GRAND FORMAT: La Normandie n'échappe pas au phénomène Esport

Grand format: l'Esport en Normandie

Cette semaine, le mag du samedi braque ses projecteurs sur l'Esport, la dimension sportive du jeu vidéo. Un phénomène en pleine expansion, notamment en Normandie.

Par CM et ED

Un reportage réalisé par Emilien David, Suzana Nevenkic, Jean-Michel Guillaud, Régis Saint-Estève, Sylvain Chemin et Xavier Gérard

Intervenants:

- Yanis Auvray, joueur de League of Legends
- Thomas Beunard, cogérant du Meltdown Caen
- Kévin Lancelle, cogérant du Meltdown Caen
- Antoine Cognard, directeur général de Confluence e-sport
- Lazare Thorel, président de Confluence e-sport
- Benjamin Lemercerre alias Bennnzz, Youtuber Fifa


Apparu dans les années 70, le jeu vidéo est désormais incontournable. C'est un phénomène économique avec un chiffre d'affaire annuel avoisinant les 100 milliards de dollars. Mais aussi culturel. Au même titre que le cinéma, le secteur diffuse des produits de divertissement à destination du grand public mais également des oeuvres conçues par de véritables auteurs et des studios indépendants. Le média fait aussi son entrée dans les musées et sa mémoire commence à être prise en compte par les acteurs institutionnels de la culture (un travail mené depuis déjà plusieurs années par des associations comme MO5).  Et depuis quelques années, c'est également un phénomène sportif. 

Cette semaine, une chaîne de télévision entièrement dédiée à l'Esport a été lancée en France. Une forme de consécration pour cette discipline qui a d'abord trouvé son public sur la toile, notamment via la plateforme vidéo Twitch, le youtube du jeu vidéo (propriété du géant Amazon), loin des médias traditionnels. Ces derniers n'ont pris que très récemment conscience de l'ampleur du phénomène.

Un milliard d'euros de chiffre d'affaire en 2020

Il est vrai que l'Esport s'est d'abord développé en Asie du sud-est et notamment en Corée du sud, où les compétitions sont depuis bien longtemps diffusées sur le petit écran. L'engouement est désormais planétaire: ainsi, la dernière finale des championnats du monde de League of Legends, le jeu phare du secteur, a été suivie par 58 millions de personnes. L'an dernier, l'Esport a généré un chiffre d'affaire avoisinant les 700 millions d'euros. Il pourrait s'élever à un milliard d'ici 2020 selon certains analystes.

La Normandie n'échappe pas au phénomène. Notre équipe a rencontré des joueurs, mais aussi des entrepreneurs, investissant dans des structures pour les accueillir: espace de rencontre mais aussi site d'entraînement, comme un club sportif traditionnel.

Le sport traditionnel s'intéresse lui aussi à cet étrange rejeton (une activité qui, certes, ne nécessite pas d'effort physique, si ce n'est la concentration, mais requiert un entraînement intensif pour être pratiquée à haut niveau; une discipline protéiforme avec plusieurs types de jeu et leurs compétitions respectives). Les grands clubs de football comme le PSG, soucieux de développer leur marque, se sont ainsi dotés d'une section Esport, en recrutant des joueurs et des entraîneurs. Sans aller jusque là, le Stade Malherbe de Caen s'investit également dans l'Esport en organisant sa propre compétition de FIFA (le jeu de foot leader sur le marché).


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