Insolite. Le dodgeball, ce sport inspiré de la balle aux prisonniers émerge en Normandie

Le dodgeball, ce sport insolite, émerge en France... et en Normandie ! Depuis six ans, des passionnés le pratiquent dans le quartier de la Madeleine, à Évreux (Eure) et ils ont même créé un club : les Léopards dodgeball 27.

Chaque jeudi, nos journalistes dressent le portrait de personnes, mettent en avant des initiatives atypiques dans des communes rurales ou dans des quartiers où notre média a moins l'habitude d'aller.

Cette semaine, je suis allé dans le quartier de la Madeleine à Évreux (Eure), un quartier régulièrement sous les feux des projecteurs pour des faits de délinquance. 

Le dodgeball au cœur du quartier de la Madeleine

Mais ce quartier ne se résume pas à sa réputation sulfureuse. C'est aussi un endroit où de multiples initiatives sont menées. Et c'est d'ailleurs là-bas qu'a émergé le dodgeball en Normandie, ce sport insolite qui peut prêter à sourire.

Et pourtant, c'est une discipline très sérieuse ! Le dodgeball se rapproche de la balle aux prisonniers. Un jeu des cours de récréation où il faut éliminer ses adversaires en les touchant avec une balle.

À Évreux, un club a même vu le jour, avec les "Léopards dodgeball 27". C'est l'initiative que j'ai choisi de vous faire découvrir cette semaine, au plus près de chez vous. 

Les Léopards dodgeball 27 : premier club normand

J'arrive aux alentours de 18 heures, dans le quartier de la Madeleine à Évreux, dans l'Eure. Je suis attendu entre autres par Stéphanie, vice-présidente et secrétaire du club, devant le gymnase Maxime Marchand, au cœur du quartier de la Madeleine. 

Comme chaque vendredi soir, c'est jour d'entraînement ! "On s'entraîne deux fois par semaine", m'explique Stéphanie, elle-même joueuse de dodgeball. 

"J'ai démarré en tant que maman bénévole, parce que mon fils a commencé le dodgeball dès sa création. Ensuite, j'ai rejoint le club au sein du bureau,et aujourd'hui, ça fait deux saisons que je joue à 100 %", explique-t-elle.

Aujourd'hui, le club compte 40 licenciés toutes catégories confondues.

Un film à l'origine de cette idée

La genèse du club c'est un film ! "J'ai vu 'Dodgeball même pas mal !' avec Ben Stiller, explique Fabrice, président du club. Avec un collègue, on est parti en délire. On s'est dit pourquoi ne pas monter un truc dans ce genre."

Dans ce long-métrage, les personnages doivent trouver rapidement une grosse somme d'argent pour sauver leur club de gymnastique qui menace d'être racheté. Ils ont alors une idée : se lancer dans une compétition de dodgeball avec 50 000 dollars en récompense. 

Créé en 2018, le club permet aussi aux licenciés de partager un moment ensemble chaque semaine. "Ici, on se sent un peu comme une famille", explique Théo.

Deux joueurs en équipe de France

À l'issue de l'entraînement des minimes et adolescents, je fais la rencontre de Julie et Sasha. Tous les deux s'entraînent chez les adultes. Autre point commun : avant le dodgeball, ils ont pratiqué le handball. 

"Souvent quand on me demande quel sport je fais et que je dis le dodgeball, on me demande toujours qu'est-ce que c'est que ce truc, s'amuse Julie le Balc'h. C'est peu médiatisé encore mais on espère qu'à l'avenir, ce le soit plus. Et pourquoi pas, un jour, que ce soit aux JO, ce serait l'apothéose !"

"J'ai commencé le dodgeball au mois de septembre", poursuit-elle. Mais à 41 ans, la joueuse a très vite évolué, et a été appelée pour rejoindre l'équipe de France B en décembre dernier "pour une compétition qui s'appelle les 'WEC' (Western European Championships)", explique Julie.

Sasha Leroux aussi a été sélectionné en équipe de France. "On était une vingtaine et ils ont gardé seulement la moitié des joueurs." Dans les pas de son père, Sasha s'est mis au dodgeball. "Tout ce qui est les esquives, la rapidité, j'ai retrouvé tout ça dans le dodgeball."

Prochaine échéance pour l'adolescent de 15 ans : les championnats d'Europe de dodgeball. En juillet, il s'envolera pour l'Italie en espérant décrocher la victoire. "J'espère pouvoir faire une bonne performance", rêve Sasha. 

Une balle aux prisonniers version sportif

"Le dodgeball se joue sur un terrain équivalent à peu près à un terrain de badminton, m'explique Fabrice, entraîneur et président du club. La mi-temps est recoupée en manche de trois minutes. Elle peut durer moins, si par exemple, au bout d'1'30, on a éliminé l'équipe adverse, la manche s'arrête."

Pendant ces manches, deux équipes de six joueurs s'affrontent. Il faut éliminer le maximum de joueurs dans l'équipe adverse en les touchant avec l'une des cinq balles, et éviter d'être soi-même visé.

"Si on arrive au bout des trois minutes, c'est le nombre de joueurs restants sur le terrain qui fait foi. S'il y a plus de joueurs d'un côté, ils gagnent la manche. S'il y en a autant c'est manche nulle", poursuit Fabrice.

"Beaucoup de techniques se rapprochent du handball", m'explique Stéphanie, secrétaire et vice-présidente du club. Elle rappelle que "le mieux pour découvrir le dodgeball, c'est de venir essayer !"

Pour plus de renseignements, vous pouvez aller consulter la page Facebook du club.