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En paradressage, cavaliers et encadrement du Team France : sous le signe du travail

« Un 1er concours en demi-teinte, mais on va se remonter les manches ». Fanny Delaval, chef d'équipe en paradressage revient aux affaires après un intermède JEM. Jeunesse des couples : les mois à venir se déclineront sur le mode travail pour José, Vlad, Nathalie, Léa et les autres. Retour en photos.
Vladimir Vinchon avec Philippe Limousin, Ecuyer du Cadre Noir de Saumur.
Vladimir Vinchon avec Philippe Limousin, Ecuyer du Cadre Noir de Saumur. © F-m.L
Vendredi matin sous le soleil, Fanny Delaval, chef d'Equipe de paradressage est sur le terrain lors du premier international de l'année (10, 11 et 12 avril à Deauville). Celle qui est par ailleurs conseillère technique de la Fédération revient aux affaires après un intermède d’un an  : « J’avais été recrutée pour être directeur sportif du paradressage dans le cadre des Jeux Équestres Mondiaux. Et de fait, je devais logiquement me mettre en retrait de mes fonctions dans le Team France ».

Fanny Delaval (2è au 1er rang à partir de la droite) et l'équipe de France de paradressage aux Jeux Olympiques de Londres en 2012.
Fanny Delaval (2è au 1er rang à partir de la droite) et l'équipe de France de paradressage aux Jeux Olympiques de Londres en 2012.

Elle a donc repris sa place, auprès de Alain Soucasse, Directeur Technique adjoint chargé de la discipline. Et les membres de l’équipe ont retrouvé sa rigueur et son franc parler.
Le débrief de vendredi avec les trois premiers passages français de ce regroupement a donné le « la ». « On ne doit pas se satisfaire. Pas plus se dire que c’est pas mal. »
Séance debriefing de Fanny Delaval après la première matinée de compétition.
Séance debriefing de Fanny Delaval après la première matinée de compétition. © F-m.L

A l’issue de leur première manche pour le compte de la coupe des nations (7 pays en course sur les 13 représentés) les résultats sont contrastés. Nathalie Bizet et Odate F.J montent sur le podium en grade IV, José Letartre et Vladimir Vinchon, sont moins chanceux en grade III. Un résultat en demi-teinte analysé avec rigueur mais justesse.

José Letartre sur Ronan Keating. Un couple récemment constitué.
José Letartre sur Ronan Keating. Un couple récemment constitué. © F-m.L

« Certains couples sont très jeunes et c’est à prendre en compte évidemment. » Il est vrai que José vient de rencontrer Ronan Keating ENE-HN. Peu de séances de travail ensemble, cela compte. Vladimir et Tarentino ENE-HN, c’est guère plus ancien. Le cheval été acheté conjointement par Vlad et le Cadre durant l’hiver. « Il faut éliminer absolument les erreurs que l’on peut éviter. Ne pas perdre des points là où c’est plus facilement faisable, comme la rectitude du tracé, gagner sur la précision, l’attitude du cheval. Les juges internationaux aujourd’hui demandent de la légèreté. Des petits points par-ci et par-là, qui font aussi la différence et permettent d’atteindre les 70, notre objectif pour aller à Rio. »

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Parvenir à élever le niveau en compétition, car en stage, ou à l’entrainement avant l’épreuve, ils parviennent à gérer ces aspects. « Avec Alain (Soucasse) et Philippe (Célérier, le coordinateur), nous travaillons étroitement avec un spécialiste de l’optimisation psychologique de la performance. Il est important d’appréhender finement la situation afin de modifier les entraînements. »


Pour autant, l’appréciation n’est pas négative. « Des éléments nous permettent d’être optimistes. José Letartre est toujours le leader de l’équipe, mais il est suivi de près. Vladimir et Tarentino, par exemple : c’est un couple plein de promesses. Les juges apprécient ce hongre. Ils le trouvent intéressant, pour ses allures, sa locomotion, son potentiel. Mais cela représente du travail. Et du temps. Nous n’avons pas comme certains autres pays un réservoir qui permette de tourner sur des chevaux pendant que l’on en prépare d’autres. »

Léa Sanchez, regarde avec grande attention la reprise de José Letartre.
Léa Sanchez, regarde avec grande attention la reprise de José Letartre. © F-m.L

Il y a aussi Léa Sanchez. Elle n’avait pas pu participer aux JEM l’an passé pour une question d’âge; 15 ans cette année, la jeune cavalière apparait comme très prometteuse. « Je me hasarde peu souvent à faire des pronostics. Pour Léa et Rapsody ENE-HN, je pense que je ferai une exception. Elle monte la jument de Nadège Bourdon, Ecuyère au Cadre Noir. Le plan de travail est solide et il faut s’attendre à la retrouver dan les mois à venir ».



Du travail encore et toujours pour une discipline exigeante

Philippe Célérier (1er plan), coordinateur, aux côté de Philippe Limousin, Ecuyer-entraîneur, lors de la détente.
Philippe Célérier (1er plan), coordinateur, aux côté de Philippe Limousin, Ecuyer-entraîneur, lors de la détente. © F-m.L
Les mois qui viennent sont synonyme de travail acharné. Car la discipline, on le sait est très exigeante. « Ce n’est pas comme en concours hippique où l’on est jugé sur les fautes, barres ou refus », ajoute Philippe Célérier, issu de la Garde Républicaine et coordinateur. « La pression sur le carré elle est permanente. Avec des juges sur plusieurs côtés qui observent tout. Et les figures sont elle-mêmes des successions de mouvements. C’est 4 ou 5’ de perfection requise, où la moindre défaut est sanctionné».


Jugés comme des valides

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ils sont notés exactement comme des valides. « Une fois qu’ils sont classifiés », ajoute Fanny Delaval, « on sait ce que l’on attend comme rendu. Selon qu’ils sont dans une catégorie ou dans une autre, ils auront ou non des allures, des figures. Le galop n’intervient qu’en grade III, par exemple. Les cercles au trot et l’incurvation nécessaire sont jugés comme tels. Il n’y aura pas de coefficient modérateur pour venir modifier l’appréciation d’une pirouette. Idem pour le pas en grade IA, quel que soit le handicap de la cavalière ou du cavalier. Un bras ou deux, une jambe ou deux, des problèmes liés à l’infirmité cérébrale ou non… C’est l’exigence du sport, de la compétition et de l’équitation »

Rendez-vous dans deux semaines en Belgique, avant le championnat de France à la fin mai au Haras de Jardy en région parisienne.
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