Entre bons petits plats et vélo, l'incroyable tour de France d'Arthur Penanhoat

À 22 ans, le Bordelais Arthur Penanhoat a entamé un tour de France à vélo pour découvrir les spécialités culinaires régionales. Mais aussi pour collecter des fonds pour les Restos du Cœur. Parti le 1er avril de la capitale girondine, il a déjà parcouru 4 000 kilomètres. Il lui en reste 1 500. Il fait étape en ce moment en Normandie où nous l'avons rencontré. Récit d'un projet unique en son genre.

La rencontre a eu lieu totalement par hasard. C'est sur les quais de Seine rive gauche à Rouen que nous sommes tombés sur Arthur Penanhoat. Il était assis sur l'herbe, à l'ombre d'un arbre et un livre à la main. Un maillot du club de football de Naples sur le dos, souvenir d'une année Erasmus passée dans le sud de l'Italie. À côté de lui, un vélo lesté de quatre grosses sacoches de couleur orange fluo.

Difficile de passer inaperçu. Nous avons entamé la discussion. Rapidement, le jeune homme nous a parlé de son tour de France. Il était arrivé depuis trois jours en Normandie. Dieppe, les falaises puis Rouen où il avait prévu de retrouver un ami dans l’après-midi. "J’ai adoré le Gros-Horloge et la cathédrale", sourit-il.

 

La restauration est devenue sa nouvelle passion

La Normandie n’est qu’une étape. Parti le 1er avril de sa ville de Bordeaux, Arthur parcourt l’Hexagone dans le sens contraire des aiguilles d’une montre pour y découvrir ses spécialités culinaires.  "J’ai commencé par étudier le commerce internationale et le marketing mais je me suis lassé. J’ai changé de voie pour travailler ensuite dans la restauration et ça m’a plu. À la rentrée, je vais préparer un CAP cuisinier, ça me fait de l’expérience", explique le jeune homme. A Rouen, il voulait goûter le canard au sang mais son emploi du temps ne lui en pas laissé le temps. Il s’est donc reporté sur les spiritueux locaux, à "très petite dose", prévient-il. À Caen, il ne désespère pas de se délecter de quelques tripes. Il verra là aussi s’il a le temps.

Il a déjà parcouru 4 000 kilomètres sur les 5 500 prévus avant son retour à Bordeaux. Il se rappelle avoir très bien mangé dans le Pays Basque, à Lyon où il est passé par hasard devant l’Institut Bocuse ou encore à Lille "même si les frites ont un peu trop la cote". Il se limite au niveau du budget. Entre 10 et 20 euros par jour. Les grands restaurants sont inaccessibles, Arthur leur préfère les petits restos ouvriers "où l’on mange tout aussi bien".

Il part à la rencontre des producteurs et des artisans

Il a roulé dans des paysages superbes entre Marseille et Cassis, traversé l’Allemagne, le Luxembourg et la Belgique avant de fondre vers la Normandie. "L’arrivée le long des falaises après trois semaines sans avoir vu la mer a été un moment magique", se souvient Arthur. Mais son périple ne s’arrête pas à déguster de bons petits plats et admirer les plus beaux coins de France. Non, Arthur Penanhoat mise avant tout sur l’humain.

Depuis le début de son tour à vélo – "80 kilomètres par jour, c’est suffisant", il met un point d’honneur à rencontrer des producteurs, des artisans en lien avec la gastronomie et la restauration. "Ce matin, je me suis rendu près de Louviers chez Javier Gorga, un producteur de champignons qui est aussi menuisier. J’ai appris plein de choses !", raconte Arthur au lendemain de son séjour rouennais. Il a prévu ces prochains jours d'aller faire un tour chez un producteur de Calvados. 

Pendant mon périple, j’ai rencontré des maraîchers qui cultivaient des légumes oubliés, un autre producteur qui faisait des pâtes artisanales. Autant de rencontres très enrichissantes. L’idée, c’est de partager un repas, une recette et surtout un bon moment

Arthur Penanhoat, aventurier

Il a déjà collecté 300 euros pour les Restos du Coeur

Son périple, il le veut aussi solidaire. Depuis deux mois, il collecte des fonds pour les Restos du Cœur et contre la précarité alimentaire. 300 euros lui ont déjà été versés. Il reversera l’intégralité de la somme finale à l’association. "Je préfère échanger avec les gens plutôt que de leur demander de l’argent. J’attends que ça vienne d’eux", souligne-t-il.

Pendant ses pauses, Arthur dessine, lit et prend beaucoup de photos. A son retour, il aimerait les exposer. Et raconter le quotidien de son voyage. Parfois, il passe la nuit chez des connaissances de ses parents, chez des amis ou des amis d’amis. Mais le plus souvent, il dort à la belle étoile, sur la plage, au bord d’un lac ou dans une forêt. "Il n’est pas rare alors de se faire réveiller par un renard ou sanglier". Il résume ainsi son aventure.

J’ai une seule maison et à chaque fois que je bouge, je change de fenêtre 

Arthur Penanhoat, aventurier

Il a prévu d'assister à un concours culinaire en Normandie

A bicyclette, il est tout le temps seul, sauf pendant 10 jours quand une jeune femme rencontrée par hasard à Lyon passé 10 jours à rouler avec lui entre Strasbourg et Lille.

Son escale normande devrait durer encore quelques jours. À Caen, il doit assister au Trophée des Léopards, un concours qui valorise les produits régionaux. Le Bordelais devrait en finir avec son périple et regagner sa ville natale aux alentours du 21 juin.

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