Ce que pensent les élus normands de la campagne de vaccination Covid

Les premiers Normands ont pû être vaccinés cette semaine, un début de campagne chaotique dénoncé par de nombreux élus Normands. Les 25 000 doses prévues chaque semaine en Normandie suffiront-elles à éteindre les critiques sur la gestion de cette vaccination ?  

Illustration. Deux sites pharmaceutiques de Val-de-Reuil (Eure) seront impliqués dans la distribution des futurs vaccins contre le Covid-19.
Illustration. Deux sites pharmaceutiques de Val-de-Reuil (Eure) seront impliqués dans la distribution des futurs vaccins contre le Covid-19. © Jean-François Frey

La Région Normandie prête à acheter des vaccins

Hervé Morin, le président (les cenristes) du Conseil régional de Normandie nous l'a confirmé aujourd'hui : "nous sommes en discussion avec deux laboratoires pour l'achat de doses. Notre souhait, c'est de pouvoir vacciner 500 000 Normands à partir de début avril. Les personnes concernées seront les 40/60 ans qui représentent les forces vives de la Région afin de relancer l'activité économique". La région se propose d'être "complémentaire de la vaccination organisée par le gouvernement".

Il faut réquisitionner les gymnases et les salles de concerts

Qu'il s'agisse de Nicolas Mayer-Rossignol, maire (PS) de Rouen ou de Joël Bruneau, maire (LR) de Caen, les élus des grandes villes de la Région souhaitent mettre en place des grands centres de vaccination dans leurs agglomérations pour une vaccination massive.

"Il faut que l'on vaccine plus fort, plus vite" déclare Nicolas Mayer-Rossignol qui fait une proposition : "j'ai contacté l'agence régionale de santé pour qu'on utilise le 106, un bâtiment sur les quais de Rouen qui accueille habituellement des concerts, il est idéalement situé pour les transports en commun, il y a des parkings, c'est un endroit idéal comme centre de vaccination". L'Elu connait bien les problèmes de logistiques puisqu'il a occupé pendant 5 ans le poste de responsable du secteur des médicaments biologiques à la commission européenne.                    

Joël Bruneau, le maire de Caen, partage l'avis de son homologue de Rouen "J'ai proposé à Olivier Veran , le ministre de la santé de mettre des gymnases à la disponibilité de l'Etat, il m'a répondu qu'il ne souhaitait pas ouvrir de vaccinodromes ...il faut arrêter de céder à la pression des anti-vaccins car un vaccin est toujours moins dangereux qu'une épidémie, il faut vacciner massivement et rapidement afin que nous sortions de cette crise sanitaire qui engendre toute sorte de difficultés avec notamment des gens qui vont perdre leur boulot".

Les Vaccinodromes ne sont pas la solution

"Concentrer des milliers de personnes dans des lieux confinés comme des gymnases constitue un risque majeur de contamination" selon Bruno Questel, député LREM de L'Eure qui pense que "vacciner toute la population en même temps n'est pas une garantie qu'on aura la bonne solution, aujourd'hui, on est dans un pays où les gens peuvent encore travailler, où les écoles sont ouvertes", concernant l'arrivée des doses de vaccin , il se veut rassurant "on sait que l'approvisionnement va aller crescendo mais malgré tout on ne va pas pouvoir vacciner toute la population, faire croire le contraire est totalement irresponsable, mais il est vrai que nous sommes à moins de 6 mois des élections régionales".

Ne pas entretenir une peur du vaccin

Pour Agnès Firmin-Lebodo, députée (Agir) de Seine Maritime et pharmacienne au Havre : "il faut accélérer la vaccination pour ne pas générer de l'incompréhension et de la crainte qui pourraient faire peur aux personnes favorables au vaccin. Tous les professionnels de santé sont prêts à prendre part au déploiement. Ce qui est rassurant dans toute cette polémqiue, c'est que ceux qui critiquent la lenteur de la mise en route sont favorables à la vaccination, çà fait plus de 50% et donc, là, c'est plutôt une bonne nouvelle".                                      

Après la course de lenteur, ils ont compris qu'il fallait accélérer

On ne peut pas appuyer sur le frein et sur l'accélarateur en même temps estime Sébastien Jumel, député (PCF) de Seine-Maritime, "sous la pression, Macron et le Gouvernement semblent avoir enfin compris qu'il fallait accélerer. Il n'est pas pensable que la France soit le dernier de la classe en Europe. Le vaccin est le seul horizon pour cette crise, dans les mois à venir, pour espérer revivre pleinement. Je me suis battu pour que notre territoire de Dieppe soit traité à l'égale des métropoles mais il faut mettre en place un centre de vaccination qui aura pour vocation de vacciner tous les volontaires à partir de Février, reste à savoir si les doses suivront...."

Faire appel à l'armée pour la vaccination ?

Nathalie Goulet, sénatrice (UDI) de l'Orne pense qu'il faut faire appel à l'Armée pour mettre en place une vaccination de masse : "Je propose qu'on utilise le service national des armées pour organiser toute la logistique, dans le cadre d'une opération de vaccination de cette envergure. Il s'agit d'organiser une opération de santé publique comme on n'a jamais eu depuis des décennies et l'idée, en faisant appel à l'armée, c'est d'organiser la logistique pour toute la population".

La Risée de l'Europe ?

Alors que 25 000  doses de vaccins arriveront chaque semaine en Normandie, la logistique se met en place avec l'ouverture de 5 centres hospitaliers de Références dans chacun des départements Normands mais pour Nicolas Bay, député Européen et Chef de file du rassemblement national dans la région , la France a pris du retard : "comme pour les masques et les tests, le gouvernement raconte n'importe quoi et échoue lamentablement. Il prétentait être prêt pour assurer 1 million de vaccins en janvier, résultat, nous sommes la risée de l'Europe. Cette impréparation va accroître la défiance et l'exaspération des Français à l'égard de Macron et de son Gouvernement" assène le député.

 

 

 

 

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