Coronavirus : les maternités renforcent les mesures de sécurité

Elles s'appretent à donner la vie, dans quelques jours, ou semaines. Les femmes enceintes doivent elles aussi se conformer au confinement. Une mesure qui peut s'ajouter au stress d'une grossesse. Pour les maternités, les réglements internes sont renforcés afin de limiter les contacts extérieurs.

Les femmes enceintes doivent elles aussi se conformer au confinement
Les femmes enceintes doivent elles aussi se conformer au confinement © Maxppp/Belpress
Elle est enceinte de 8 mois, et depuis ce midi, comme le reste de la population française, Mathilde est confinée chez elle.

Pas un grand changement, pour cette trentenaire déjà maman d’un petit garçon de 4 ans, et qui était en congés maternité depuis plusieurs semaines. « La seule chose, c’est que j’aurai mon fils avec moi, jusqu’au terme de ma grossesse puisque l’école est fermée ».

« Nous allons rester tranquillement chez nous… Préparer la chambre pour l’arrivée de la petite sœur, et préparer notre jardin, pour l’arrivée du printemps !»
En raison d’une cardiopathie, et d’une insuffisance pulmonaire, la grossesse de Mathilde est considérée comme pathologique. A ce titre, elle est suivie par le CHU de Rouen.
Pour le moment, seul mon cours de préparation à la naissance a été annulé. Les autres rendez-vous sont maintenus.

Des consultations reportées

Une information confirmée par le Professeur Loïc Marpeau, gynécologue, et président de la CME (Commission Médicale d’Etablissement).
« Tous les rendez-vous non urgents sont reportés. Nous ne maintenons que les consultations nécessaires. Les femmes ne peuvent être accompagnées que d’une seule personne : le 2ème parent. »

Certaines consultations se font par téléphone, quand cela est possible. Même les échographies de milieu de grossesse sont reportées. Elles peuvent de toute façon être réalisées entre 19 et 25 semaines de grossesse. Le Professeur Marpeau rappelle d’ailleurs que beaucoup de pays dans le monde, ne considèrent pas cet examen comme nécessaire. Le risque cependant est de créer un embouteillage dans quelques semaines, à force de multiplier les reports.

Un seul visiteur autorisé

La maternité de Rouen a donc elle aussi adapté son règlement interne aux consignes du président de la République. Le personnel (tout comme dans la totalité du CHU), est masqué.

Pour les femmes hospitalisées dans l’Unité de Grossesse Pathologique ou dans celle de suivi de couche, et en salle de naissance, seul le 2ème parent est autorisé, avec un port du masque obligatoire.
Dans le service, les mineurs ne sont plus autorisés (depuis plus d’une semaine déjà). Les grands frères et les grandes sœurs devront donc attendre le retour de bébé à la maison pour faire sa connaissance !

Et c’est finalement ce qui préoccupe le plus Mathilde : «  Depuis des semaines, nous préparons notre fils à l’arrivée de sa petite sœur. Il a déjà un petit cadeau pour lui souhaiter la bienvenue… Nous avons beaucoup fantasmé et imaginé le moment de cette rencontre, qui ne se fera pas comme nous l’avions imaginée, et cela m’attriste »

Le Belvédère renforce son règlement 

Suite à une réunion de crise ce lundi matin, la direction de la maternité du Belvédère à Mont-Saint-Aignan, a décidé de durcir d'avantage encore son réglement afin de limiter les risques de contagion du COVID-19,  et de se conformer au confinement.

Dès aujourd'hui, les femmes qui doivent réaliser des échographies obstétricales  en consultations externes doivent venir seules. La présence du papa (jusqu'à présent tolérée), n'est plus autorisée.
Pendant toute la durée de l'hospitalisation, seule une personne est autorisée ( toujours la même).

En salle de naissance, seul le papa est autorisé ( port du masque et prise de température obligatoire). "Nous avons mis le WI-FI en accès gratuit pour tous afin que les mamans puissent avoir une connexion internet pour présenter leur bébé au reste de la famille" présice Yves Bloch, directeur du centre hospitalier du Belvédère.

"Par ailleurs, nous incitons au télétravail, pour toutes les fonctions supports. Les opérations programmées et non urgentes sont reportées. Nous sommes clairement en baisse d'activité" ajoute t'il.

A la pouponnière qui prend en charge 30 enfants placés par les services de l'Aide Sociale à l'Enfance, les visites ne sont plus autorisées non plus. Le personnel médical et social maintiendra les liens familiaux grâce au support numérique.

Moins peur qu'au moment de l'incendie de Lubrizol

Pas de stress cependant, chez Mathilde, la future maman, qui sait qu’au moindre symptome de Coronavirus, elle sera testée et prise en charge par les Urgences, car elle est considérée comme population à risque. «  J’avais plus peur au moment de l’épisode Lubrizol, car avec le gros nuage noir, la menace était plus visible, et je n’en étais qu’au début de ma grossesse »
Et de finir, le sourire dans la voix : « Mon plus gros stress finalement, c’est que nous n’avons pas encore trouvé le prénom de notre bébé ! » 
 

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