Tri des biodéchets obligatoire : quel bac à compost choisir ?

Le compostage se généralise ! Depuis le 1er janvier, le tri des biodéchets est obligatoire. Comme d'autres entreprises, cette société normande s'est saisie de cette opportunité pour inventer un abribac destiné à leur collecte en milieu urbain. Découverte.

Les épluchures à la poubelle, c'est terminé. Pour assurer le compostage et la valorisation des biodéchets, les collectivités territoriales doivent proposer aux habitants des solutions à cet effet. Cela peut être l’organisation d’une collecte supplémentaire ou la mise à disposition de composteurs collectifs ou.

Mais pour cela, il faut qu'elles s'équipent... Alors, elles multiplient les appels d'offres... Reste, pour les entreprises, à s'emparer du filon ! 

De nouvelles perspectives pour les entreprises

EMZ Environnement, Blard environnement, V3C environnement... De nombreuses entreprises proposent leurs bacs de compost partagé aux collectivités.

À Saint-Léger-du-Bourg-Denis (Seine-Maritime), l'entreprise de recherche et développement S2 a elle aussi conçu son abribac pour collecter les biodéchets.

"L'enjeu, c'est de proposer un produit démontable, facile à dépanner, simple d'utilisation pour les communes", explique Michel Gelin, responsable de la partie technique de l'abribac "IRIS240", alias "Sésame".

Rien qu'à Rouen, il faudrait 1 000 abribacs. Imaginez qu'il y en ait 50 qui tombent en panne dans la nuit. Vous n'avez pas 50 techniciens sous la main. Alors, le nôtre est démontable. Il est au même prix que les autres, voire moins cher, mais il est dépannable.

Michel Gelin

à France 3 Normandie

L'objet, breveté et produit dans un Esat (Établissement et service d’aide par le travail) du Calvados, ressemble en tout point à un abribac classique, mais son inventeur l'a voulu "révolutionnaire".

"Il a la même contenance, un couvercle, une trappe, mais toute la partie située au-dessus du bac se retire en quinze secondes pour être facilement dépannée. On l'a motorisé. Il y a une pédale, mais il s'ouvre automatiquement en passant la main par-dessus, de manière à être accessible aux personnes à mobilité réduite", précise Michel Gelin.

durée de la vidéo : 00h01mn48s
Cet abri bac dispose notamment d'un mécanisme anti-tempête intégré afin de résister aux vents violents. ©S2

"La pédale est obligatoire pour participer aux appels d’offres des collectivités, mais si vous vous en contentez, vous oubliez les personnes en fauteuil roulant !", souligne l'inventeur.

La démarche de Michel Gelin et de son épouse Marie Josée, à la tête de l'entreprise, a déjà séduit Montauban, qui expérimente ces abribacs depuis un an. Elle promet de s'exporter à Tours, Brest et même en Corse... Mais reste, regrette Michel Gelin, boudée par la Normandie. "À Rouen, ils ont choisi un produit allemand !"

Le compostage : écologique, mais aussi économique 

À Amfreville-sur-Iton (Eure), un composteur partagé similaire est d'ores et déjà disponible dans le centre-ville. Depuis qu'elle l'utilise, Sabrina Pierrache a largement allégé son bac à ordures ménagères. "Ça fait moins de déchets. C'est important pour l'écologie", assure-t-elle.

Une poubelle classique pèse en effet en moyenne 225 kg, selon une étude réalisée par la communauté d'agglomération Seine-Eure, alors que 30% des déchets seraient compostables. "12 kg de gaspillage alimentaire et 50 kg de biodéchets", précise Sylvie Peton, directrice du service propreté et déchets.

durée de la vidéo : 00h01mn41s
Compostage obligatoire ! L'exemple à Amfreville-sur-Iton. ©F. Lafond & E. Lombaert / France 3 Normandie

Et au-delà des aspects pratiques et écologiques, le réflexe du compostage pourrait contribuer à réduire les factures, selon Marie-Noëlle Lenfant, maire d'Amfreville-sur-Iton et vice-présidente de la communauté d'agglomération Seine-Eure.

Si l'on diminue nos coûts, on pourra aussi diminuer notre taxe d'ordures ménagères.

Marie-Noëlle Lenfant

à France 3 Normandie

Pour inciter les particuliers à s'équiper d'un composteur, l'agglomération accorde une subvention plafonnée à 150 euros. Alors, la demande explose : "les ventes commencent à décoller", assure Benoît Coraziari, directeur du magasin Bricomarché à Louviers. "L'intérêt augmente petit à petit au fil du temps."