Un éleveur face aux "courants vagabonds"

A Montgothier, sous la ligne à haute tension, ses vaches sont régulièrement malades. Il saisit la justice.

Depuis près de vingt ans, ses soixante vaches sont nerveuses, "incontrôlables" même lorsqu'elles s'approchent de la stabulation située à seulement 300 mètres d'un pylône à Très Haute-Tension. (THT). Dominique Vauprès déplore aussi la mauvaise santé du troupeau.

Les vaches souffrent de mammites à répétition, une inflammation de la mamelle qui oblige à jeter le lait. 250 cas ont été constatés en 2007. "Déjà 140 cette année" lâche-t-il, désabusé.

Dominique Vauprès attribue ces désagréments aux "courants vagabonds" diffusés à proximité du pylône. RTE qui exploite cette ligne a effectué des travaux dans la ferme afin de protéger la stabulation. Un câble de "fon de fouille" a été planté autour du bâtiment afin de l'isoler.

Mais au mois de mars, puisque ses vaches étaient toujours malades, Dominique Vauprès a fait réaliser une expertise. "On a retrouvé du courant dans le câble alors que l'électricité était coupée". Il a donc décidé de saisir immédiatement la justice selon la procédure urgente du référé.

L'affaire a été examinée ce jeudi 14 juin au tribunal de Coutances. Dominique Vauprès demande une provision de 700 000 euros afin de financer le déménagement de ses installations : "j'ai pas d'autre solution" dit-il. Il réclame en outre 300 000 euros de dommages et intérêts. "On saisit aujourd'hui le juge des référés pour demander des indemnités sur d'hypothétiques condamnations futures, souligne l'avocat de RTE qui rappelle qu'aucun lien n'a jamais été établi entre les lignes électriques et les maladies des animaux.

Sans attendre la décision du tribunal qui sera rendue le 21 juin, le vice-président du conseil régtional a écrit au ministre de l'agriculture. François Dufour lui demande d'intervenir pour soutenir les éleveurs au moment où les actions en justice se multiplient. Dans le Calvados, un autre agriculteur demande à RTE de l'indemniser. Au début du mois, le tribunal de Caen a ordonné de nouvelles expertises.