Attaque d'un fourgon pénitentiaire : qui est Mohamed Amra, l'homme le plus recherché de France

Un fourgon pénitentiaire a été attaqué ce mardi 14 mai au péage d'Incarville dans l'Eure. Deux agents pénitentiaires ont été abattus. Le prisonnier évadé est Mohamed Amra. Lié au grand banditisme, il a été condamné à de nombreuses reprises.

Qui se cache derrière Mohamed Amra, l'homme le plus recherché de France ? Comment cet homme de 30 ans, a-t-il plongé dans le grand banditisme ?

Surnommé "La Mouche"

"La Mouche", comme il est surnommé, est très connu de la justice. À son casier judiciaire : 13 condamnations, pour entre autres des vols aggravés... La première, en 2009, lorsqu'il a 15 ans. Mais aucune, pour une affaire de drogue.

Pourtant, selon une source proche du dossier, Mohamed Amra, serait aujourd'hui à la tête d'un réseau de trafic de stupéfiants. Il est soupçonné d'avoir commandité plusieurs meurtres.

Détenu depuis janvier 2022, il était incarcéré à la maison d'arrêt d'Évreux, en exécution de plusieurs peines : notamment des vols aggravés par effraction et violence avec arme. 

Il a été mis en examen dans deux affaires : l'une pour tentative d'homicide, à Saint-Étienne-du-Rouvray en Seine-Maritime, l'autre pour enlèvement et séquestration ayant entraîné la mort près de Marseille.

Là-bas, Mohamed Amra, a été incarcéré, ainsi qu'à Paris. Sa dernière condamnation remonte au 7 mai 2024 par le tribunal d'Évreux où il a été condamné à 18 mois d'emprisonnement pour plusieurs vols par effraction.

Fuite ou enlèvement ?

Les faits s'étaient déroulés en 2019 dans l'Eure. Avec un complice, il a commis plusieurs vols dans des entrepôts d'enseignes de sport ou d'électroménager. Son casier judiciaire comporte une dizaine de mentions de vols et de refus d'obtempérer. Il a également commis des faits en étant mineur.

Quelques jours avant l'attaque du fourgon, il a tenté de scier les barreaux de sa cellule, à la maison d'arrêt d'Évreux.

Retrouvez le parcours de Mohamed Amra dans cette vidéo de notre journaliste Théo Thomas : 

durée de la vidéo : 00h02mn09s
{} ©France télévisions

Contrairement à ce qui était indiqué dans un premier temps par le parquet de Paris, cet homme n'était pas classé détenu particulièrement signalé (DPS), selon l'administration pénitentiaire. Il était classé escorte 3, selon cette même source, ce qui signifie cinq agents dont un officier.   

Un homme originaire du quartier La Sablière

Selon nos informations, Mohamed Amra serait aujourd'hui le père d'un jeune garçon. Avant de devenir parent, le fugitif est né et a grandi à Rouen. Il était scolarisé au collège Jean-Lecanuet, rive gauche.

Nous avons rencontré un homme qui l'a côtoyé dans sa jeunesse, qui souhaite rester anonyme. Tous les deux, habitaient dans le quartier de "La Sablière" à Rouen :

"C'était un gamin qui aimait bien faire le clown, se faire remarquer mais il n'était pas du tout dans un rapport de force. Il était scolarisé en 3e et puis ça ne s'est pas forcément très bien passé au niveau de sa scolarité et après il a totalement décroché. Il a fait un certain nombre de bêtises, rien d'extraordinaire mais il essayait de tester, de défier l'autorité."

"Un pur produit de la start-up de trafic de stupéfiants"

Pour Frédéric Ploquin, spécialiste du grand banditisme, Mohamed Amra est "un pur produit de cette start-up que représente aujourd’hui le trafic de stupéfiants en France. Si on devait dire que le trafic de stupéfiants engendre des monstres parfaits, en voilà un".

Le profil est le même à chaque fois, selon ce spécialiste. "Entrer dans la délinquance vers 14-15 ans, débuter par des petits vols, passer à l’échelle supérieure avec des vols avec violence, et puis, aspiré par cette machine criminelle phénoménale qu’est le trafic de stupéfiants, devenir quelqu’un en un temps record."

Retrouvez l'entretien de Frédéric Ploquin, interviewé par Frédéric Nicolas :

durée de la vidéo : 00h04mn46s
{} ©France télévisions

Jeudi 16 mai 2024, Mohamed Amra et ses complices sont toujours en fuite. Les circonstances de son évasion restent floues. Fuite, ou enlèvement ? L'enquête devra le déterminer.