Coronavirus, les couturières s'inquiètent : un test est-il obligatoire pour vendre des masques en tissu

Depuis le 26 avril 2020, l'Etat impose aux entreprises d’effectuer une série de tests sur les masques en tissu avant de les commercialiser. Ces essais concernent-il les couturiers ? Pas de panique. Ce protocole n'est pas obligatoire pour les artisans. Explications.

Les masques artisanaux doivent-ils faire l'objet de tests en labo ? Les couturières s'interrogent.
Les masques artisanaux doivent-ils faire l'objet de tests en labo ? Les couturières s'interrogent. © DR
Depuis quelques jours, des couturières ont choisi de ne plus vendre leurs masques en tissu. La raison ? Une note ministérielle du 29 mars 2020, mise à jour le 26 avril, impose la réalisation d'un protocole de tests de respirabilité et de filtration, avant de mettre en vente des masques de protection. 

Le texte indique : « tout fabricant ou importateur mettant (d)es masques sur le marché doit préalablement faire réaliser des essais (…) démontrant les performances de ses masques ».
 

Des tests pour tous les masques ?

Emma Raimbourg est passionnée de couture. En parallèle de son activité d’hôtelière, cette Rouennaise confectionne des accessoires en tissu en tant qu’auto-entrepreneur. Depuis un mois, elle réalise 15 à 25 masques en tissu par jour, en suivant les recommandations de l’Association française de normalisation (AFNOR). Inquiète à l’idée d’avoir confectionné et vendu des masques sans avoir effectué de tests, la couturière a préféré interrompre la vente. « C'est à nos risques et périls. Je ne veux pas qu’on me reproche d’avoir cousu des masques non-homologués », lance la créatrice normande.

« L’Etat n’a aucune volonté d’empêcher les couturières de faire des masques, c’est un travail formidable que l’on encourage », explique Yves-Marie Cann, conseiller communication d'Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie.

Afin de clarifier la situation, Agnès Pannier-Runacher a fait « une mise au point » sur son compte Twitter, le 4 mai 2020. Au micro d’Europe 1, la secrétaire d'Etat affirme : « il n’est pas nécessaire lorsqu’on est artisan de faire ce test ».
 


Masques grand public et masques barrières

Le protocole de tests en laboratoire ne concerne que les « masques grand public ». Il s'agit des protections en tissu fabriquées à grande échelle par les industriels. Une fois les tests réussis, le logo « filtration garantie » et « testé X lavages » peut être apposé sur le produit.

Yves-Marie Cann du cabinet de la secrétaire d’Etat insiste : « les tests ne sont pas obligatoires » pour les masques en tissu confectionnés par des couturiers. Ces protections artisanales sont appelées « masques barrières ». Ils peuvent être vendus sans subir cette batterie de tests. 
 

« Les masques cousus par Monsieur ou Madame Tout le monde, ne font pas l’objet de tests en laboratoire mais respectent les spécifications de l’AFNOR », Yves-Marie Cann, conseiller communication de la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher
 

Pas de tromperie sur la marchandise

Les couturières peuvent donc continuer à vendre leurs masques à condition de ne pas mentir sur la marchandise. « Il faut adapter ses arguments de vente à la réalité du produit », précise Yves-Marie Cann. Les réalisations artisanales doivent être commercialisées sans la présence des pictogrammes mais en mentionnant que les spécifications et recommandations de l’AFNOR sont respectées (patron et tissus conformes).

« J'ai l'intention de me remettre à produire parce que j'ai énormément de demandes », s'enthousiasme la couturière Emma Raimbourg. Incertaine de reprendre la vente tout de suite, la jeune femme de 24 ans ajoute : « les créatrices ont besoin d'être rasurées avec la publication d'un document officiel ».

La base de données des matières mise en ligne par l'association détaille la nature des tissus utilisables pour confectionner un masque. L'AFNOR s'éfforce de faciliter la lecture de cette liste de textiles. Dans les prochains jours, l'association prévoit de « proposer une sélection de tissus encore plus précise » en fournissant les « recommandations les plus pragamatiques », annonce Olivier Gibert de l'AFNOR.
 
« Les deux premiers tests de respirabilité et de filtration sont gratuits », rappelle le conseiller communication d’Agnès Pannier-Runacher. Sur le principe, rien n’empêche les couturiers d’effectuer ces tests, dirigés par la Direction générale de l’armement (DGA) et pris en charge par la Direction générale des entreprises (DGE). Le cabinet de la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie rassure : en respectant des recommandations de l'AFNOR, les masques artisanaux assurent « un bon niveau de filtration » .
 
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