Prisons : "3 détenus dans une cellule de 9 m2, une situation inhumaine"

Alors que le garde des Sceaux , Eric Dupond-Moretti était à IFS ce matin pour la visite du chantier de la future prison, la situation des établissements normands reste préoccupante. En cause, des établissements vieillissants qu’il est souvent devenu impossible de rénover.

« Elle a plus d’un siècle cette prison et dans les cellules , il y a de l’humidité partout, c’est invivable »

Ce détenu qui vient de purger une peine de quelques mois dans la maison d’arrêt de Caen raconte ses conditions difficiles d’incarcération dans un établissement vieillissant, ouvert depuis 1904. Une prison modèle à l’époque où il n’y avait qu’un détenu par cellule mais voilà, au fil des décennies, le bâtiment s’est détérioré et les prisonniers sont devenus de plus en plus nombreux

"On a eu jusqu’à cinq détenus dans des cellules de 16m2" raconte Jacques Martial, avocat caennais et président de l’association pour la défense des Droits et de la dignité des détenus et de leur famille, "c’est l’absence d’eau chaude, c’est le chiotte qui n’est pas isolé du reste de la cellule et vous faîtes vos besoins devant vos collègues, c’est humiliant, c’est la double peine, ce ne sont pas que les conditions matérielles, c’est l’ensemble des conditions de vie."

Des prisons qui datent du 19ème siècle, bondées et insalubres

En Normandie, 4 des 10 prisons ont été construites au milieu du 19ème siècle. Le centre pénitentiaire de Caen est même encore plus ancien, il a accueilli ses premiers prisonniers en 1696. La situation d’insalubrité est telle que des détenus ont fait condamner l’Etat par la Cour européenne pour atteinte à la dignité humaine. Un avocat caennais n’hésitait pas récemment à parler de « torture » infligée aux prisonniers.

10 prisons en Normandie et des vocations différentes

Actuellement en Normandie, on compte 10 prisons répertoriées en maison d’arrêt, centre de détention et maison centrale pour la prison de Condé sur Sarthe. Cette dernière est le lieu le plus sécurisé du pays avec une centaine de détenus parmi les plus dangereux de France et pas moins de 200 surveillants. La Normandie bénéficie toutefois de programmes de rénovation comme le projet d’Ifs ou doivent être transférés les quelques 400 détenus de la maison d’arrêt de Caen et celui de Cherbourg où les cellules seront rénovées. A Cherbourg, ce projet à 2,5 millions d’euros devrait permettre à 78 détenus de trouver un peu plus de confort dans un bâtiment ouvert depuis 1862.