En faisant des recherches sur la maladie d'Alzheimer, il découvre que son patient a du sang royal

Un médecin gériatre de Pacy-sur-Eure a repéré le marqueur génétique de la maladie d'Alzheimer, après l'étude de l'ADN d'un patient et de son fils. Un ADN qui a aussi révélé la lignée royale de la famille. Un joli cas de sérendipité.

L'histoire commence par une banale consultation médicale. Un patient âgé de plus de 80 ans souffrant de troubles de la mémoire avait sollicité le docteur Jan-Cédric Hansen, gériatre à Pacy-sur-Eure (27) pour une prise en charge de sa pathologie.
Le fils du patient qui avait de son côté réalisé des tests ADN dans le cadre de recherches généalogiques assez poussées, avait alors proposé au praticien d'étudier son séquençage génétique complet, pour savoir si lui même pouvait développer une maladie d'Alzheimer ou une pathologie neuro- évolutive. "On ne peut pas répondre à cette question, nous explique le docteur Hansen, mais je savais que cette personne avait un arbre généalogique assez extraordinaire, donc je me suis permis avec son accord d'explorer son code génétique au regard des publications sur la lignée des Bourbons qui ont publié dans la presse scientifique leurs codes génétiques".

Le gériatre a alors comparé la signature génétique de la lignée des rois de France à celle du fils de son patient, et le constat fût sans appel : il possédait exactement la même signature génétique. Un joli cas de sérendipité qui est le fait de faire par hasard une découverte qui s'avère fructueuse, notamment d'un point de vue scientifique.


Jean C qui souhaite garder l'anonymat, connaissait une partie de son illustre descendance, mais ignorait qu'il était issu de la lignée mâle. 
Des informations que le chercheur appliqua à ses recherches sur la coïncidence de la génétique et de la généalogie. Et qui s'avéra fructueuse sur la maladie d'Alzheimer et l'hérédité.

Un diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer grâce au profil génétique du patient

La Revue de Gériatrie a consacré ce mois-ci son éditorial à la "Congruence génétique et généalogique : un futur possible dans l'accompagnement des patients".
Un article qui met donc en lumière les travaux du docteur Hansen qui est aussi coordinateur du READ, (Researchers Enhancing Alzheimer’s Diagnostic), un groupe de chercheurs européens qui a travaillé sur la question. 

Leurs travaux sur le séquençage génétique permettent aujourd'hui de réaliser des diagnostics précoces de la maladie d'Alzheimer -ou d'autres pathologies apparentées-, mais aussi d'identifier des cas familiaux jusqu'alors considérés comme sporadiques.
Jusqu'à présent, on évaluait à environ 1% des cas les maladies d'Alzheimer d'ordre génétique ou familial. La congruence génétique et généalogique réexamine la question.
Ces recherches permettent d'aller plus vite dans le diagnostic, car il faut souvent 3 ou 4 ans après les premiers symptômes pour l'établir.
"La possibilité d’expliquer à une famille que l’un de ses proches ne souffre pas d’une maladie d’Alzheimer sporadique, mais d’une forme familiale, peut représenter une forme de soulagement pour ces personnes, en plus d’améliorer la prise en charge des personnes malades puisque l’évolution de la maladie pourrait être anticipée en étudiant les cas ascendants" se félicite l'association France Alzheimer.
Le diagnostic précoce permet de rentrer au bon moment dans un parcours de soins coordonné. Alors qu'un dépistage avant l'apparition de symptômes peut s'avérer difficile à gérer pour les personnes concernées.

 

Une petite révolution dans l'histoire des Rois de France

Le site internet Histoires Royales s'est inspiré des travaux du docteur Hansen, agrémenté de leurs propres recherches, et le résultat est révolutionnaire !
Jean C, le fils du patient du docteur Hansen, serait un descendant de la branche aînée des Bourbons, et il est bien normand !. "Jean C vit dans l'une des capitales de la Normandie, et c'est quelqu'un qui a déjà une certaine notoriété par lui même et qui souhaite rester discret, mais il est très content d'avoir appris ça. Il avait déjà dans son arbre généalogique des connexions avec les rois de France, son ascendance est déjà dans le fameux site qui identifie tous les descendants des capétiens. Mais il ignorait qu'il descendait de la branche ainée!" nous confie le docteur Hansen,

Les chercheurs du READ ont confié leurs conclusions à des historiens, notamment au professeur Alan James du Kings College de Londres, spécialiste de ces questions, qui a confirmé leurs travaux. 

L'analyse génétique a établi qu'il est un descendant du Grand Dauphin, le fils de Louis XIV, ce qui veut dire qu'il est certainement dans la lignée de Louis XV, donc un lignage direct par les pères.

Alan James, historien au Kings College de Londres

Alan James atteste aussi qu'il n'y a pas d'autres descendants directs des Bourbons, légitimes ou illégitimes. Jean C serait donc le seul à pouvoir se prévaloir de cette lignée masculine.


Cette découverte redistribue complètement les cartes dans le milieu des descendants des rois de France, car ceux qui étaient considérés comme la branche ainée ne le sont plus ! Ce qui place notre Normand devant le Comte de Paris. Difficile de contester la génétique.

Jean C salue par ailleurs le travail des chercheurs, et se félicite d'avoir participé à la progression de la connaissance de la maladie d'Alzheimer. "Si le simple fait de communiquer mon ADN a fait progresser la connaissance du diagnostic de la maladie d'Alzheimer, cela est essentiel, de sorte que je ne regrette pas d'avoir permis son analyse par des scientifiques".

L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
choisir une région
Normandie
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité