformation du quartier Lorge, passé d'ancien couvent à pôle artistique et culturel.

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Couvent de bonnes sœurs, caserne militaire et aujourd'hui pôle culturel en pleine expansion : le quartier Lorge, niché dans le centre-ville de Caen (Calvados), a eu mille vies. Une évolution au fil des siècles que retrace le film "La ruée vers Lorge", réalisé in situ durant les travaux de réhabilitation. 

"C'est magnifique parce que cette période de travaux ouvre notre imaginaire à tous les possibles. Notre travail, en tant que créateurs, est de rêver l'avenir de ce lieu que les Caennais fantasment", explique Benjamin Hubert, producteur et coordinateur général de l'association KinoCaen, à l'origine du projet.

Au terme de quatre ans de travail, cinq courts métrages et un making of du tournage seront présentés pour la première fois ce jeudi 29 février à 19h30 au cinéma Lux à Caen. La projection sera suivie d'une rencontre avec les cinéastes de KinoCaen. 

Les anciennes écuries pour décor

En effet, Benjamin Hubert a fait appel à six réalisateurs de la région pour raconter l'évolution physique du site, édifié sous l'Ancien Régime. 

Chaque réalisateur a proposé un regard et un genre cinématographique différent pour raconter l'évolution du quartier Lorge.

Benjamin Hubert, producteur

Les onze anciennes écuries, actuellement en chantier, ont servi de décor à la plupart des courts métrages. Arthur Shelton et Nancy Tixier, deux réalisateurs, ont choisi d'y implanter leur conte onirique sur les aventures d'un jeune garçon à l'imagination débordante. 

"On avait envie d’utiliser les écuries comme lieu de refuge pour cet enfant qui se raconte des histoires. Les méchants qu’il invente sont en fait des objets du chantier : des petits outils, des barrières et une pelleteuse", raconte Arthur Shelton, co-réalisateur de "La guerre du fer".

De son côté, Anthony Gandais y a imaginé la future salle de théâtre qui y sera inaugurée par l'association Amavada. Son film d'animation "Éveil Scénique" met en scène de petits monstres animés en pâte à modeler - selon la technique du "Stop Motion" - qui s'entraînent à jouer.

J’avais envie de mettre en avant les associations culturelles qui vont bientôt s'installer au sein des écuries.

Anthony Gandais, réalisateur

Le réalisateur a enregistré les voix de sa fille et de son neveu pour donner vie aux personnages des élèves ; et utilisé la sienne pour celle du professeur de théâtre.

Un projet soutenu par la mairie

La mairie de Caen, séduite par le projet cinématographique, l'a financé à hauteur de 70%. Une manière de valoriser davantage les artistes Caennais, qui auront accès à 2 000 m² d'espaces au sein des écuries réhabilitées du quartier Lorge, d'ici à fin avril.

Situé entre les rues de Bayeux et Caponière, le quartier abrite encore plusieurs services de l'armée, mais également le Fonds régional d'art contemporain de Normandie, la Cité Théâtre et le Studio 24. Un studio de création, rue de Bretagne, où le collectif KinoCaen vient justement d'installer ses bureaux.

"La ruée vers Lorge", projection à 19h30 au cinéma Lux, 6 avenue Sainte-Thérèse à Caen. Entrée gratuite sur réservation.