A Cherbourg, élus locaux et industriels en première ligne pour sauver le projet éolien

A l'occasion des assises des énergies marines renouvelables, industriels et élus locaux ont tiré la sonnette d'alarme. Il craignent que l'Etat ne tue dans l'oeuf cette filière prometteuse d'emplois très en retard en France.  

Par EF avec AFP

"Il est urgent de tirer la sonnette d'arlame. Il faut éviter un immense gâchis" lance Hubert Dejean de la Batie, vice-président (Nouveau Centre) de la région Normandie en pleine session des assises des Energies marines Renouvelables. Voilà l'Esprit et la Lettre de l'"appel de Cherbourg" lancé mardi 12 juin par une soixantaine d'industriels et d'élus de collectivités locales. Ce qui inquiète les professionels de la filière et les élus, c'est la volonté du gouvernement d'annuler les six premiers projets de parcs éoliens au large des côtes françaises en cas d'échec des négociations sur les tarifs de rachat d'éléctricité.

Il est urgent de tirer la sonnette d'arlame. Il faut éviter un immense gâchis

 

Interview de Sylvain Rouil



 

Ces annulations "briseraient la dynamique de l'ensemble de la filière" selon l'appel signé par les porteurs de projets EDF(trois parcs), Engie (deux arcs), Iberdrola (un parc), Siemens-Gamesa ou GE, mais aussi Bouygues TP, Vattenfall ou amateurs Franec, ainsi que le maire de Bordeaux et le climatologue Jean Jouzel.
 

Ces annulations briseraient la dynamique de l'ensemble de la filière


Au Havre et à Cherboug les industriels mettent en suspens leurs projets

"Nous avons estimé qu'il y a 15 000 emplois directs" liés à ces six parcs a estimé Jean-Louis Bal, le président du SER, le Syndicat des Energies Renouvelables.

Filipo Cimitan, président de la Siemens-Gamesa Reneweable Energy France a suspendu ses projets d'usines de construction d'éoliennes au Havre avec 750 emplois à la clé, dans l'attente de la renégociation tarifaire qui doit aboutir fin juin ou début juillet.

Duncan Berry, PDG de LM Wind Power parle d' "une centaine d'emplois d'ici la fin de l'année"seulement sur les 550 promis dans l'usine de pales d'éolinnes que son entreprise est en train de finir à Cherbourg, au delà "ça dépend du marché".


L'état se veut rassurant


La volonté du gouvernement d'obtenir des prix "très significativement inférieurs (...) n'est pas un moment agréable pour la filière mais cela va permettre d'accélérer son développement", a estimé durant les assises Olivier David sous-directeur des énergies renouvelables au ministère de la Transition énergétique.L'État justifie cette renégociation par le fait que les prix ont baissé ces dernières années. "Vous ne pouvez pas demander à une industrie, en phase initiale (en France ndlr), les même performances que celles qui ont 25 ans d'expérience. Il va falloir qu'onpasse par une période où l'éolien offshore sera un peu plus cher", répond M. Dejean de la Batie. "En gros c'est Bercy qui va décider. Quand il s'agit de sujets stratégiques, c'est jamais bon", croit savoir le vice-président de la région Normandie.

Reportage Sylvain Rouil et Layla Landri

 


Hubert Dejean de la Bâtie: Vice-président de la Région Normandie

Laurent Schneider-Maunoury: Président Naval Energies
 

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