Les friches en haut de l'affiche : 32 nouveaux projets normands subventionnés

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Écrit par Arthur Deshayes
L'ancienne usine Badin, à Barentin (Seine-Maritime), en 2015. Le site de 17 hectares pourrait devenir un parc paysager d'ici 2026.
L'ancienne usine Badin, à Barentin (Seine-Maritime), en 2015. Le site de 17 hectares pourrait devenir un parc paysager d'ici 2026. © Bruno Delande

Le ministère de l'Ecologie a dévoilé la liste des lauréats de son "Fonds Friches". En Normandie, 32 projets vont se répartir 15,5 millions d'euros. Friches commerciales et usines abandonnées reconverties en logements neufs ou en parc... Ce coup de pouce bienvenu permet d'accélérer les opérations.

"Vous me l’apprenez, et c’est une très bonne nouvelle". La commune de Gruchet-le-Valasse (Seine-Maritime) est l’une des lauréates du "Fonds Friches", et lorsqu’on appelle la mairie pour en discuter, c’est la (bonne) surprise. L’aide est conséquente : 630 000 euros, qui vont "faire du bien, ça va compléter le budget de la commune". Cet argent va permettre la transformation de la friche SLIC (Société lillebonnaise de caoutchouc) en une trentaine de logements neufs, qui doivent être construits à partir de la fin 2022, pour une livraison en 2024.

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En tout, ce sont 32 projets normands qui sont lauréats du nouveau appel à projets du ministère de l’Ecologie. Une deuxième édition, car le gouvernement a décidé de rallonger l’enveloppe de ce "Fonds Friches", dans le cadre du plan de relance. "L’enveloppe dédiée à ce fonds s’élevait initialement à 300 M€ et a été revalorisée à 650 M€ en 2021 au total grâce un abondement complémentaire annoncé par le premier ministre le 17 mai 2021 compte tenu du très grand succès de la 1ère édition et des besoins exprimés par les territoires." Concernant la Normandie, 29,5 millions d’euros ont été alloués au total en 2021, pour 60 projets promettant la conversion de friches urbaines.

A Barentin (Seine-Maritime), les usines Badin ont marqué l'histoire industrielle de la ville par leur activité de fabrication de fil de 1847 à 2007. Mais la mondialisation a eu raison de cette épopée, et les établissements ont laissé place à une vaste friche de 17 hectares reconquise par la nature. L’homme a décidé de reprendre les choses en main, mais la nature aura toute sa place : la municipalité a racheté le site et décidé de le requalifier en un vaste parc paysager.

"On a réalisé un schéma paysager en concertation avec les habitants", explique la mairie de Barentin. Des paysagistes ont travaillé avec les barentinois, et une esquisse a été réalisée. L’objectif est d’ouvrir le parc en 2026, mais il y a encore beaucoup d’étapes à franchir.

Des opérations de déconstruction ont déjà eu lieu, cependant la dépollution n’est pas terminée. Et dépolluer le site coûte cher : 3,6 millions d’euros selon la mairie. Alors l’aide promise par le gouvernement - 700 000 euros pour la ville de Barentin - représente un soutien d’envergure.

Un coup d'accélérateur pour des opérations matures

Le projet barentinois est bien avancé, mais relativement jeune. La plupart des lauréats ont été choisi par le gouvernement parce qu’ils étaient "prêts à démarrer", explique Jean-Baptiste Bisson, Directeur général Adjoint de l’Etablissement Public Foncier Normandie. L’EPFN accompagne 16 des 32 dossiers retenus ces derniers jours. "Le fonds friche porté par l’état est un coup d’accélérateur pour des opérations matures". Le gouvernement a souhaité subventionner des programmes pouvant se concrétiser dans les années qui viennent, et à qui il ne manquait qu’un coup de pouce financier.

Car le recyclage de friches est un sacré poste de dépenses : cela représente "des millions, voire des dizaines de millions d’euros" selon Jean-Baptiste Bisson. "Ces cinq dernières années, on a traité 77 friches en Seine Maritime et 38 friches dans l’Eure, pour un montant de 68 millions d’euros", rien que pour l’EPFN, qui n’est pas le seul contributeur. "Si l’on doit schématiser, disons que pour un projet de reconversion de friche, un tiers du budget est apporté par la Région, un tiers par l'EPF, et un tiers par la collectivité."

Les différentes aides du gouvernement permettent de baisser le reste à charge pour la commune. A Gruchet-le-Valasse, le projet coûte 2,5 millions d’euros, et la commune est parvenue à obtenir des subventions à hauteur de 80%. 

Revitaliser une friche industrielle, ça coute plus cher qu’aménager un parc d’activité sur un terrain nu

Bernard Leroy, Président de l’Agglo Seine Eure.

Alors que vont devenir ces différentes friches ? Le futur parc Badin, à Barentin fait figure d’exception, car selon le préfet de Normandie, ce sont 245 000 m2 de logement et autant de surfaces d’activités économiques qui seront créés dans la région. Par exemple, à Louviers, la subvention de 631 500 euros va permettre la reconversion de l’ilot Thorel Est : l’ancienne usine textile de la commune a été en parti démolie, la construction de 75 logements intergénérationnels est en cours.

"Cette aide est bienvenue, expliquer Bernard Leroy, président de l’Agglo Seine Eure, car lorqu’on revitalise une friche industrielle, il faut désamianter, dépolluer, démolir, déconstruire… ça coute plus cher qu’aménager un parc d’activité sur un terrain nu". C’est plus cher, mais c’est plus vertueux, car cela limite l’artificialisation des sols. C’est tout l’intérêt de la reconquête des friches : elle permet de limiter la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers.

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