Cri d'alarme au parc zoologique Biotropica de Val-de-Reuil

Depuis le dernier reconfinement, les jardins et la serre animalière de Biotropica, lieu phare de sortie pendant les vacances, sont fermés depuis le 30 octobre dernier. Un coup dur pour cette structure née en 2012 et qui a perdu, sur l'année 2020, plus d'un million d'euros. 

Dix employés sur vingt viennent encore sur le site Biotropica pour s'occuper des animaux
Dix employés sur vingt viennent encore sur le site Biotropica pour s'occuper des animaux © Stéphane Gérain / France Télévisions

Un rideau de fer descendu, des allées vides, seul un pigeon de Papouasie gamabde. Il fera office d'unique visiteur dans la journée. Sa couleur bleue attire le regard des quelques soigneurs encore présents sur place. Parmi eux, Jessica Roman, sourire en coin, réputée pour sa prise en charge des crocodiles. 

C'est une bulle d'air de venir ici. Une bulle de nature. Je ne me sens pas confinée au contact des animaux.

Jessica Roman, soigneuse animalière

La jeune femme fait partie des dix employés gardés sur site, soit la moitié de l'effectif total. Les dix autres, qui s'occupent habituellement de l'accueil ou encore de la restauration sont au chômage partiel. "Nous sommes tout le temps dans l'incertitude, mais c'est indispensable d'entretenir une vie normale pour les animaux. Ils ne voient pas la différence eux, même s'il n'y a plus de visiteurs.", ajoute la soigneuse. 

Cri d'alarme au parc zoologique Biotropica de Val-de-Reuil

1 million d'euros de perte

Jessica prend un poisson de sa main droite. Elle le fait tomber juste derrière la barricade. Rien ne se passe. Quand soudain, un crocodile à nez allongé d'Afrique surgit et ne fait qu'une bouchée de la bête morte. François Huyghe, directeur de Biotropica, assiste à la scène. Il conseille la soigneuse animalière.

Fais en sorte d'aller un peu moins vite la prochaine fois. C'est important que l'animal assimile l'information.

François Huyghe, directeur de Biotropica

C'est aussi important d'être informé à l'avance lorsqu'il s'agit d'ouvrir à nouveau ou non le parc zoologique. Entre ouverture, réouverture et confinement, la situation est compliquée pour le directeur. Un semblant de montagnes russes qui affecte particulièrement les finances de Biotropica.

En 2020, nous avons perdu plus d'un tiers de notre chiffre d'affaires soit un million d'euros. Ce n'est pas seulement le présent qui est affecté. Ce sont de nombreux projets futurs.

François Huyghe, directeur de Biotropica

Prendre de la hauteur 

Les oiseaux ont faim. Les loriquets arc-en-ciel déploient leurs ailes et traversent l'enclos à la vue de la nourriture. Et pour cause, une hauteur de serre de 15m leur permet de voler librement. De quoi imposer des gestes barrières entre les bêtes à plumes. C'est aussi l'une des revendications du directeur du site.

Avec notre superficie et le circuit que nous avons tracé, il est totalement possible de respecter les restrictions sanitaires. En septembre dernier par exemple, nous avions imposé une jauge de 450 personnes à la fois.

François Huyghe, directeur de Biotropica

Un moment où il était encore possible de venir en famille ou en sortie scolaire pour découvrir les petits comme les gros animaux de Biotropica. Mais depuis le 30 octobre dernier, interdiction formelle d’accueillir du public.

Afin de se relancer économiquement, le parc zoologique anticipe une réouverture proche et propose de nouvelles offres comme des abonnements d'un an (accès illimité au parc) ou des pass demi-journées avec des soigneurs. 

Malgré la distance et la fermeture du site, Biotropica veut entretenir le lien avec son public et propose ainsi un calendrier de l'avent en ligne sous forme de devinette. Il n'est pas trop tard pour jouer et trouver quel animal se cache derrière chaque photo. 

 

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