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Jeux équestres mondiaux en Normandie: quatre ans après...il ne reste que des souvenirs

Le cavalier normand Patrice Delaveau et Orient Express, son partenaire des Jeux équestres mondiaux 2014 désormais à la retraite
Le cavalier normand Patrice Delaveau et Orient Express, son partenaire des Jeux équestres mondiaux 2014 désormais à la retraite

La cérémonie d'ouverture des Jeux équestres mondiaux a lieu ce mardi 11 septembre, à Tryon, en Caroline du Nord. Quatre ans plus tôt, ce grand rendez-vous était organisé en Normandie. Et ne semble plus qu'un lointain souvenir.

Par CM et FT

"Deux titres de vice champion du monde dans la même semaine, en plus chez nous, à Caen, à la maison, on a vraiment passé une semaine fantastique." Patrice Delaveau se souviendra longtemps du mois de septembre 2014. Avec Orient-Express, son partenaire d'alors, le cavalier normand a raflé deux médailles d'argent (individuel et par équipe) en saut d'obstacles dans l'une des compétitions équestres les plus prestigieuses qui soient: les Jeux équestres mondiaux. "Pendant cette semaine, j'ai ressenti des choses que je n'avais jamais ressenti auparavant et que je n'ai jamais ressenti depuis: une telle ferveur du public, une telle pression aussi." 

Ces jeux olympiques du cheval (comme les JO, ce grand rendez-vous a lieu tous les 4 ans) ont réuni en 15 jours près de 600 000 spectateurs et constitué une superbe vitrine pour la région avec des épreuves organisées à Caen, Saint-Lô, au haras du Pin ou au Mont-Saint-Michel retransmises un peu partout dans le monde. 
 

27 millions d'euros d'argent public

Quatre ans après, les Jeux équestres mondiaux sont de retour sur le continent américain. Avant le coup d'envoi des épreuves ce mercredi, la cérémonie d'ouverture aura lieu ce 11 septembre à Tryon. Cette ville de Caroline du Nord a accepté en 2016 de remplacer
la ville canadienne de Bromont, initialement désignée ville-hôte avant de renoncer pour raisons financières. Car accueillir un tel événement a un coût: le budget de l'édition 2014, organisée en Normandie, est estimé à 73 millions d'euros, dont 27 millions financés par l'Etat et les collectivités locales. Mais pour quel retour sur investissement ?

"Ça a a fait rayonner Caen et la Normandie. Mais c'est vrai que 4 ans après, les effets sont plus modérés. Les traces laissés par les Jeux équestres mondiaux 2014 sont faibles", affirme aujourd'hui Aristide Olivier, l'adjoint au maire de Caen en charge des sports. Laurent Beauvais, président de région de l'époque (et d'une autre couleur politique que les actuelles majorités municipales et régionales) défend lui le bilan de cette édition normande, en mettant en avant une gestion raisonnée. "Nous avons utilisé des lieux existants: le stade d'Ornano, le zénith de Caen", souligne-t-il pour expliquer le faible héritage des JEM en termes d'infrastructures. Et d'indiquer que les aménagements des sites existants (Le haras du Pin, le Mont-Saint-Michel) ont tout de même nécessité "un minimum d'investissement".  

Si la Normandie a renforcé son image de région du cheval, elle a, paradoxalement, peu gagné sur un plan sportif. Peu d'infrastructures nouvelles, donc, mais aussi un nombre de pratiquants qui n'a pas progressé en quatre ans. Si les Jeux équestres ont laissé à leurs acteurs de beaux souvenirs, ils n'ont pas réussi à susciter de vocations. "Ce sont des événements qui sont organisés pour une semaine voire deux semaines et qui disparaissent complètement après, qui ne laissent rien derrière", déplore Patrice Delaveau. 
 
Quatre ans après les JEM en Normandie, que reste-t-il ?

Reportage de Florent Turpin et Stéphanie Lemaire
intervenants:
- Patrice Delaveau, cavalier de saut d'obstacles
- Aristide Olivier, adjoint au maire de Caen en charge des Sports
- Laurent Beauvais, ancien président de la  Région Basse-Normandie

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