Jardineries ouvertes mais fleuristes fermés dès dimanche : "On se bat contre des moulins à vents"

Pour ce second confinement, davantage de commerces peuvent rester ouverts. Enfin davantage de grandes enseignes, comprenez les magasins de bricolage, de high-tech, les jardineries aussi, tous listés par le gouvernement comme commerces dits essentiels. Les fleuristes, eux, fermeront dimanche.
Les fleuristes fermeront dimanche mais pas les jardineries
Les fleuristes fermeront dimanche mais pas les jardineries © Rémy PERRIN/ PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP, Archives
Depuis ce vendredi, premier jour officiel du second confinement, seuls les commerces dits de première nécessité sont ouverts. Les autres ont dû baisser leur rideau dès jeudi soir. Pourtant ce matin, il est encore possible d'acheter un bouquet de fleur ou un rosier, chez un fleuriste ou dans une jardinerie.

Les fleuristes ouverts jusqu'à dimanche... et ensuite en drive

Si les fleuristes ont du demander une dérogation exceptionnelle pour rester encore ouverts quelques jours, ce n'est pas le cas des jardineries, qui elles, vont continuer à travailler durant tout le confinement, à l'instar des magasins de bricolage ou des commerces de détail d'ordinateurs.
 
"Nous avons obtenu une dérogation pour la Toussaint parce que notre fédération s'est battue et que nous venions de recevoir tous nos chrysanthèmes" explique  Sophie Amice-Lerebourg, Présidente de la Chambre syndicale des fleuristes de Normandie , "mais dès dimanche soir, nous ne serons autorisés à vendre qu'en drive et en livraison. Car il faut le rappeler, certains fleuristes vendront en drive et en livraison mais nous n'aurons plus d'étal."

Les jardineries restent ouvertes pendant ce second confinement

Les jardineries, elles, figurent bel et bien sur la liste des commerces essentiels et donc ouverts. Elles sont indiquées sur cette liste à "commerce de détail d'aliments et fournitures pour les animaux de compagnie, jardineries", entre le commerce de détail d'optique et les marchands ambulants de produits alimentaires.

De quoi nourrir la colère des commerçants indépendants, pour qui ces différences constituent une "distorsion de concurrence inacceptable, alors même que débute la période des achats de Noël". Ils ont lancé une pétition en ligne visant à interdire la vente de produits non essentiels en grandes surfaces, qui a récolté près de 23.000 signatures. "Alors que le Président de la République vient d’annoncer la fermeture des commerces dits non essentiels, les grandes surfaces vont quant à elles pouvoir continuer à vendre des livres, des articles de mode, de décoration, des bouquets de fleurs… " rappellent-ils dans le texte de la pétition.

On se bat contre des moulins à vents, les petits commerces, l'artisanat, contre des grandes machines

Sophie Amice-Lerebour, Présidente de la Chambre syndicale des fleuristes de Normandie

Lors du premier confinement les grandes enseignes de jardin étaient autorisées à vendre de la nourriture pour animaux ou encore des produits locaux, mais elles ne devaient pas vendre de plantes. Pour ce second confinement, elles sont ouvertes normalement. "C'est une injustice totale, mais elle moins forte qu'au 1er mai, où les bouchers et les bureaux de tabacs pouvaient vendre du muguet" souligne Sophie Amice-Lerebourg.

"On s'inquiète surtout pour les sapins. On va rien lâcher. Les annonces doivent être révisées dans 15 jours" rappelle la présidente de la chambre des fleuristes. Les commerçants espèrent une éclaircie dans deux semaines.

Pourront-ils rouvrir ? Les fêtes de Noël restent le point de mire pour tous. "Déjà on va perdre toutes les décorations de vitrine qu'on fait actuellement" indique Sophie Amice-Lerebourg. Entre les commerces fermés et les acheteurs confinés chez eux, les décors de magasins risquent en effet de ne pas refleurir cette année.
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