Evreux : L'ancien militaire radicalisé placé en détention provisoire

Une photo publiée par nos confrères du quotidien Paris Normandie / © Photo Paris Normandie
Une photo publiée par nos confrères du quotidien Paris Normandie / © Photo Paris Normandie

Vendredi 5 mai, un homme de 34 ans était interpellé aux abords de la base aérienne d'Evreux. Suspecté de vouloir commettre un acte terroriste, il a été mis en examen lundi 8 mai et écroué.

Par VA avec l'AFP

L'ex-soldat radicalisé mis en examen par un juge antiterroriste et écroué

L'ancien militaire radicalisé, arrêté vendredi aux abords de la base aérienne d'Évreuxet suspecté d'avoir envisagé un projet solitaire d'attentat, a été mis en examen lundi par un juge antiterroriste et écroué, a indiqué une source judiciaire.

Alain Feuillerat a été mis en examen pour "entreprise individuelle terroriste" et "tentative d'intrusion sur un terrain militaire" puis placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet de Paris, a précisé la source judiciaire.

VIDEO / Le reportage de Frederic Lafond et Eric Lombaert
Quelques photos ont été réalisées par nos confrères du quotidien Paris Normandie
Base aérienne d'Evreux : Le point sur l'enquête

Profil de cet ancien militaire
Cet ancien soldat de 34 ans au "profil psychologique très instable" selon une source proche du dossier, a reconnu en garde à vue avoir envisagé de commettre un attentat au nom de l'organisation jihadiste Etat Islamique (EI), faute de pouvoir rejoindre ses rangs en Syrie.

Rappel des faits
Vendredi, il avait été arrêté vers 05H30 en tenue de combat, portant les insignes du groupe EI, alors qu'il regagnait son véhicule garé en bordure de la base aérienne 105 d'Évreux (Eure).
A l'intérieur de la voiture, les gendarmes avaient découvert un Coran, des petits drapeaux aux couleurs de l'EI et une clé USB contenant une déclaration d'allégeance à l'organisation jihadiste.

Passant les alentours de la base au peigne fin, les forces de l'ordre avaient retrouvé, cachés dans un fourré, un fusil à pompe et des munitions ainsi que deux armes de catégorie D en vente libre, des revolvers à poudre. Aucune trace d'explosif n'a cependant été découverte, selon une source proche du dossier.


Un loup solitaire ?
Devant les enquêteurs, le suspect a tenu des propos décousus mais pas incohérents et son état a été jugé compatible avec sa garde à vue.
Rien ne permet d'affirmer à ce stade que cet homme a réussi à pénétrer dans l'enceinte militaire et les enquêteurs cherchent encore à déterminer s'il était sur le point de commettre une action violente ou s'il faisait des repérages.

Il semble néanmoins, à ce stade des investigations, avoir mené son projet de manière solitaire, sans complicité ni lien établi avec l'organisation jihadiste. D'où le recours à la rare qualification d'"entreprise individuelle terroriste", un délit défini par la loi en 2014 afin de neutraliser les "loups solitaires".

Un homme sous étroite surveillance
L'ancien soldat, qui a quitté l'armée en 2013 après dix années de service, s'était converti à l'islam et était placé sous étroite surveillance depuis 2014 en raison de sa radicalisation. En 2015 et 2017, son domicile avait fait l'objet de deux perquisitions administratives.


Cet habitant de Veulette-sur-Mer (Seine-Maritime) avait aussi été visé par une enquête judiciaire, soupçonné d'avoir cherché à se procurer des armes, mais les investigations n'avaient pas abouti. Sans être fiché S, cet homme né à Melun en février 1983 était en revanche inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère
terroriste
(FSPRT).

L'enquête a été confiée principalement à la Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (Sdat).

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