À Évreux, Tatiana et Alena, réfugiées d’Ukraine, ont trouvé un travail

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Écrit par Clé Arouche

L'association Evreux Solidarité Ukraine poursuit son travail auprès des réfugiés ukrainiennes arrivées dans l'Eure le 31 mars 2022. Après les avoir logées, avoir scolarisé les enfants et appris les bases du français, l'association accompagne ces femmes vers un emploi.

Cette journée du 6 mai 2022 restera sans aucun doute gravée dans la mémoire d’Alena.

À 48 ans, cette Ukrainienne arrivée en France en mars dernier vient de décrocher un poste de coiffeuse dans un salon d'Évreux. Un premier contrat de 6 mois, 16 heures par semaine, pour lui permettre de continuer à prendre des cours de français. Mais pour elle, une chance de gagner son indépendance et de retrouver –un peu- une vie normale.  

Montrer à la France sa reconnaissance

"En Ukraine, j’étais coiffeuse également", explique Alena, visiblement émue. "Je suis très contente de travailler de nouveau. Je suis active depuis que je suis enfant. C’est toute ma vie. Je n’ai pas l’habitude d’être sans travail, de ne plus voir ma clientèle."

Je veux montrer à la France que je suis reconnaissante qu’elle m’ait aidée et que je mérite de travailler. Mon patron ne m’a pas embauché pour rien. Il sera fier de moi et mes clientes seront satisfaites.

Alena, réfugiée ukrainienne

France 3 Normandie

A Evreux, Tatiana et Alena, réfugiées d'Ukraine, ont trouvé un travail ©FTV / Frédéric Lafond - Eric Lombaert

Pour Vural Alet, le patron du salon de coiffure où travaille Alena, c’est une fierté également de pouvoir donner une chance à cette femme de 48 ans. "Moi aussi, je suis arrivé en France il y a longtemps sans parler le français", confie Vural Alet. "Ce n’était pas la même situation mais je n’avais pas de travail et les gens ne voulaient pas forcément nous aider. Des personnes comme Alena il faut leur donner une chance pour qu’elles puissent être fières."

Et même si elle ne maîtrise pas encore le français, Vural Alet n’est pas inquiet : "La langue n’est pas une barrière, notre métier est international. Ce sont des techniques universelles. Les clients vont l’aider. Et les autres salariés également." 

Ce recrutement solidaire permet surtout au chef d’entreprise de pourvoir un besoin réel : "Nous avons des opportunités nombreuses. Mais je ne trouvais personne."

Un point sur lequel insiste Aurélie Lemoine, présidente de l’association Évreux Solidarité Ukraine. "Ce ne sont pas des postes tracés pour elles. Le coiffeur recherchait du personnel depuis 6 mois. Pour les deux postes de femmes de ménage à pourvoir à la mairie d'Évreux, je me suis rendue sur le site internet comme tout le monde. Violetta et Anastasia ont postulé et elles se sont vu attribuer ces emplois."

Travailler c’est prouver aux Français qu’elles ne sont pas assistées. Cela leur permet aussi de passer à autre chose pendant la journée dans leur tête. Elles ont un mari resté en Ukraine pour se battre. Elles ont des enfants. Avoir un emploi c’est rebondir dans une vie un peu plus normale.

Aurélie Lemoine, présidente d'Évreux Solidarité Ukraine

France 3 Normandie

Retrouver un semblant de vie ordinaire 

En mars dernier, quinze bénévoles de l'association Évreux Solidarité Ukraine ont organisé une mission humanitaire de la Normandie à la frontière ukrainienne. Ils ont acheminé jusqu'à Medyka en Pologne 4 tonnes de dons récoltés dans la région, et ramené en France 17 réfugiés ukrainiens, 5 adultes et 12 enfants.

Parmi ces familles, Anastasia qui travaillait auprès d’enfants dans une école primaire et Violetta professeur d’économie à l’université. Toutes deux viennent d’accepter un emploi de femme de ménage à la mairie d'Évreux.

Tatiana âgée de 37 ans travaillait également dans la petite enfance en Ukraine. Désormais, elle assurera le nettoyage dans un restaurant de fast-food. Un emploi loin de ses compétences mais qu’elle accepte avec bonheur : "J’ai une famille, des enfants dont je dois m’occuper. J’ai besoin d’un travail pour subvenir à leurs besoins. Je suis très contente d’avoir trouvé cet emploi. Pour nous, c’est l’occasion de sortir et de parler avec des gens. Cela fait du bien. Alors sincèrement merci !"