Attaque mortelle d'un fourgon pénitentiaire : "C'est un assassinat", dénonce le père d'une des victimes

Arnaud Garcia, 34 ans, est l'une des victimes tuées dans l'attaque d'un fourgon dans l'Eure, par des complices de Mohamed Amra. Son père, Dominique, a accepté de répondre aux questions d'une équipe de France Télévisions.

"J'arrive à la maison vers midi. On me dit : regarde la télé, il y a un petit souci, Arnaud ne répond pas au téléphone. Je vois deux morts, trois blessés. J'appelle sur son portable. Personne. Rien." Dominique Garcia, ancien gendarme, tente alors de contacter l'administration pénitentiaire à Rennes."Au bout de 10 minutes, le téléphone sonne. J'entends une voix que je reconnais comme celle de M. Dupont-Moretti. Je me dis : ça y est."

Arnaud Garcia est bien l'un des deux agents tués dans l'attaque d'un fourgon pénitentiaire au péage d'Incarville dans l'Eure. Il avait 34 ans. 

Arnaud a, à sa manière, marché dans les pas de son père. "Mon fils, je suis très fier de lui. Il a gravi les échelons. Il a commencé à l'école d'agents pénitentiaires. Il a fait Grasse, Argentan et Caen. Il a voulu rentrer dans l'équipe d'intervention d'extraction judiciaire, comme moi quand j'étais dans la gendarmerie", raconte Dominique Garcia. "C'était pire qu'une vocation. Il était à fond là-dedans. Il se plaisait dans son truc. Il avait rencontré de très très bons collègues. Il avait la chance d'avoir une femme agréable. Il était heureux de vivre. Il avait tout réussi." 

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{} ©France télévisions

"Et la bulle a explosé"

Ce mardi 14 mai, Dominique Garcia a perdu son fils unique. "On avait déjà perdu une fille avant lui. On lui a consacré toute notre vie. Ma carrière de gendarme s'est faite par rapport à lui pour les mutations. Je l'ai mis dans une bulle toute sa vie. Et la bulle a explosé."

Mais l'ancien gendarme pense avant tout à sa belle fille, "dévastée", la compagne d'Arnaud. "Quand il a réussi le concours (de l'équipe d'intervention d'extraction judiciaire), il s'est dit : impeccable, j'aurais mes week-ends et les mercredis pour m'occuper de notre bébé. Ils attendaient cet enfant depuis huit ans. Il ne verra pas son bébé. Je tâcherai de l'élever, avec la maman, comme on l'a fait pour notre fils."

Comme bon nombre d'agents pénitentiaires, Dominique Garcia s'interroge. "J'ai toujours fait confiance à la justice mais avec tout ce qu'il (Mohamed Amra) avait fait, pourquoi n'ont-ils pas fait une visioconférence ? Pourquoi sortir un gars d'une maison d'arrêt pour l'emmener dans un tribunal ?"

"Sans leur laisser de chance"

L'ancien gendarme ne veut cependant rejeter la faute sur personne. À l’exception des hommes qui ont enlevé la vie de son fils.

"Pour moi, c'est un assassinat parce qu'il y avait préméditation", tranche le père d'Arnaud Garcia, "J'ai été pris en otage, je sais ce que c'est. De vrais professionnels auraient arrêté les agents, les auraient enfermés dans le fourgon. Qu'ils partent avec leur comparse, ce n'est pas mon problème. Là, ils les ont tués à bout portant, sans leur laisser de chance." 

Dominique Garcia l'assure : "tout ce qu'on souhaite, c'est que les auteurs soient arrêtés, placés en détention et après la justice fera le reste. Mais jusqu'à présent, il y a encore un grand pas avant qu'ils soient interpellés."

À Blangy-le-Château, où Arnaud a grandi, son décès suscite une très grande émotion. La municipalité a lancé une cagnotte en ligne pour rendre hommage au "héros" de la commune. Dominique Garcia, lui, souhaite simplement "que tout le monde se rappelle que mon gamin c'était un bon. Il allait être un bon père, il était un bon mari. Maintenant, il ne restera plus que....plus rien."

Propos recueillis par Thomas Cuny

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