Coronavirus : les victimes de violences conjugales confinées avec leur conjoint(e) violent(e)

Publié le Mis à jour le
Écrit par Anaïs Lebranchu
© © Valérie Vrel PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Le confinement va être une épreuve difficile pour les victimes de violences conjugales. Isolées avec leur conjoint(e) violent(e), il sera difficile pour elles d'appeler les numéros d'urgence. Gouvernement et associations insistent : quoi qu'il arrive, elles peuvent fuir. 

La consigne est donnée : "pendant quinze jours au moins" nous devons limiter un maximum nos déplacements, et ainsi, rester chez nous.

"C'est quelque chose qui nous fait peur" témoigne Sylvie Dumont-Prieux dit Betty, présidente de l'association Nous Toutes 14 qui aide les victimes de violences conjugales.

La difficulté dans cette situation, c'est de se retrouver confinée avec un conjoint violent la plupart du temps avec ses enfants (Sylvie Dumont-Prieux dit Betty)

Pour l'instant, Betty n'a reçu aucun appel de détresse depuis le confinement. Le risque, c'est que les victimes n'osent plus demander de l'aide. "Généralement, elles attendent d'être seules à leur domicile pour nous appeler" explique-t-elle, "dans ce cas de figure, le conjoint violent reste dans le foyer". 
  

"Ne pas se sentir seul(e), isolé(e) et dépourvu(e) de moyen pour fuir"

Comme l'a rappelé Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, sur twitter : les numéros d'urgence (39 19, 17, 112 et 119) restent actifs.

De plus, le ministère de la justice a décidé que les audiences pour éviction du conjoint violent ou celles des enfants en danger sont maintenues pendant le confinement.
 

 "Ils ne faut pas que les victimes se sentent seules, isolées ou dépourvues de moyen pour pouvoir fuir" explique Betty, "bon nombre d'acteurs sur le terrain restent motivés pour leur venir en aide". En effet, les associations locales d'aide aux victimes restent les principaux interlocuteurs pour les victimes grâce à un maillage solide. 

Il existe des centaines d'associations et de centres d'hébergement d'urgence pour les victimes de violences conjugales en France.
 

Betty en appelle aussi à la solidarité collective : 

Chacun est à son domicile, on doit être vigilant à ce qu'il se passe à côté

Appliquer un plan d'état d'urgence pour lutter contre les violences conjugales ?

L'Espagne, où les habitants sont également en confinement depuis le 9 mars, a lancé un plan d'urgence pour lutter contre les violences conjugales pendant le confinement.

"J'espère que la France pourra en tirer tout profit et pourra l'appliquer pour notre pays" explique Betty. 

Avec ce plan, un service d'assistance psychologique en ligne avec assistance et d'un service de messagerie instantanée avec géolocalisation ont été créés.

Pour l'instant en France, les victimes peuvent envoyer un mail pour demander de l'aide. "Au moins, ça ne fait pas de bruit" conclue Betty. 

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