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La Coordination rurale demande une année blanche aux banquiers

A Beslon, dans la Manche, Philippe Montigny travaille 70 heures par semaine pour un revenu annuel de 8000 euros.
A Beslon, dans la Manche, Philippe Montigny travaille 70 heures par semaine pour un revenu annuel de 8000 euros.

Après avoir mis la pression sur les pouvoirs publics, les industriels et la grande distribution, les agriculteurs s'attaquent désormais aux banques. Certains les accusent de s'enrichir en profitant de la crise. Ils réclament une année blanche 2016, un report de tous les emprunts.

Par JBP et CM

"Qu'est ce qu'il est devenu l'agriculteur ? La vache à lait ! Ce n'est plus l'éleveur qui trait, c'est l'éleveur qui se fait traire par les groupes financiers !". Yannick Bodin, président de la Coordination rurale dans la Manche ne mâche pas ses mots. Après avoir mis la pression sur les pouvoirs publics, les industriels et la grande distribution, les agriculteurs s'attaquent désormais aux banques. Le syndicat de M Bodin leur réclame une année blanche pour 2016.

A la suite des mouvements de contestation menés par les agriculteurs l'été dernier, face aux difficultés liés aux prix du porc et du lait, la Préfecture de la Manche a mis en place une cellule de crise pour accompagner et trouver des solutions aux agriculteurs en grande difficulté financière.

Parmi les dossiers pris en charge par cette cellule, celui de Philippe Montigny agriculteur à Beslon dans le Sud Manche. Il possède une centaine de truies et une quarantaine de vaches laitières. Il travaille 70 heures par semaine. Pour un revenu annuel de 8000 €.

En 1999,  il a emprunté 450.000 € pour construire un nouveau bâtiment agricole. Le remboursement doit s'échelonner sur 12 ans. Un délai trop court. Entre temps, le prix du porc s'effondre et c'est le cercle vicieux. Il doit subir deux restructurations financières. Au final, pour cet emprunt initial de 450.000 €, il a déjà remboursé 900.000 € et doit encore plus de 200.000 €.

Philippe Montigny serait loin d'être un cas isolé. "34 % des exploitations de la Manche sont dans cette situation et risquent de déposer le bilan", indique Yannick Bodin. La Coordination rurale demande que les responsables des banques rencontrent les préfets de région en urgence.


Reportage de Jean-Baptiste Pattier, Suzana Nevenkic et Joël Hamard
Intervenants:
-  Philippe Montigny, agriculteur
- Yannick Bodin, président Coordination rurale Manche

La Coordination rurale demande une année blanche aux banquiers


Complément: Interview de Daniel EPRON, président du Crédit Agricole Normandie

1 - Certains agriculteurs accusent votre banque de s'enrichir en profitant de la crise. Que leur répondez-vous ?

Interview de Daniel EPRON, président du Crédit Agricole Normandie - 1


2 - Des éleveurs se sentent abandonnés par leur banque face à la grande difficulté financière  à laquelle ils sont confrontés, qu'en pensez-vous ?

Interview de Daniel EPRON, président du Crédit Agricole Normandie - 2


3 - La participation de la Banque Publique d'Investissement (BPI) à la restructuration de nombreuses exploitations, est-elle le synonyme d'un désengagement ?

Interview de Daniel EPRON, président du Crédit Agricole Normandie - 3


4 - De nombreux agriculteurs ont peur de témoigner, ils craignent, selon leurs mots, des "représailles financières" de la part de votre banque. Que leur répondez-vous ?

Interview de Daniel EPRON, président du Crédit Agricole Normandie - 4

 

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