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Trois normands condamnés pour association de malfaiteurs à visée terroriste

Une salle d'audience du nouveau palais de justice de Paris aux Batignolles / © Alain Jocard/AFP
Une salle d'audience du nouveau palais de justice de Paris aux Batignolles / © Alain Jocard/AFP

Durant 3 jours, un élève ingénieur et deux intérimaires de Canteleu et Val-de-Reuil ont été jugés par le tribunal correctionnel à Paris. Ils sont reconnus coupables d'avoir fomenté le braquage du personnel d'un manoir hôtelier de l'Eure pour financer leur départ en Syrie.

Par S. Callier et AFP


Les trois hommes radicalisés ont été condamnés mardi 6 novembre à des peines de 5 à 7 ans de prison. Les prévenus sont âgés de 25 à 28 ans. 


    Norman L., qui s'était proclamé initiateur de cette tentative de vol à main armée avec séquestration, et Nassim B., qui avait pris "la direction idéologique" de l'équipe selon l'accusation, ont été tous deux condamnés à sept ans de prison. Le tribunal a assorti leur peine d'une période de sûreté des deux tiers. 


    "Un peu plus en retrait" du projet, Sami L. a été condamné à cinq ans d'emprisonnement avec une période de sûreté de moitié. 

S'attaquer au coffre-fort et cacher l'argent en forêt

  Selon les investigations, le trio, interpellé le 20 décembre 2016, projetait de séquestrer le personnel du manoir de Portejoie dans l'Eure, qui accueille notamment des réceptions de mariage. Il comptait dérober l'argent d'un coffre-fort et le dissimuler dans des "trous" auparavant creusés dans une forêt voisine, pour financer ultérieurement un départ en Syrie. 

 Le procureur a demandé une "sanction sévère" contre les trois prévenus, "totalement radicalisés" et "extrêmement dangereux". Il a rejeté par anticipation une ligne de défense qui consisterait à présenter le trio comme des "pieds nickelés" au "projet fumeux, non abouti".

    Tous trois voulaient intégrer les rangs de l'organisation jihadiste "en parfaite connaissance de cause", après les attentats terroristes meurtriers de 2015 en France, avait-il estimé. 

Pour la défense, aucune preuve matérielle

    Dénonçant des "réquisitions excessives", leurs avocats ont tour à tour souligné l'absence de preuves matérielles et plaidé la relaxe.

    "L'état d'esprit, aussi vilain qu'il soit, ne justifie pas une condamnation. Il faut aussi les éléments matériels et il n'y en a pas", a ainsi critiqué l'avocat de Nassim B., Xavier Nogueras.

    "Ce que vous avez dans ce dossier, c'est une idéologie. Qu'en est-il des actes matériels préparatoires? Il n'y a rien", a abondé Karim Laouafi, demandant la relaxe de Norman L. "au bénéfice non pas du doute mais du droit". 


Des filatures et des écoutes téléphoniques


    Pour le parquet au contraire, des réunions régulières au domicile de Nassim B., des filatures policières prouvant des repérages à proximité du manoir et des écoutes téléphoniques évoquant notamment une recherche d'arme, constituaient suffisamment d'éléments à charge. 

    L'un des membres de l'équipe, Norman L., avait par ailleurs fait des aveux en garde à vue et avait impliqué ses deux amis, un intérimaire comme lui et un étudiant en école d'ingénieur, avant de revenir sur ses déclarations. Lors de l'audience, il a dédouané ses coprévenus, qui ne l'ont, selon lui, "jamais pris au sérieux".

Les prévenus ont 10 jours pour faire appel du jugement.
 

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