Environnement : ces entreprises qui souhaitent réduire leur empreinte carbone

En France, la part des émissions de gaz à effet de serre provenant du secteur de l’industrie et de la construction représente 10 % du total de notre pays. Rencontre avec deux entreprises de l'Eure qui ont mis en place des mesures pour réduire leur empreinte carbone.

Dans l’Eure, à Sainte-Colombe-près-Vernon, ce dirigeant d’un magasin de meubles multiplie les initiatives pour réduire son empreinte carbone. Au fil des ans, il a réduit la dépense énergétique de ses bâtiments : « Nous avons installé des lampes LED qui consomment 15 watts qui ont remplacé une iodure qui consommait 35 watts qui elle-même a remplacé une halogène qui consommait 150 » explique Pascal Vazard.

Il y a 10 ans, ce fabricant de meubles artisanaux haut-de-gamme réalise le bilan carbone de son activité et de ses matières premières. Il constate par exemple que la résine utilisée dans les plans de travail, était dérivée du pétrole : « Notre bureau d’études a calculé que c’était quasiment une tonne équivalent CO2 générée pour une tonne de produit fabriqué » précise Pascal Vazard.

Ce matériau a été abandonné. Dès lors, le  dirigeant n'a eu de cesse de vouloir diminuer son empreinte carbone. « Pour la construction de nos meubles, on utilise désormais du chêne et du frêne qui arrive de forêts locales à moins de 30 kilomètres d’ici. Autant dire que là on est exemplaire » se réjouit ce dirigeant.  

Pour une entreprise, le principe de neutralité carbone consiste avant tout à réduire au maximum la source de ses émissions de gaz à effet de serre (en réduisant ses déplacements, sa consommation d’énergie, en s’approvisionnant en énergie verte…). Ensuite, elle doit compenser la totalité des émissions restantes (en portant des projets de développement des énergies renouvelables, de restauration du couvert forestier, de distribution d’équipements d’efficacité énergétique…).

Des aides existent pour accompagner les entreprises dans la réalisation de leur bilan carbone. Une démarche plus ou moins facile à mettre en œuvre selon la taille de l'entreprise et sa place sur un marché local ou mondial.  

"Autant dire que là on est exemplaire"

Ainsi l'ensemble des procédés de fabrication des meubles de Pascal Vazard ont été repensé. Comme dans l'atelier de vernissage :

En une quinzaine d’années on a réussi à se débarrasser de tous les produits nocifs. Ça a été très compliqué et très long ! 

Pascal Vazard

Sur les 270 tonnes d'équivalent CO2 produites par son entreprise aujourd'hui, Pascal Vazard souhaite en économiser encore 30 d'ici à 2050. Un objectif apparemment réalisable pour cette PME de 20 salariés qui vise le marché national.  

Qu'en est-il des entreprises en lice dans la compétition mondiale ? 

Non loin de là à Saint-Marcel (Eure), la filiale d'une entreprise multinationale. Ici on fabrique des paliers magnétiques pour l'industrie du pétrole et du gaz notamment. « Ce sont des pièces qui sont utilisées souvent entre 20 et 30 ans sans qu’il y ait la moindre maintenance, tout du moins sur la partie mécanique » explique Frédéric Ponson, Directeur général SKF Magnetic Mecatronics S2M  

Le produit est durable. Ce qui l'est moins c'est le procédé de fabrication : cuivre, acier, transports routiers.

L'entreprise commence tout juste son bilan carbone mais mesure déjà l'ampleur de la tâche : « Comme on a un produit qui est très complexe avec énormément de composants, il faut qu’on connaisse chaque bilan carbone de chaque composant avant de les utiliser. C’est un travail complexe et long » admet Frédéric Ponson.

Ici aussi on a changé les ampoules et amélioré l'isolation des bâtiments. On recycle aussi les armoires électriques.

Tout le monde doit jouer le jeu

Maillon d'une filière, l'entreprise sait déjà que sa marge de manœuvre est étroite pour diminuer encore son empreinte carbone : « On est dépendant de la performance de nos fournisseurs. On a une charte avec eux pour s’assurer qu’ils respectent leurs objectifs environnementaux. » nous confie M Ponson. L'entreprise vise une production bas-carbone d'ici à 2030. Une intention encore à concrétiser. Dirigeant d'une filiale d'un grand groupe ou de PME, ces entrepreneurs veulent croire qu'il est possible de concilier bilan comptable et bilan carbone.      

A savoir :

L’article 173 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte impose aux entreprises de plus de 500 salariés, d’inclure dans leur rapport de gestion annuel l’empreinte carbone de leurs activités. Ainsi que celle des produits et services qu’elles délivrent. Une recommandation pour la détermination des postes significatifs d’émissions de gaz à effet de serre a été rédigée par le ministère de la transition écologique et les acteurs du secteur pour accompagner les entreprises dans leur exercice de "reporting climat".*

*source : ecologie.gouv.fr

Retrouvez la journée spéciale "énergie" sur France 3 Normandie dans tous nos programmes du mardi 2 mars 2022 ou à revoir en replay en cliquant ici.

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