Ziad Takieddine nie toute implication

Publié le Mis à jour le
Écrit par AFP et Reuters

L'intermédiaire franco-libanais a été mis en examen mercredi 14 septembre pour abus de biens sociaux.

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Karachi: mise en examen de Ziad Takieddine

L'attentat de Karachi qui a fait 15 morts au Pakistan dont 11 salariés de DCNS est il en lien avec le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 95 ?





M. Takieddine a décrit au juge Renaud Van Ruymbeke son rôle dans les négociations dans deux contrats d'armement avec l'Arabie Saoudite. Il a dénoncé l'intervention de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin.





Mais il a de nouveau démenti toute intervention dans le contrat de vente de sous-marins au Pakistan en 1994,
selon sa déposition révélée par lemonde.fr et qu'a pu consulter l'AFP.

 

"J'affirme que je n'ai joué aucun rôle dans la conclusion de l'affaire Agosta",
a dit M. Takieddine.



Mis en examen, M. Takieddine a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire français.

 

Une mission d'information parlementaire avait désigné Ziad Takieddine comme l'intermédiaire par lequel sont passés 33 millions d'euros de commissions occultes dans plusieurs contrats d'armement.

Ziad Takieddine a été interrogé dans une affaire portant sur un supposé financement de la campagne présidentielle de 1995 du candidat de droite Édouard Balladur par des commissions frauduleuses en marge d'un marché de livraison de sous-marins au Pakistan.

"On est totalement satisfait aujourd'hui d'avoir finalement pu avoir accès à un dossier qui depuis un an et demi traîne sans qu'on puisse y avoir accès", a réagi à sa sortie du bureau du juge Ziad Takieddine qui dit faire "confiance à la justice".



Ziad Takieddine a été entendu par le juge van Ruymbeke au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris dans le volet financier de l'affaire Karachi.

Selon son avocat, il est soupçonné de malversations financières dans deux contrats d'armement, Agosta et Sawari II.

"La mise en examen a été faite (...) pour des qualifications classiques qu'instruit le juge actuellement", a-t-il déclaré à la presse en sortant du pôle financier.



L'avocat des familles de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice, a de son côté précisé que le chef de mise en examen retenu était "complicité et recel d'abus de biens sociaux".

Pour Me Morice, la mise en examen de cet homme clé est un "tournant" dans l'enquête qui pourrait déboucher sur la mise en cause de politiques.



"Je suis absolument certain que nous allons avoir dans les prochaines semaines des révélations déterminantes sur la mise en cause, dans le cadre du financement de la campagne d'Edouard Balladur, d'un certain nombre d'hommes politiques français qui vont devoir rendre des comptes", a réagi l'avocat des familles, Me Morice.



"En mettant en cause M. Takieddine, c'est tout l'entourage qui a présidé à la campagne d'Edouard Balladur, qui est mis en cause implicitement, à savoir non seulement Nicolas Bazire, mais également François Léotard et Renaud Donnedieu de Vabres", a-t-il ajouté.



Me Morice met également en cause une nouvelle fois Nicolas Sarkozy, qui, assure t-il, a "validé le système mis en place pour permettre cette corruption".



                      

Deux contrats d'armement



Selon le site Mediapart, le juge d'instruction dispose d'un témoignage mettant en cause l'homme d'affaires ainsi que Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy et Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet d'Édouard Balladur à Matignon.

Selon ce témoin, Thierry Gaubert a accompagné à plusieurs reprises Ziad Takieddine dans une banque suisse pour y retirer des fonds, remis à Paris à Nicolas Bazire, directeur de campagne d'Édouard Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy était porte-parole de cette campagne.



Ziad Takieddine est au centre de deux importants contrats d'armement des années 1990, la vente de sous-marins au Pakistan en 1994 et un marché de frégates avec l'Arabie saoudite à la même époque. Une mission d'information parlementaire et des éléments des procédures judiciaires publiées dans la presse ont désigné Ziad Takieddine comme l'intermédiaire par lequel sont passés 33 millions d'euros de commissions occultes dans le contrat des sous-marins au Pakistan et 200 millions en marge du contrat saoudien.



Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire pensent que cet argent a pu revenir en partie financer la campagne d'Édouard Balladur, qui a utilisé selon la police plusieurs millions d'euros en espèces.



Les biens de Ziad Takieddine ont été gelés le 4 août dernier dans le cadre d'un litige avec sa femme, Nicola Johnson, avec laquelle il est en instance de divorce. Le juge Van Ruymbeke a fait convoquer cette femme pour un interrogatoire par la police, et elle a remis des documents aux enquêteurs.



Une autre enquête est ouverte sur l'attentat ayant tué 11 salariés de la DCN en 2002 à Karachi. Salariés venant essentiellement de Cherbourg qui travaillaient sur le contrat de sous-marins qui pourrait avoir un lien avec la corruption.

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