Essais à 200 km/h pour les futurs trains normands

Publié le Mis à jour le
Écrit par J.-B.P.

Les essais se poursuivent pour les prochains trains Intercités Paris-Normandie à Velim en République Tchèque, ils sont testés à 200 km/h, leur vitesse maximale. Le président de la Région Hervé Morin, des représentants de la SNCF et du constructeur Bombardier s'y sont rendus mercredi 19 décembre. 

Les futurs trains normands ont atteint pour la première fois les 200 km/h, leur vitesse de pointe, au beau milieu de la campagne tchèque. Ces rames de la série "Omneo"ont été acheminées depuis les ateliers de construction de Crespin dans le Nord. "Se rendre à Velim pour cette campagne d'essais des futurs trains Paris-Normandie est crucial dans le plan de développement de ce matériel." selon les mots d'Emmanuel Cacheux, le directeur du projet pour le constructeur canadien Bombardier. 

Vivez les essais des futurs trains normands à 200 km/h à Velim en République Tchèque : 
 
Essais des futurs Intercités normands à 200 km/h ©France 3 Normandie

Sur cette boucle de test unique en Europe, les ingénieurs sont venus valider tous les calculs du bureau d'étude : le souffle en bord des voies, la traction, le bruit au freinage, les phases de démarrage, de passage, le comportement dans les courbes. 

Le président de Bombardier France, Laurent Bouyer précise : "Ce créneau d'essai a été réservé il y a un an, tous les plus grands constructeurs mondiaux et concurrents se rendent au centre de Velim".
Pourquoi Velim en République tchèque ©France 3 Normandie

L'essai le plus important pour les futurs trains Paris-Normandie est le freinage d'urgence. Ce test permet d'évaluer la distance de freinage, le comportement du train, sa trajectoire et s'il ne risque pas de dérailler. 

Les explications d'Emmanuel Cacheux, directeur du projet des trains "Omneo" pour Bombardier : 
 
Le freinage d'urgence ©France 3 Normandie
Ce test est aussi l'occasion de se familiariser avec le nouvel intérieur de ces futurs trains.

Voici l'espace réservé aux passagers de seconde classe, les détails avec Thomas Coppenolle, directeur des essais chez Bombardier :  
Essai Trains Velim ©France 3 Normandie

Comment lutter contre les retards ? 

Au-delà de ces nouveaux équipements, les passagers des lignes Paris-Normandie souhaitent surtout des trains à l'heure. "Il faut résoudre tous les problèmes rencontrés à Paris-Saint-Lazare" affirme Jean-Philippe Dupont, directeur régional SNCF.

Le choix de cette nouvelle génération d’Intercités permettra déjà par leur configuration technique d’éviter les retards. Ils seront équipés de deux motrices, une à l’avant et une autre à l’arrière, ces rames sont donc réversibles. Avant, il n'y avait qu'une locomotive. Ce dispositif permettra de réaliser « un crochet court » en gare de Paris-Saint-Lazare, c'est à dire une vingtaine de minutes d'attente avant un nouveau départ.

A cela s'ajoute le nouvel atelier de maintenance prévu en 2020 à Sotteville-lès-Rouen qui permettra d'éviter aux trains normands l'obligation d'être acheminés à la maintenance de Clichy. "Actuellement, avant de repartir, les trains normands coupent quatre fois les lignes des 1400 trains d'Ile-de-France : une première fois quand ils arrivent de Normandie, puis pour aller et revenir de Clichy et enfin pour repartir de Paris. Cette situation provoque des retards et des mises à quai tardives" précise Jean-Philippe Dupont. 

Autre objectif à atteindre dans les années 2020 : construire un "saut de mouton" à Paris-Saint-Lazare
 
Lutter contre les retards des Intercités ©France 3 Normandie
Si la construction à Paris-Saint-Lazare d'une infrastructure type "saut de mouton" est validée, la question de son financement demeure. Il faudrait convaincre la Région Ile-de-France d'investir dans cet équipement et l'Etat serait de nouveau sollicité. Cette infrastructure est essentielle pour permettre aux trains normands de circuler en-dessus ou en-dessous des rames d'Ile-de-France et ainsi de minimiser au maximum le risque des retards.

La Région Normandie, autorité organisatrice des trains Intercités : Le pari d'Hervé Morin

A partir de 2020, la Région devra donc assumer la gouvernance des trains Intercités entre Paris et la Normandie et organiser la gestion du cadencement, des horaires et des équipements. C'est la résultante de l'accord signé en avril 2016 entre Hervé Morin et le Premier ministre Manuel Valls. En échange, l'Etat finance ces 40 nouvelles rames. 

Le 14 décembre dernier, Jean-Luc Léger, président du Conseil économique social et environnemental régional (CESER) de Normandie a fait part de ses nombreuses interrogations quant aux risques financiers autour de cette nouvelle compétence acquise par la Région Normandie. La collectivité héritera d'un déficit d'exploitation annuel de 25 millions d'Euros. "Les marges de manœuvre sont réduites. L'augmentation du prix du billet est une piste à la disposition du président de région. Mais nous ne l'encourageons pas. La fiscalité est une autre piste, mais politiquement, ce n'est pas dans l'air du temps. Il reste à solliciter l'Etat qui est aussi budgétairement contraint...",  selon les mots de Jean-Luc Léger. 

Lors de ce voyage à Velim, Hervé Morin lui répond : 
 
"c'est un risque à prendre" ©France 3 Normandie

Les premiers trains de la nouvelle génération des Intercités doivent être mis en service au premier trimestre 2020. 

En 2019, le budget de la Région consacré aux transports représentera 797 millions d'Euros, soit 40 % des dépenses de la collectivité, contre 31 % en 2018. 




 


 
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